SNCC : rapport accablant à l’Assemblée nationale

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97a787f8d6fb66aaef15fa858aa433ea_XLLa Commission mixte de l’Assemblée nationale composée de la Commission Economique et Financière et de la Commission de l’Aménagement du Territoire, a dressé un tableau sombre de la situation qui prévaut à Société Nationale des Chemins de Fer du Congo (SNCC)  lors de la plénière d’hier lundi 27 janvier 2014 à l’Assemblée.

            Cette commission a auditionné l’ADG de la SNCC, Monsieur Tshongo, le ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale, Modeste Bahati, le ministre des Transports et Voies de Communications, Justin Kalumba, avant de rédiger son rapport.

            Le président de cette commission, maître Mayo, a épinglé’  les causes de la descente aux enfers de cette entreprise publique,  notamment le libéralisme sauvage dans le transport minier, la mauvaise gestion des financements de la Banque Mondiale et du gouvernement par une structure parallèle chargée de gérer lesdits fonds.

            Selon le rapport de la commission mixte, la SNCC est en faillite  depuis 1990 et devait être par conséquent liquidée.

            Pour sauver cette entreprise, la commission a proposé sa transformation en une société commerciale, une évaluation en urgence de son patrimoine ainsi que son passif et son actif, telle que demandé par le président de la République dans son dernier discours sur l’Etat de la nation.

            La commission a également recommandé un audit des fonds reçus de la Banque Mondiale et du gouvernement en vue de prendre des mesures qui s’imposent.

            Concernant le conflit d’intérêts qui règne dans cette entreprise, la commission a exigé qu’il soit mis fin au cumul de fonctions d’Administrateur  Délégué Général par interim et d’Administrateur Général  Adjoint  dans le chef d’une seule et même personne.

            Abordant la question de la grève intervenue à la SNCC,  la commission a demandé la levée de la mesure de suspension des délégations syndicales nationales et locale décidée par le ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale par arrêté ministériel.

            D’après la commission, l’arrêté du ministre est inconstitutionnel et illégal. Tout en reconnaissant le souci du ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale préoccupé par le retour de la paix sociale au sein de la SNCC, elle a estimé que le ministre est allé loin en violant la Constitution qui reconnait la liberté syndicale ainsi que celle de grève.

            Il est également reproché au ministre Bahati d’avoir violé l’instruction du Premier ministre demandant aux ministres de l’actuel gouvernement de s’abstenir de tout acte de gestion ou d’administration non autorisé.

            La commission  a recommandé de faire respecter le taux de paie des salaires à la SNCC tel que fixé par la BCC.

Il faut dire que le débat proprement dit sur ce rapport n’a pas eu lieu.  Dans une motion d’ordre, le député Lokondo a fait remarquer que le débat  devait se focaliser uniquement sur les recommandations, étant donné que la commission mixte auteur du rapport n’était pas une commission d’enquête.

Cette motion a été retenue par la plénière et le débat a été renvoyé à la prochaine séance.

ERIC WEMBA 

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