Site Socopao : la peine de mort requise contre le Conseiller technique de Kimbuta

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Le ministère public a requis la peine de mort contre le Conseiller technique du gouverneur de la ville de Kinshasa, Kimina Boniface. Dans une procédure judiciaire qui l’oppose à Pumbulu Mikanda et consorts, trois types d’infractions sont retenues contre le précité : homicide volontaire, destruction méchante et abus d’autorité.

Pour le ministère public, les éléments qui concurrent à la commission de ces infractions étaient réunis pendant la démolition des constructions anarchiques situées sur le site Socopao, dans la commune de Limete. C’est ce qui ressort de l’audience publique d’hier lundi 21 septembre 2015, au Tribunal de grande instance de Matete, sous le RP 4410.

En effet, selon les conseils de Pumbulu Mikanda et consorts, le 25 octobre 2013, Boniface Kimina s’était présenté au site Socopao, dans la commune de Limete, et avait ordonné la démolition des maisons situées non seulement le long de la voie ferrée, mais aussi au-delà de celle-ci. Et pourtant, selon l’arrêté du Gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, que détenait le Conseiller technique, c’était à la ministre provinciale des Affaires Foncières et Habitat de procéder à cette démolition.

Pendant cette démolition, Boniface Kimina est allé au-delà de la distance recommandée. Plus grave, tout au long de cette opération, il avait fait détruire aussi des maisons dans lesquelles se trouvaient deux personnes qui avaient refusé de sortir, pour la simple raison que leurs constructions ne faisaient pas partie du site à démolir.

Selon les mêmes conseils, ces infractions sont établies par le fait que Boniface Kimina était l’initiateur de l’arrêté signé par le Gouverneur de la ville de Kinshasa. Sachant bien qu’il n’avait pas le droit de l’exécuter, il s’était présenté personnellement sur le terrain  pour faire démolir même les maisons dans lesquelles il savait qu’il y avait des occupants.

Par ailleurs, il avait exécuté un arrêté annulé par un arrêt de la Cour d’appel. Pour couvrir son irrégularité, il avait obtenu postérieurement, le 14 novembre 2013, un ordre de mission pour un travail déjà exécuté. Pour tous les préjudices causés aux victimes de son action, 500.000 Euros de dommages et intérêts lui ont été réclamés par les parties civiles.

Pour leur part, les conseils de Boniface Kimina ont estimé que les faits mis à charge de leur client ne sont pas établis. Ils ont rappelé qu’il avait travaillé au sein d’une commission composée de sept personnes, mise sur pied après une réunion convoquée par le 1er ministre. Cette autorité avait constaté la spoliation de ce site qui est une propriété de la SCTP (ex-Onatra).  Raison pour laquelle instruction avait été donnée à l’Hôtel de ville de Kinshasa de procéder à la démolition de toutes les constructions anarchiques érigées au site Socopao, dans la commune de Limete.

         Lors de la démolition, l’opération était dirigée par un colonel et Bonfice Kimina n’était pas sur le terrain. Une fois l’activité finie, la police avait fait un rapport positif. Quelques heures plus tard, deux badauds, à la recherche des barres de fer, avaient investi les lieux. C’est en ce moment qu’un mur mal démoli était tombé sur eux. A leur avis, cette situation ne peut pas être imputée au  pauvre Conseiller Technique.

         Par conséquent, une somme de 500.000 Euros pour procès téméraire et vexatoire doit être allouée au prévenu.

Yves Kadima