Sommet du bradage du Congo à Kampala ?

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photo-cirgl-kampalaLe 7me Sommet de la CIRGL (Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs) qui s’ouvre ce jeudi 05 septembre 2013 à Kampala s’apparente à celui de tous les dangers pour la République Démocratique du Congo. Le fait qu’il ait provoqué le report intempestif des Concertations Nationales pousse à croire que ce qui va découler de la rencontre de la capitale ougandaise pourrait avoir un lien direct avec la modération, le format, les quotas de représentation, les thématiques… de ce forum.

En effet, les pressions exercées sur Kinshasa par les Nations Unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine et les Etats-Unis d’Amérique en vue de l’atterrissage préalable des négociations entre le gouvernement congolais et le M23 avant la tenue des Concertations nationales paraissent relever d’un agenda difficilement maîtrisable par les Congolais.

L’insistance de la communauté internationale sur l’impératif d’un processus politique global pour résoudre la crise multiforme que connaît la RDC est révélatrice d’une approche différente de celle des décideurs politiques congolais, qui pensaient réaliser un passage en force aussi bien contre les rebelles du M23 que les forces politiques et sociales internes regroupées au sein du « Camp du refus » du Dialogue national.

Compensations économiques et financières

 S’agissant précisément de la controverse autour des propositions émanant de Kinshasa en direction du M23 et de la facilitation ougandaise, lesquelles pourraient être examinées par les participants au Sommet de Kampala, la mouture la plus en vue est celle qui fait craindre le bradage des richesses de la République Démocratique du Congo. A en croire des fuites parvenues aux médias périphériques, il est fait état des compensations économiques et financières que notre pays devrait consentir à certains de ses voisins de l’Est afin d’espérer vivre en paix et s’engager dans la voie du développement.

Il faut entendre, par là, qu’en sus des concessions à faire au M23 en vue de l’entrée de ses représentants dans les institutions de la République, l’armée, la police, les services des renseignements, les entreprises publiques…la RDC devrait accepter le principe de la co-exploitation de son pétrole avec l’Ouganda dans le Lac Albert, de son gaz méthane avec le Rwanda dans le lac Kivu, de ses produits miniers (or, diamant, cassitérite, cuivre, coltan) et ses terres avec les deux voisins. Un expert congolais a même martelé, à haute voix, que les Congolais ne devraient pas se contenter d’être heureux tout seuls. Ils devraient apprendre à partager leurs richesses avec les autres.

            Un responsable onusien a trouvé paradoxal que la RDCongo, qui accepte de partager les bienfaits du courant du barrage hydroélectrique d’Inga avec le Congo/Brazzaville et la Zambie aujourd’hui, l’Angola, l’Afrique du Sud, la Namibie… demain, rechigne à faire de même pour ses hydrocarbures et ses minerais de l’Est avec l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi.

Propositions angoissantes

            Les patriotes congolais se demandent si le 7me Sommet de Kampala est convoqué pour brader les richesses nationales ou trouver des solutions durables à la guerre de l’Est, aux velléités de balkanisation du territoire national, aux atteintes à la souveraineté nationale, aux massacres des milliers de civils, aux violations massives des droits de l’homme, aux pillages des ressources naturelles. Car, les propositions du genre de celles qui donnent à nos voisins un droit de regard sur notre patrimoine énergétique, minier et forestier sont d’autant inquiétantes qu’elles sont porteuses des germes d’atteinte à notre souveraineté et à notre intégrité territoriale.

Il est anormal que notre potentiel énergétique, minier et forestier soit perçu comme une source de conflictualité avec nos voisins, alors que les richesses des USA, du Canada, du Brésil, du Japon, de la Chine, de l’Allemagne, de la Grande Bretagne, de la France, de l’Australie, de la Corée du Sud, de l’Afrique du Sud… ne constituent pas un casus belli avec leurs voisins.

S’il est interdit aux Congolais de vivre heureux à l’intérieur des frontières leur définies au terme de la Conférence de Berlin, en 1885, ceux qui gouvernent actuellement le Congo devraient en tirer toutes les conséquences. Ceux qui tiennent un tel discours ont-ils pris la pleine mesure des souffrances des populations de l’Est du pays et de leurs attentes, telles qu’exprimées par le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Palu, à Mary Robinson, Envoyée Spéciale des Nations Unies dans les Grands Lacs et dernièrement à Martin Kobler, Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU en RDC ? Jusqu’à preuve du contraire, les ressources naturelles congolaises ne font pas partie d’un héritage familial à partager avec les peuples des pays voisins.

                                       Kimp

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