Smig : le ministre Matuku accusé de semer la confusion

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Une forte tension couve dans les milieux syndicaux de la République
Démocratique du Congo, sous le regard  impuissant du gouvernement
dirigé par le 1er Ministre Bruno Tshibala Nzenze. A la base du
malaise, il y a le Décret du 1er Ministre n°18/017 du 22 mai 2018 sur
l’application du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG),
dont la mise en application est gênée par la note circulaire
n°003/CAB/MINETAT/MTEPS/FBM/01/2018 du Ministre d’Etat en charge du
Travail, Emploi et Prévoyance Sociale, Lambert Matuku Mena.

On rappelle qu’un nouveau SMIG avait été convenu au taux de 7.075 FC
par jour dans le secteur du travail. L’on assiste à des empoignades
entre employeurs et employés qui ne savent plus à quel texte se
référer.
Dans ce nouveau feuilleton relatif à l’applicabilité effective du
Décret du 1re Ministre ou de la note circulaire du ministre d’Etat en
charge du Travail, les grands perdants seraient les travailleurs.
Réuni en urgence le mercredi 25 juillet 2018 au siège national de la
Confédération Démocratique du Travail (CDT), dans la commune de la
Gombe, le Bureau de la Coordination de l’Intersyndicale Nationale du
Congo a exprimé son inquiétude devant les professionnels des médias.
On signale que tous les syndicats les plus représentatifs étaient-là,
à savoir   UNTC, OTUC, SOLIDARITE, CDT, FOSYCO, SOPA, ATC, CGSA, CTP,
CSC, ACTIONS et FGTK.
Prenant la parole, le président de l’Intersyndicale, Guy Kuku, n’y
est pas allé par le dos de la cuillère pour informer l’opinion, par
les médias interposés, de la vive tension qui secoue le monde
congolais du travail. Aussi, pour maintenir la paix sociale, il
appelle tous les travailleurs, les délégations syndicales, les
syndicats ainsi que les employeurs œuvrant en RDC à appliquer
scrupuleusement ledit Décret, qui est déjà entré en vigueur depuis le
1èr janvier 2018 pour le 1er palier et le 1ère juillet 2018 pour le
2ème palier.
Par conséquent, l’Intersyndicale leur demande de ne pas considérer
la note circulaire n°003/CAB/MINETAT/MTEPS/FBM/01/2018 du ministre
Lambert Matuku, qui viole les dispositions pertinentes dudit Décret.
Selon lui, cette décision ministérielle sème la confusion dans les
esprits et risque d’avoir des répercussions fâcheuses sur le vécu
quotidien du travailleur congolais. Soucieux de défendre les intérêts
des travailleurs, Guy Kuku invite les délégations syndicales et les
syndicats à veiller au grain tout en exigeant l’application du Décret
du Premier ministre avec effet rétroactif, tel que stipulé dans ce
texte.
C’est dans cette dynamique qu’il se dit prêt à saisir l’Inspection
générale du Travail en cas de réticence d’un employeur.
C’est le lieu de rappeler que le Décret du 1er Ministre Tshibala
consacre un nouveau taux du SMIG en RDC, lequel avait été négocié à la
33ème session du Conseil National du Travail avec les employeurs,
notamment la FEC, l’Aneap, la Fenafec, la Copemeco.
A ce propos, la tripartite Gouvernement-Syndicats-Employeurs avait
retenu le taux de 7.075 FC par jour et le ministre de la tutelle
devrait, selon les us et coutumes en la matière, transmettre les
résolutions au chef de l’Exécutif national en vue de la signature du
Décret d’application.
Relevant les difficultés enregistrées pour la mise en œuvre de ce
SMIG âprement négocié, Guy Kuku indique que le patron du Travail
n’avait pas transmis fidèlement lesdites résolutions auprès du Premier
ministre.
Là où le bât blesse, souligne-t-il, c’est quand le ministre avait
co-signé ledit Décret avec le 1er Ministre, pour ensuite sortir, sans
motivation, sa note circulaire.  L’Intersyndicale n’approuve pas sa
démarche qui va à l’encontre de sa mission qui consiste à protéger les
salaires des travailleurs et leurs emplois.
Pour l’Intersyndicale, le ministre Matuku continue à narguer le monde
du travail en posant des actes unilatéraux qui créent des tensions
sociales.
Jr Ekofo