Sodefor pointe du doigt un député provincial

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La présence des membres du groupement Bolongo à Luna (Mike 12), chantier de la société Sodefor à Oshwe, leur arrestation et leur détention sont imputées à Bosama Mpongo Henri, député provincial coopté d’Oshwe et chef coutumier du groupement Bokongo. C’est ce qui se dégage de la conférence de presse animée le vendredi 19 mars 2010, à l’Alliance belgo-congolaise, par Gabriel Molamotia de la Fédération des industriels du bois assisté de messieurs Kaki, Erasme Kiamfu, José Albano et Robert Garrigue de Sodefor.

Ils ont démenti l’information selon laquelle les membres du groupement Bokongo avaient été invités par Sodefor à Luna. « Le député provincial Bosama devrait être décoré ambassadeur de la paix à Oshwe. Et pour cette raison, il avait fait déplacer plus d’une vingtaine des membres de son groupement. Comme la personne qui avait promis de le décorer était tombée malade et était partie en Afrique du Sud, le député a dirigé ses hommes sur le chantier de Sodefor pour réclamer les redevances et droits de jouissance sur les forêts exploitées par la Sodefor », ont-ils déclaré. Selon les conférenciers, les membres du groupement Bokongo étaient armés. «Ils avaient avec eux des fusils, ainsi que huit lances, 9 machettes et 152 flèches empoisonnées».

A propos de redevances et droits de jouissance, les orateurs ont affirmé que « Sodefor ne devait rien à Bosama ». A cet effet, ils ont signalé, preuves à l’appui, que «le député provincial avait traduit en justice Sodefor sur ces redevances et avait été débouté en 2001». Ils ont laissé entendre que ses prétentions remontaient à 1988 alors que la Sodefor n’existe que depuis 1994. Ils avaient assigné en justice la Sodefor en réclamant la somme de 5.971.968 dollars américains découlant des prétendus droits et redevances et 2.985.984 dollars américains d’indemnité compensatrice. Le procès ainsi engagé auprès du tribunal de grande instance de Matete à Kinshasa, évolua normalement et finit par connaître son dénouement par un jugement en date du 28 janvier 2002, où le demandeur Bosama fut débouté au motif que ses prétentions ne reposaient sur aucune base légale. 

Non content de ce jugement au 1er degré, Bosama interjeta appel, lequel fut enrôlé sous RCA 445405 et, malheureusement pour lui, fut déclaré non fondé en date du 28 octobre 2004. Autrement dit, la Cour d’appel de Matete avait confirmé le jugement du 1er degré. »

Malgré cela, ont soutenu les conférenciers, le 22 janvier 2010, un groupe de personnes conduit par le même député provincial a investi le chantier Sodefor de Luna, dans le territoire d’Oshwe, et soulevé le problème de leurs redevances et droits de jouissance sur les forêts exploitées par Sodefor. N’ayant pas trouvé satisfaction immédiate, ils ont décidé d’interdire tout mouvement dans le chantier Luna, jusqu’au paiement de leurs redevances et droits de jouissance par la Sodefor. Cette décision a surpris le chef de chantier et les travailleurs de la Sodefor. Toutes les activités étaient arrêtées, même celles liées au ravitaillement en eau potable et en produits vivriers. Très vite, les négociations ont été amorcées, pour débloquer la situation d’occupation, mais elles ontrencontré le refus catégorique de la délégation de Bosama.

Après 4 jours, sans issue, les responsables du chantier ont pris contact avec les autorités du district de Mai- Ndombe, en vue de trouver les voies de sortie, c’est-à-dire, faire cesser l’état d’occupation du chantier de Luna. Ces autorités ont répondu par l’envoi des OPJ assistés des policiers.

Les conférenciers ont soulevé quelques questions de fond, notamment celles consistant à savoir le contenu de la redevance coutumière qui n’est pas reconnue par le Code forestier ; qui doit la toucher ; la notion de la communauté locale, c’est quoi et qui doit la représenter.

Répondant à une question sur le décès de Georges Nkaka, Robert Garrigue, responsable de certification de Sodefor et présent au moment des faits, a déclaré que le vieux âgé de 72 ans n’était pas décédé en détention. « Pendant qu’ils attendaient l’occasion de retour à Oshwe, Georges Nkaka, après avoir partagé un repas avec Bosama, au lieu où ce dernier résidait, s’est déplacé vers les alentours du port. C’est à cet endroit qu’il a perdu connaissance. Il a été rejoint par les autres membres de la délégation qui récupèrent son corps, pour l’abandonner dans la cour du parquet ».

Sodefor attend la commission d’enquête parlementaire annoncée pour que la vérité soit enfin connue et espère qu’elle descendra sur terrain jusqu’à Oshwe et ne s’arrêtera pas à Inongo comme les activistes des organisations de la société civile. C’est peut- être cette commission qui mettra fin au feuilleton de l’arrestation et la détention des membres du groupement Bokongo à Inongo.

Jean- René Bompolonga 

 

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