SONAL : la machine du social en RD Congo

0
1132

La Société Nationale de Loterie (Sonal) est passée, sur pied de la Loi 08/008 du 07 juillet 2008, du statut de société d’économie mixte à celle d’entreprise publique. L’Etat, actionnaire majoritaire, pèse 60% dans le capital social et les privés 40%. Mais sa mission, telle que consignée dans les ordonnances présidentielles O84-155 et 85-156 du 4 juillet 1984, n’a pas changé. A l’image de son ancêtre, la Loterie Coloniale (Congo Belge), créée le 29 mai 1934, elle est chargée de promouvoir les œuvres sociales, artistiques et autres.
On rappelle, pour les besoins de l’histoire, que l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa de Kinshasa et l’Institut National des Recherches Agronomiques (INERA) figuraient au nombre de projets sociaux financés par cette loterie.

Structure d’appui à l’économie du pays, la Sonal participe activement et quotidiennement à l’amélioration du social des Congolaises et Congolais. Ses dons ne se comptent plus : ambulances à l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa et au gouvernement central en décembre 2008…lits, matelas, draps, couvre-lits en 2004 à l’hôpital de Kintambo, au Centre Neuro-Psycho-Pathologique (CNPP), à l’Hôpital de la Rive (soins des lépreux), à la Maternité des Sœurs de Kingasani, à l’Hôpital Militaire du Camp Kokolo, aux Homes des Vieillards de Saint Pierre dans la commune de Kinshasa et de Kintambo, à l’Orphelinat Père Monti de Kimbondo (décembre 2008) dans la commune de Mont-Ngafula, au Centre Mère et Enfant Vijina… construction d’un incinérateur aux Cliniques Universitaires de Kinshasa. Entre 2006 et 2010, ses dons se sont chiffrés à 75.169.055 FC.

Le chantier de l’emploi en marche

La Sonal revendique une participation déterminante dans la création des emplois à travers la RDC. Hormis des emplois directs qu’elle offre à un personnel évalué actuellement à 573 cadres et agents effectifs, elle entretient un réseau de 1.050 vendeuses, 99 guichetières et de 311 journaliers. En 2010, les charges du personnel s’élevaient à 3.858.149.411 FC, soit 106.750.6171 FC pour les commissions des vendeuses et 2.790.643.240 Fc pour les salaires et avantages sociaux du personnel.
S’agissant des emplois indirects, les gains payés aux parieurs permettent à des milliers d’entre eux de s’équiper en électroménagers et en mobiliers, de concrétiser des projets de mariage, de faire face aux études de leurs enfants, de financer de petites activités commerciales et de production, de sortir du chômage, bref, d’améliorer sensiblement leurs conditions de vie. A titre d’exemple, la Sonal a payé, pour l’exercice 2010, un montant global de 13.061.283.000 Fc aux participants du Pari Mutuel Urbain. La moyenne des lots qu’elle paie mensuellement tourne autour de 1.000 dollars Usd par lot.

Les activités de la Sonal couvrent pratiquement l’ensemble de la République. Elles sont présentes aussi bien dans les 24 communes de Kinshasa qu’au Katanga ( Lubumbashi, Likasi, Kolwezi, Kipushi, Tenke Fungurume), au Kasaï Oriental (Mbuji-Mayi, Mwene-Ditu), au Bas-Congo (Matadi, Boma, Moanda, Mbanza-Ngungu), au Bandundu (Kikwit) et en Province Orientale (Kisangani). La politique d’essaimage des PLR pour le PMU a donné, entre autres résultats, l’éradication du phénomène  » Parlement débout  » et la réduction du taux des violences à Kinshasa ainsi que dans plusieurs villes du pays. Chaque jour qui passe, des milliers des parieurs s’amassent dans les salles PLR pour le PMU, véritables boués de sauvrtage pour  leur survie. Sa devise est ainsi pleinement justifiée : le gain aux parieurs, le bénéfice à la Nation.

