SNCC : la tension a baissé

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97a787f8d6fb66aaef15fa858aa433ea_XLMalgré la grève qui se poursuit à la Société Nationale Congolaise des Chemins de fer tant à Lubumbashi que dans certaines localités et villes desservies par la SNCC, la tension a connu une baisse sensible et significative. Selon des sources proches des milieux des syndicats maison et des travailleurs encore en grève, il y a lieu de saluer particulièrement les toutes dernières prises de position au niveau de  l’Assemblée Nationale le jour de l’interpellation du directeur général TSHIONGO et de ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale, le professeur Modeste BAHATI. Ces prises de position ont soulagé les agents de cadre et travailleurs de la SNCC du fait qu’elles préconisent, entre autres, la réinstallation de la délégation syndicale et l’apurement des arriérés des salaires dus.

            La balle est donc dans le camp des protagonistes, à savoir d’une part le ministre du Travail et Prévoyance Sociale et d’autre part les dirigeants de la société tout comme la délégation syndicale fraichement réhabilitée. Cette dernière est appelée à mettre de l’eau dans son vin pour ne pas perdre les avantages de cette réhabilitation. Quant au ministre Modeste BAHATI Lukwebo, il lui faudra tout le doigté de l’ancien activiste de la Société Civile à l’époque de la Conférence Nationale Souveraine pour trouver un terrain d’entente entre les travailleurs encore en grève et la direction générale pour résoudre un tant soit peu la question épineuse des arriérés des salaires et autres avantages dus. Le comité de gestion, quant à lui, serait plus outillé à plus écouter et pourquoi pas associer la délégation syndicale aux réunions techniques pour évacuer ces accusations de location par la SNCC et à des prix prohibitifs des locomotives en panne. Des accusations qui ont été à la base de cette grève violente juste au lendemain de l’annonce avec pompe par le gouvernement de la reprise des activités de la SNCC.

            A l’issue de l’assemblée générale des travailleurs de cette société de transport ferroviaire tenue hier matin au siège social, entre autres points arrêtés, l’on a décidé de reprendre les négociations entre le patronat et la délégation syndicale. En vue de liquider les points importants et sensibles de divergence. Notamment les voies et moyens pour apurer les arriérés des salaires et autres avantages dus. Il sera aussi question de revisiter les contrats de location des locomotives ou mieux d’envisager le recours à un emprunt important pour en acheter des neuves. La possibilité d’acheter au moins 50 nouvelles locomotives a été évoquée par certains syndicalistes et au prix de 1 million de dollars Us l’unité en Afrique du Sud, a-t-on indiqué au Phare. De sorte à couvrir au moyen des quinze locomotives par chacun des trois axes d’exploitation, à savoir l’axe vers le port angolais de Lobito, l’axe vers le port fluvial congolais d’Ilebo ou ex-Port Franqui reliait Lubumbashi aux deux Kasaï et dans une certaine mesure la province du Bandundu et enfin le troisième axe vers le Maniema via Kamina, Kabalo, Kibombo, Kindu et aussi vers le port lacustre de Kalemie. Les travailleurs de la SNCC se disent très à l’aise d’envisager la réhabilitation de tous ces axes au niveau des rails dont il faudra corriger les dimensions au niveau pour les mettre en phase avec les voies ferrées des Etats de l’Afrique Australe reliant les ports de Lobito, de Dar-es-Alam, de Beira, de Durban, de Port Elisabeth et de Cap Town.

            A la SNCC, l’on jure sur les ancêtres que ces travaux de réhabilitation de la voie ferrée ne peuvent pas durer plus de quinze mois. D’où pourrait provenir le fameux financement ? Il y a la Banque Mondiale, l’Union Européenne et le fonds Koweitien de développement. Pour bon nombre des travailleurs, au cas où l’on rencontrait des difficultés du côté de ces bailleurs des fonds traditionnels, il y a lieu de recourir à un emprunt obligataire garanti par les sites miniers et pétroliers situés sur le territoire congolais. Un emprunt de l’ordre de deux cent millions des dollars Us pour l’achat des locomotives neuves, la réhabilitation des voies ferrées et celle des wagons des marchandises en fret et de transport des voyageurs.

            Pour rappel, cette grève a commencé le 25 novembre de l’année dernière à la suite du refus de l’employeur de payer els cinq mois des salaires sur les 82 mois d’arriérés de salaires dus. Cette situation s’est ensuite aggravée suite à l’acquisition en location-vente de neuf locomotives vétustes datant de 1963, année de leur fabrication. La SNCC s’était engagée à payer la somme de 1.700 dollars Us par jour même en cas de panne. En plus, la colère des travailleurs est montée de plusieurs crans suite au refus opposé par la direction générale de certifier pour chacun des membres du personnel le niveau de l’endettement des arriérés des salaires. Affaire à suivre.

F.M.                

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