Six mois après les Concertations Nationales : le Gouvernement de cohésion nationale vu d’en-bas…

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images-Joseph_Kabila_et_le_membre_du_Gvt_Matata_365521223Pendant que les membres de la classe politique et les activistes de la Société civile ayant pris part aux Concertations nationales s’entredéchirent autour des postes à occuper au sein du futur Gouvernement de cohésion nationale, les Congolais d’en-bas s’interrogent sur leur avenir et leur devenir. Les exclus des privilèges liés aux fonctions ministérielles se demandent s’ils vont mieux vivre qu’hier, retrouver une paix durable, rompre avec le chômage, manger à leur faim, se loger décemment, s’offrir des soins de santé de qualité, faire étudier leurs enfants dans des écoles et université de référence, voyager par bus, bateau, avion ou train dans des conditions dignes d’une personne humaine, jouir de leurs libertés individuelles élémentaires (expression, association, opinion, manifestation), etc.

Deux situations s’affrontent dans les esprits. D’un côté, il y a une poignée de ministrables impatients de savoir s’ils vont rester au gouvernement ou y faire leur entrée, et, de l’autre, la majorité silencieuse inquiète de voir les promesses d’amélioration de leur social s’arrêter au niveau des intentions. Aussi, le débat qui ne cesse de battre son plein autour des noms de l’ « Informateur », du « Formateur », du futur « Premier ministre » et de futurs ministres parait sans objet pour ceux qui ne se sont jamais « retrouvés » dans les actes de nomination.

S’il y a une question de fond qui intéressent les laissés pour compte, c’est celle de l’amélioration de la gouvernance, de manière à ce que les portefeuilles ministériels cessent d’être des « maisons de placement » entre copains pour se muer en structures de promotion du bien-être collectif.

Gouvernement de salut public, de combat, de vertébrés, des surdoués, de cohésion nationale : même résultat

Malheureusement, sous les cieux congolais, qu’il s’agisse d’un gouvernement de salut public, de combat, de large union nationale ou de cohésion nationale… des politiciens ou des technocrates… des « vertébrés » ou des « surdoués »…, le résultat reste le même. En matière de terminologie gouvernementale, l’ex-Zaire comme la RDCongo ont déjà tout connu ou presque. A un moment donné, la dénonciation des dix « fléaux » par le Bureau Politique du MPR (Mouvement Populaire de la Révolution), parti unique, avait suscité beaucoup d’espoirs de rupture avec le passé noir chez des millions de nos concitoyens.

Mais, il a été constaté, au bout du compte, que leurs « Excellences» passent et se ressemblent dans leurs appétits pour les grosses cylindrées, les bureaux moquettés et climatisés, les résidences luxueuses, les émoluments insultant la misère populaire, les missions à l’étranger, les « commissions » juteuses, les dessous de tables…Aujourd’hui comme sous la Deuxième République de triste mémoire, le Congolais continue de survivre avec moins d’un dollar par jour.

On peut s’interroger dès lors sur le contenu réel d’un « gouvernement de cohésion ». Quelle serait sa raison d’être, s’il est établi que sa mise en place n’apportera aucun changement positif au vécu quotidien du fonctionnaire, de la maman maraîchère, de la vendeuse de pain, du marchand de biscuits, du journaliste, du paysan, de l’enseignant du primaire, du professeur d’université, du magistrat, de l’infirmier, du médecin, du maçon, du menuisier, du chauffeur, du convoyeur, du pêcheur, de l’éleveur, du creuseur de l’or ou du diamant, de la fille-mère, de l’enfant de la rue ?

Quelles réponses face au cahier de charges de la majorité silencieuse ?

Au lieu de chercher à s’entretuer pour la conquête des portefeuilles ministériels ou leur conservation, les ministrables devraient examiner à fond le cahier de charges de la majorité silencieuse et réfléchir aux réponses pratiques à apporter à l’insécurité, au chômage, à la faible desserte en eau et électricité, aux mauvaises conditions d’études dans les écoles, instituts supérieurs et universités, au pouvoir d’achat « zéro » du grand nombre, à la mortalité galopante dans les villes et les campagnes, aux déficits alimentaires chroniques, aux « corbillards » volants et flottants, à la corruption, etc.

Pour d’aucuns, le verdict est sans appel : le gouvernement de cohésion nationale ne peut se justifier que si ses futurs membres acceptent de se mettre au service de la collectivité nationale, de faire des sacrifices financiers compatibles avec la pauvreté nationale, de se battre afin que « Développement » rime effectivement avec « Démocratie ». Le Congolais aspire à vivre mieux qu’il y a 20, 30 ou 40 ans, mais au vu de la discrimination dans jouissance des richesses nationales par une minorité de privilégiés au détriment de la multitude, ce pari semble impossible à réussir.                               Kimp

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