Un monopole de droit

Un débat houleux avait opposé, en 1992, les participants à la Conférence Nationale Souveraine (CNS) au sujet des statuts de la Sonal, alors Sozal (Société Zaïroise de Loterie). A la suite des cas d’escroquerie enregistrés dans le secteur des jeux du hasard avec les expériences malheureuses de Bindo, Nguma, Masamuna, Madova et autres Loterie-dare-dare, d’aucuns étaient tentés de jeter cette machine sociale dans le même panier. Grâce à un éclairage suffisant leur apporté par les gestionnaires de l’époque, elle avait été sauvée de justesse d’une mort certaine.
Mais, son monopole de droit, consigné dans l’Acte notarié du 18 mai 1984, lequel vaut dérogation par rapport au Décret du 17 août 1927 interdisant formellement les jeux du hasard et des pronostics sur toute l’étendue du pays, lui est continuellement contesté par des structures concurrentes. Les sociétés brassicoles, les firmes des télécommunications ainsi que les casinos sont les plus actifs dans l’organisation frauduleuse des  jeux du hasard qui provoquent un terrible manque à gagner pour la Sonal, qui pourtant rétrocède une partie importante de ses gains au Trésor public en termes de taxes fiscales et administratives.
C’est le lieu d’en appeler à une protection spéciale en faveur de la Sonal, comme c’est de tradition dans plusieurs pays, notamment en Belgique et en France.

La poule aux œufs d’or en difficulté

En dépit de sa volonté d’être un des fers de lance du secteur social en République Démocratique du Congo, la Société Nationale de Loterie traverse une situation financière difficile. Ses caisses sont continuellement au rouge à cause, notamment, d’une multitude de taxes qui aspirent régulièrement ses recettes. De 2006 à 2010 par exemple, elle a versé au Trésor Public la bagatelle de 1.662.112.238 Fc, soit 27.863. 215 Fc pour les taxes perte et profit, 122.531.773 Fc pour les textes Gains parieurs et 408.031.250 Fc pour les impôts.

Avec un effectif pléthorique (573 engagés, 1.050 vendeuses, 99 guichetières et 311 journaliers), elle a du mal à assurer ses charges sociales.
Mais l’espoir de jouer son rôle social d’appui à l’économie congolaise n’est pas perdu. La Sonal attend particulièrement de l’Etat congolais la protection efficace de son monopole, des allègements fiscaux voire, carrément, le retour au régime exceptionnel d’exonération totale lui réservé pendant les dix premières années de son existence. Car les taxes qui sont un prélèvement obligatoire opéré par l’Etat sur les individus et les collectivités afin de subvenir aux charges publiques constituent, paradoxale-ment, l’essentiel de la mission assignée à la Sonal, conformément aux ordonnances de sa création.

Ce double rôle de l’Etat renforcerait ainsi les efforts déjà consentis au niveau interne de la Sonal. Cette entreprise publique en pleine mutation a organisé dernièrement (18-22 novembre 2011) un forum de réflexion commerciale axée sur la maximisation de ses recettes et la réduction de ses charges. Ces assises qui ont réuni ses délégués provinciaux et quelques cadres et agents de la Direction générale visaient à trouver les voies et moyens de sortir l’entreprise de la crise qui la frappe. Une commission spéciale a du reste a été mise sur pied en vue d’arrêter des stratégies de relance efficace des activités.
Plusieurs défis se présentent ainsi à la Sonal : réduction des effectifs, redynamisation des infrastructures de production, relance des activités, renforcement des équipements techniques, paiement des dettes. Dans le souci de la maximisation des recettes, l’on parle abondamment d’un projet d’un partenariat à conclure d’urgence avec la CGT. Ce projet devrait comporter un appui matériel et financier. Il est envisagé l’extension des activités dans toutes les provinces du pays avec le lancement de nouveaux produits, tels que le sport turf, le loto instantané, le grattage , etc.
De nouvelles technologies, telles celle des terminaux portables, devraient contribuer à la modernisation du jeu PMU.

Kimp

LEAVE A REPLY

*