Snel : neutraliser les pilleurs invisibles !

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Un nouveau comité de gestion, piloté par Eric Mbala, a été placé à la tête de la SNEL (Société Nationale d’Electricité) le week-end dernier, en remplacement de celui que dirigeait Daniel Yengo Massampu. Celui-ci était en train de se battre pour tenter d’exécuter le « Plan d’urgence » convenu avec le gouvernement il y a deux mois et ayant pour point de mire la fiabilisation de la desserte en électricité à Kinshasa comme dans l’arrière-pays.

Il convient de rappeler que le Comité Yengo a eu à travailler, pendant trois ans, dans une conjoncture fort difficile marquée par la controverse autour des contrats léonins hérités de ses prédécesseurs, la modicité des ressources financières, l’insuffisance de la quantité d’énergie électrique disponible face à une demande exponentielle, la vétusté des équipements techniques et du réseau des câbles pour la distribution, l’inexistence de la seconde ligne Inga-Kinshasa, etc.

Ce tableau déjà fort noir a été davantage assombri par le desséchement, à hauteur de 50%, du bassin du site hydroélectrique d’Inga. Du coup, le premier constat à faire est que si le phénomène naturel de l’étiage du fleuve Congo ne reçoit pas rapidement une solution approproée, par la nature elle-même, force serait d’admettre que le Comité Eric Mbala va se lancer dans une course avec handicap, du genre 100 ou 200 ou 400 mètres/haies.

Tout se joue, dès le départ donc, à Inga. Il faut prier que les vannes du ciel vont respecter leur chronogramme pour la partie Ouest du pays et que, d’ici septembre 2011, les pluies vont  effectuer le retour fiévreusement attendu.

La bataille des paiements extérieurs

La SNEL est une des rares « sociétés commerciales » du Portefeuille à vendre une partie de leur production à l’étranger. Elle fournit notamment une partie de son énergie électrique au Congo/Brazzaville, au Rwanda, au Burundi, à la Zambie, au Zimbabwe et à l’Afrique du Sud. Cela génère, on s’en doute, de plantureuse recettes en devises fortes, même si, quelquefois, les paiements interviennent sur le tard.

En principe, elle ne devrait pas connaître des problèmes de trésorerie de nature à faire peser sur elle la menace permanente de banqueroute et à la contraindre à s’endetter, à des taux prohibitifs, auprès des banques locales et étrangères. Le feuilleton de fameux « Fonds Vautours » qui saignent à blanc les comptes extérieurs de la Snel découle des contrats léonins que lui imposent ces pilleurs invisibles. Si ses rentrées en devises étaient directement canalisées vers ses caisses, la Snel serait une des sociétés commerciales les plus florissantes du Portefeuille.
Hélas, des pilleurs invisibles ont souvent fait main basse sur ses ressources financières en provenance de ses « clients » étrangers. Au bout du compte, des fonds qui devraient servir à réhabiliter les turbines à l’arrêt au site hydroélectrique d’Inga, de Zongo et de Mobayi, les transformateurs endommagés à Kinshasa comme dans les villes et localités de l’arrière-pays, à remplacer les câbles vétustes, à motiver suffisamment le personnel, sont régulièrement et impunément détournés.

Au lieu de servir à la réalisation de son objet social, les devises produites par la SNEL prennent, depuis l’époque de Mobutu jusqu’à ce jour, des destinations inconnues de ses mandataires. D’où, si le changement de gestionnaires ne s’accompagne pas de changement de mentalités dans les rangs des pilleurs patentés et invisibles de cette « société commerciale » du Portefeuille, l’équipe que conduit Eric Mbala va être rapidement débordée par les poches noires et les délestages qui ont fini par rendre indésirable celle de Daniel Yengo.

S’il y a une volonté politique d’améliorer sensiblement le taux de desserte en énergie électrique en République Démocratique du Congo, la première mesure salutaire à prendre devrait consister à neutraliser les pilleurs invisibles de la SNEL. A cet effet, il serait indiqué d’initier un audit des recettes en devises afin de s’assurer de leur hauteur réelle et de leur utilisation rationnelle par le nouveau Comité de gestion. Sans la maîtrise, par la SNEL de la masse d’argent en provenance de Brazzaville, de Kigali, de Bujumbura, de Lusaka, de Harare et de Pretoria, en faisant partir Yengo au profit de Mbala, on aura simplement déshabillé Saint Pierre pour habiller Saint Paul.              

Kimp

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