Sindika Dokolo, collectionneur d’œuvres d’art et observateur politique

0
316

4873558_7_484f_le-masque-mwana-pwo-datant-de-la-fin-du-xixe_79c7563a41ff497c4bef191696dd123bUne jeune Congolais quarantenaire, originaire du territoire de Mbanza-Ngungu, fief des « Bisi-Ngombe », territoire de Mbanza-Ngungu, district des Cataractes, dans la province du Kongo Central, a opté pour un combat singulier : la chasse aux œuvres d’art africaines volées, surtout à la veille des indépendances des Etats africains. Cas notamment de l’Angola.

Sindika Dokolo, fils de feu Augustin Dokolo, jeune homme d’affaires établi en Angola et mari d’Isabel, la fille du président Eduardo dos Santos, la patronne de Sonangol, est un passionné de l’art. Dans une récente interview à Jeune Afrique, l’homme qui passe pour le premier
collectionneur d’œuvres d’art en Afrique, soutient avoir hérité de la passion des affaires et de l’art de son père, un self made man fiché comme premier Africain créateur d’une banque commerciale.

Habitué des musées et expositions aux quatre coins du monde, il n’hésite pas à marchander avec des Européens détenteurs d’œuvres d’art africaines. On le dit avoir négocié à hauteur de 800.000 Euros un masque « mwana pwo » lors d’une foire organisée à Maastricht. Quand il n’arrive pas à convaincre un « pilleur » de lui revendre une œuvre d’art, il menace de le trainer en justice. A l’en croire, généralement les collectionneurs conscients de détenir indument des produits du patrimoine culturel africain évite d’affronter la justice. Mais, pour
espérer gagner le combat de la restauration de l’art africain, il faut l’implication des pouvoirs publics.
Sindika Dokolo reconnaît que le gouvernement angolais pèse beaucoup
dans le travail de recherche et récupération des objets d’art Tchokwé,
dont certains sont consignés au musée de Dunda. Son rêve est de
détenir la plus belle collection d’art classique contemporain.
Observateur de la scène politique africaine en général et congolaise
en particulier, il reconnaît que Joseph Kabila a beaucoup fait pour la
RDC, notamment en posant les jalons de la pacification, de la
réunification territoriale, de la restauration de l’autorité de
l’Etat, de la réconciliation nationale, de la relance de la
croissance. Mais, il pense que par respect pour l’Accord du 31
décembre 2016, il a intérêt à passer la main. A son avis, le retrait
d’officiers angolais chargés de former des militaires et policiers
congolais, visait à encourager un compromis politique en RDC, en vue
de garantir la paix et la stabilité de la région d’Afrique Centrale.
Dokolo fils aurait-il des ambitions politiques ? Sa réponse est
négative. Servirait-il de pont entre la classe politique congolaise et
les autorités angolaises ? Il est également négatif, bien qu’il
reconnaisse s’être lié d’amitié avec Olivier Kamitatu depuis la
France, sur conseil d’Augustin Dokolo. Il ne cache non plus son
admiration pour Moïse Katumbi, un autodidacte qui avait commencé comme
porteur des cartons dans la chambre froide de son frère aîné, Katebe
Katoto. Il le considère comme un génie créateur, un feu qui ne
s’éteint jamais.
En dépit de sa réussite sociale, il n’a jamais oublié sa mère patrie,
la RDCongo.
Son grand regret, c’est le pillage, par le régime Mobutu, des
affaires de son père dans les secteurs agricole, immobilier, minier,
bancaire, etc. Il continue de se battre, indique-t-il, au niveau des
instances judiciaires, pour que l’Etat congolais remette la succession
Dokolo dans ses droits. En attendant, ses projets sont en veilleuse
aux quatre coins du territoire congolais, même dans son terroir des
Bisi-Ngombe, auquel il reste très attaché..
Kimp