Signature ce mercredi du Pacte de stabilisation monétaire

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La 3 ème réunion du Comité de politique monétaire présidée hier par le gouverneur de la Banque centrale du Congo, s’est terminée sur la nécessité de renforcement des mécanismes de coordination entre le Trésor et la Banque centrale, tant souhaitée par les Institutions de Bretton Woods, dans la mise en œuvre du Programme économique du gouvernement. Cette volonté saluée par les milieux économiques de notre pays, sera concrétisée ce matin, par la signature du Pacte de stabilité monétaire, d’une part par le ministre des Finances et de l’autre, par le patron de l’Institut d’émission.

Ce pacte assorti des engagements auxquels sont astreintes les deux parties, apparaît aux yeux de nombreux observateurs comme l’une des solutions attendues pour parvenir à aplanir les divergences de vues et certaines incohérences dans la mise en application des politiques monétaire et budgétaire, afin d’harmoniser les actions à entreprendre pour garantir dans la durée la stabilité monétaire dans notre pays.

A ce sujet, Jean-Claude Masangu a indiqué que le Comité de politique monétaire pourra jouer un rôle majeur pour l’échange des informations entre les institutions signataires du Pacte de stabilité monétaire, de manière à éclairer la lanterne des décideurs sur l’évolution des indicateurs pertinents de la conjoncture, tant sur le marché des biens et services, que sur le marché de change et monétaire.

Analysant l’évolution de la conjoncture au 22 mars 2010, ainsi que les perspectives de politique monétaire, le gouverneur de la Banque centrale note sur le marché des biens et services, qu’après le pic de 68,99 % atteint à la date du 15 janvier, l’inflation est tombée à 21,72 % au 21 mars, contre un objectif de 15 % à fin décembre 2010. A la période correspondante de 2008 et 2009, le taux annualisé s’est situé respectivement à 15,27 % et 115,95 %. Ce qui à ses yeux, en cumul annuel, a abouti à un niveau d’inflation de 4,25 % contre un objectif de 8,49 % à fin mars 2010 en tenant compte de la saisonnabilité des mouvements des prix à la consommation. La moyenne d’inflation hebdomadaire se situant ainsi à 0,02 % entre le 21 février et le 21 mars contre 0,41 % entre le 20 janvier et le 21 février.

Quant à l’évolution du marché de change pour cette période, le patron de l’Institut d’émission relève une appréciation du taux de change de 1,26 % entre le 26 février et le 19 mars sur le marché interbancaire. Tendance qui a été également observée sur les autres segments du marché.

S’agissant du marché monétaire, le comité de politique monétaire note que le taux directeur réel ainsi que le taux de rendement moyen réel du billet de trésorerie se sont situés à des niveaux élevés, soit respectivement 48,3 et 47,9 points au 17 mars 2010 du fait de la baisse sensible du niveau d’inflation.

Quant aux facteurs explicatifs de cette évolution, Jean-Claude Masangu réalise la poursuite des politiques budgétaire stricte et monétaire prudente. Par contre, il a été observé par le comité de politique monétaire, l’augmentation des dépenses publiques, tant en monnaie nationale qu’en devises, entre le 14 et le 21 mars 2010, dont l’effet est d’une part, l’expansion de la liquidité bancaire et d’autre part, la baisse des réserves internationales au cours de cette période.

Des mesures pour  renforcer la stabilité  monétaire

Quelles sont alors les mesures préconisées pour prévenir le risque d’assèchement des liquidités dû aux excédents de trésorerie de l’Etat et aux ponctions opérées par la réserve obligatoire ?

Réponse du président du comité de politique monétaire : l’instrument billet de trésorerie ( le BTR) a réalisé une injection de 17,9 milliards de FC en vue d’assurer une meilleure régulation de la liquidité. Ainsi l’encours des BTR est passé de 56,7 milliards de FC à fin décembre 2009 à 38,8 milliards de FC au 17 mars 2010. Globalement, note le gouverneur Jean-Claude Masangu, les instruments de politique monétaire ont contribué à une ponction des liquidités de 7 milliards de FC au cours de la même période.

Au regard de toutes ces évolutions, le comité de politique monétaire a pris une série des décisions. Entre autres, il sera amorcé graduellement un assouplissement de la politique monétaire en fonction des développements de la conjoncture. En outre, il sera procédé à ce jour, au réajustement à la baisse

Du taux directeur de la BCC, lequel est passé de 70 % à 60 %, et de maintenir le coefficient de réserve obligatoire à 7 %.

Le comité de politique monétaire a également recommandé, a fait savoir le patron de l’Institut d’émission, la poursuite d’une politique budgétaire stricte et d’une politique monétaire prudente.

A l’issue de cette réunion, tous les membres ont affiché un optimisme pour l’avenir et noté avec satisfaction, la consolidation de la stabilité sur les marchés tant des biens et services que des changes. C’est là un acquis que le gouverneur de la BCC situe dans les facteurs de réalisation de l’un des déclencheurs du point d’achèvement de l’Initiative PPTE, à savoir le maintien de la stabilité du cadre macro-économique.  

                                          J.R.T.

 

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