Sondages : halte à la manipulation !

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A quelques mois des élections présidentielle, législatives, sénatoriales, urbaines, municipales et locales, la République Démocratique du Congo croule littéralement sous l’avalanche de sondages d’opinions. Ceux-ci touchent les domaines les plus divers : politique, économie, culture, médias, religion, etc. Le débat de fond reste focalisé sur la valeur de ces études censées apporter à tous le feedback réel de ce que les Congolaises et Congolais pensent de leurs décideurs politiques, des chefs des partis et regroupements politiques, des mandataires publics, des managers d’entreprises privées, des médias, des stars du sport et de la musique…
Le doute est d’autant entier sur la valeur scientifique des sondages d’opinions en circulation à Kinshasa comme en provinces que ceux qui les organisent donnent l’impression de ne pas maîtriser les règles et de ne pas disposer des moyens colossaux qu’ils exigent.

Il y a lieu de s’intéresser sérieusement sur ce que représentent les sondages d’opinions chez nous dès que l’on constate qu’une personnalité proclamée « homme politique du mois ou de l’année» par un organisme « A » se retrouve à la dernière place dans un organisme « B » et plus grave, disparaît complètement du tableau dans un organisme « C », le tout à la même période.
Il est vrai que les résultats ne peuvent pas se ressembler mais lorsque l’homme politique le plus populaire de la RDC se retrouve à la fois premier et dernier dans deux sondages différents, au cours du même mois ou de la même semaine, cela pose problème. Lorsque l’on jette un regard sur les études présentées comme menées sur les médias congolais, et qu’apparaissent, dans les classements, des journaux, des chaines de radios ou de télévision ayant cessé d’émettre ou de paraître, l’on ne peut que s’étonner de tels résultats.

L’autre question est celle de savoir si le Congolais a la culture du sondage d’opinions. Dans un pays où le zèle des services spéciaux est connu, quel est ce citoyen qui, abordé dans la rue par un « sondeur », prendrait le risque de livrer le fond de sa pensée sans craindre de se retrouver dans un conteneur de la police, dans un cachot de l’ANR, de la DGRSS… pour avoir parlé ? La preuve est donnée par l’incident du 16 avril, à Matonge.
Il faut convenir que l’environnement politique et sécuritaire national ne se prête aucunement à la conduite de sondages d’opinions devant être le reflet réel de la société congolaise.
Il n’est un secret pour personne qu’en RDC, les lauréats des sondages d’opinions sont les financiers de ceux-ci. Dès lors, tout est faussé sur toute la ligne.
En raison de la méfiance que suscitent les résultats des sondages, plusieurs entreprises commerciales s’appuient désormais sur leurs propres marketeurs pour ne pas tomber victimes des travaux faits sur commande.

Kimp

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