SNCC : moratoire de 24 mois contre les grèves

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Jonas-TshiombelaAprès des grèves à répétition qui paralysent son fonctionnement depuis plusieurs mois, la haute direction de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo peut souffler pendant 24 mois, délai du moratoire accepté par l’employeur et la délégation syndicale interne et excluant tout mouvement de grève au sein de cette entreprise. C’est l’un des résultats du «Pacte de Paix Sociale » conclu par les deux parties le 19 juillet 2014 à la Primature, sous le parrainage du Premier ministre, qui avait à ses côtés la ministre du Portefeuille, Louise Munga, et le président de l’Assemblée provinciale du Katanga, Gabriel Kyungu.

            Commentant l’événement devant la presse, l’Administrateur Délégué de la SNCC, Ilunga Ilunkamba, estime « qu’il s’agit là d’un pas important pour la SNCC dans le cadre de son redressement…nous nous sommes engagés à deux choses importantes : 1° remettre au travail l’ensemble du personnel afin de réaliser le vaste programme de redressement de la SNCC mis en place par le gouvernement de la République, avec le concours financier de la Banque Mondiale ; 2° privilégier désormais le dialogue social sincère pour résoudre les problèmes sociaux qui se posent au sein de l’entreprise. Désormais donc, notre objectif est la relance de la production dans la conjonction apaisée des efforts de tous les cheminots et de l’employeur, en vue de maximiser les recettes, régulariser le paiement des salaires des agents, en mettant fin aux réseaux maffieux et au coulage des recettes ».

Selon lui, la production est la seule source principale des recettes de la SNCC, capable de lui permettre de faire face à ses obligations. Il a rappelé que depuis 2011, année de la mise en œuvre du Projet de Transport Multimodal (PTM), le gouvernement a déjà débloqué plus de 36 millions de dollars américains en faveur de la SNCC, dont 17.781.382 pour le paiement des salaires d’août 2011, janvier 2013, août 2013, janvier et mars 2014. Par ailleurs, il vient de disponibiliser 7 millions de dollars américains dans le cadre du Pacte de Paix Sociale, pour les salaires d’avril et mai 2014.

            Dans le cadre de leur appui budgétaire à la SNCC, le gouvernement congolais et la Banque Mondiale ont mobilisé respectivement 57.607.323 dollars américains pour l’optimisation du personnel, 93.133.853,63 Usd pour le gasoil, les lubrifiants, les pièces de rechange, les consommables, la location des locomotives ; et 201.295.861 Usd pour l’achat de locomotives neuves, la construction de l’usine des traverses, l’achat des draisines, l’acquisition des rails, la réhabilitation de la voie ferrée, les fournitures diverses, etc.

            Interrogé au sujet son passé au sein du Copirep, où il aurait laissé des « cadavres » dans les placards, Ilunga Ilunkamba a fait remarquer que tout « financement de la Banque Mondiale sous forme de projet est pré-affecté. L’accord de crédit ou de don définit les composantes sous lesquelles des activités sont financées… Pour le projet « compétitivité et développement du secteur privé » (PCDSP), l’accord de crédit/don retient deux composantes : l’amélioration du climat pour les investissements et la réforme des entreprises publiques auxquelles il faut ajouter la gestion du projet ; le Manuel d’exécution du projet va même plus loin en détaillant les activités à financer et en proposant même les modèles des termes de référence ».

            Il a souligné que pendant l’exécution du projet, la BM suit au quotidien les dépenses par le système de « non objection préalable exercé par le Chef de projet, qui est un fonctionnaire de la BM , sinon la dépense est considérée comme inéligible au financement de la BM et doit être remboursée par le gouvernement congolais. Il y a par ailleurs des missions périodiques de supervision de gestion financière  ainsi que des audits externes menés par des cabinets indépendants.

                                   Kimp

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