SOCODA : l’imbroglio persiste

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socodaLa Société congolaise des droits d’auteurs et droits voisins « SOCODA » est entrée dans une période de fortes turbulences il y a de cela plusieurs mois. Boudés par une poignée des sociétaires au motif qu’ils ont fait main basse sur les ressources, Jacques Mondonga, Blaise Bula,  Gérard Muaka… respectivement président du conseil d’administration, adjoint du PCA,  et directeur général ont été remplacés par Paulin Mukendi et Véronique Blirando. Mais , le malaise persiste.

            La SOCODA  est une institution à vocation coopérative, des artistes ayant poussé Mondonga, Blaise Bula,  et Muaka à la porte de sortie. En somme, il s’est crée deux camps. Entre-temps, les personnes qui s’identifient comme membres de la défunte SONECA et refusent jusqu’ici de rejoindre la SOCODA ne cessent de jouer aux trouble-fête.

Et pourtant, rien ne pouvait présager ce malaise.

            Pour la petite histoire, la liquidation de la SONECA, considérée comme l’ancêtre de la SOCODA, avait pris énormément du temps. Attendant vainement l’aboutissement de ce dossier, un groupe d’artistes avait pris la courageuse idée de « mettre » sur pied la SOCODA.  Travaillant avec des moyens de bord, ils avaient fini par être récompensés pour leur ténacité. Blaise Bula, revenu d’Europe y a cru. Ayant gagné à l’époque un procès, il s’était résolu à prêter une partie de ses revenus  aux autres compagnons « d’aventure ».

            Comme le projet commençait à prendre forme, d’autres sociétaires ont rejoint le premier noyau.

 Blaise Bula, Mondonga, MasumuDebrindet et consorts ont vu le ministre Baudouin Banza s’intéresser à leur dossier. Et au finish, le gouvernement s’est résolu à décaisser la bagatelle somme de 220.000 dollars américains.  Cette somme a servi à l’acquisition d’un siège, des ordinateurs et autres outils  de travail. C’est dans cette ambiance bon enfant que des artistes de toutes disciplines confondues ont célébré la naissance du  nouvel «enfant ». En toute logique, Mondonga, Blaise Bula et Gérard Muaka ont été placés aux commandes de cet organe.  Quelques mois plus tard, la SOCODA  a signé un partenariat avec la société belge des droits d’auteurs. Avec ce « mariage », la société belge devrait percevoir des droits d’auteurs étrangers pour le compte de la SOCODA. Un premier fonds est arrivé. La répartition aux potentiels bénéficiaires  a mis le feu aux poudres. Certaines personnes ne cessaient d’accuser Mondonga, Muaka… d’avoir tripoté dans la gestion de cet argent. A les en croire,  Bula a profité de son prêt à la nouvelle société pour mieux pomper les ressources de la SOCODA.

Les 32 administrateurs étaient même en train d’adapter leurs statuts au droit  OHADA quand la tension est montée d’un cran.

            Cette brouille a été portée devant les cours et tribunaux. Pro et anti Mondonga se sont servis des médias pour se régler des comptes.

            Pressenti comme nouvel animateur, Paulin Mukendi a finalement été promu comme PCA  par une poignée de ses pairs.

            Toutefois,  des dossiers relatifs à l’affiliation effective à l’instance faîtière des droits d’auteurs dénommée CISAC et bien d’autres encore sont toujours pendants.

Jean- Pierre Nkutu