Soly Cissé et Barthelemy Toguo dans un dialogue engageant

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A la galerie Le Manège de l´Institut français de Dakar situé sur la rue Parchappe, c´est le rendez-vous du donner et du recevoir. Deux artistes sculpteurs africains proposent un dialogue des cultures engagé et engageant. Le sénégalais Soly Cissé et le camerounais Barthélémy Toguo interpellent le monde entier sur deux thèmes d´actualité: l´immigration et l´inondation. Deux sujets qui empoisonnent l´existence humaine sur la terre! Soly et Barthélémy croisent leurs regards troublants après les rencontres artistiques de 1998 à Gand, en Belgique.

 

De l´inondation

 Lorsque Soly Cissé aborde le sujet, il est difficile de cacher son émotion : « C´est un phénomène qui affecte aussi bien la banlieue de Dakar que ses zones environnantes. Ce qui est en plus bizarre est que ces zones inondées sont souvent celles qui éprouvent des difficultés d´eau courante. A l´image de Pikine,Thiaroye sur mer et  Cambérene…»
 En réalité, cette installation artistique est une alerte pour conscientiser les décideurs avertis. Soly Cissé met en exergue une cage des moutons dont le corps est imbibé d´une peinture fleurie. « Nous sommes liés à la nature. Intégrons-nous à l´écosystème pour préserver la vie des hommes comme celle des animaux. »
 Puis, plus loin, il installe une trentaine de sceaux où coule l´eau venant des robinets placés au centre des miroirs. Ensuite, il y a ces chaussures argentées dans une forme spirale et des chaises penchées symbolisant des objets noyés. Enfin, cette projection vidéo qui expriment la violence extrême d´une inondation après une pluie torrentielle.

De l´immigration
 Barthélémy Toguo nous entraine sur une pirogue qui a échoué aux larges d´une mer. Les effets des immigrés abandonnés ça et là. Des cercueils étalés le long de passage, indique-t-il, c´est pour rendre hommage aux enfants du continent disparus lors de la traversée de la mer. Une traversée voulue économique qui se transforme dans un cauchemar. A l´intérieur, Toguo exprime, à travers les lits superposés, la promiscuité avec laquelle vivent les exilés.  « A ce rendez-vous artistique, j´endosse le rôle d´artiste qui fait rêver et non pas un donneur de leçon. » 
     Eddy KABEYA,
Le Phare, République Démocratique
 duCongo

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