She Okitundu et «Tam Tam Théâtre» en guerre contre l’intolérance

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Le sénateur She Okitundu a procédé hier jeudi 18 mars 2010 à la paroisse Saint Eloi de Barumbu au lancement de la campagne de sensibilisation  de la population sur les méfaits de l’intolérance. Laquelle se fera sous forme d’ateliers à travers 7 communes « visitées » au mois de février par une équipe d’enquêteurs.  Le travail ayant été balisé par les enquêteurs, les organisateurs de ladite campagne,  la Compagnie Tam Tam  s’attelle à l’organisation des ateliers à  Barumbu, Kinshasa, Kasa-Vubu, Makala, Ngiri- Ngiri, Ngaba, Limete . Les ateliers vont démarrer d’ici peu. Pour cette journée inaugurale,  l’auditoire a remarqué la présence de nombreuses personnalités le sénateur, Léonard She Okitundu avait à ses côtés, le coordonnateur dudit projet, le directeur du Tam Tam Théâtre Valentin Kuamba, le bourgmestre de Barumbu Ipaya Ikoko et Hilaire Mankindu, conseiller auprès de la ministre de la Culture et des Arts.

Dans  son mot de circonstance, l’honorable She Okitundu a dit que depuis la nuit des temps, l’être humain est confronté à la problématique de l’intolérance. Car chaque être humain est un être unique. On est dans une société hétérogène.  On ne peut parler de l’intolérance sans faire allusion à la tolérance. Laquelle est définie comme la capacité à accepter ce que l’on désapprouve. Une personne incomprise se montre à son tour intolérant, Il a paraphrasé Voltaire qui s’était écrié un jour en ces termes : « Deux monstres désolent jusqu’ici la terre. Il s’agit de la calomnie et de l’intolérance »

L’autre nom de la paix

Pour sa part, Hilaire Mankindu a fait observer que la tolérance est l’autre nom de la paix. La RDC étant une mosaïque culturelle et linguistique, la tolérance est cette vertu censée favoriser une meilleure cohabitation entre les membres de nos différentes tribus, a-t-il indiqué. Il a loué l’esprit d’initiative de  ses hôtes qui se sont servis du théâtre pour mieux faire passer le message. Il a assuré le Tam Tam Théâtre et d’autres structures similaires de l’appui de la ministre Kavira de la Culture.

Se tournant du côté de  She Okitundu, il l’a présenté comme un homme engagé pour la promotion des droits humains. «Sa présence parmi nous est tout un symboleJe me rappelle tout ce qu’il a fait pendant son mandat au ministère des Droits Humains.  A l’époque, il m’a fait observer que les acteurs sociaux sont mieux placés pour défendre les droits humains. Ce qui n’est pas le cas avec les membres de l’exécutif. », a ajouté Hilaire Mankindu.

Précédant ces deux personnalités, le directeur de  Tam Tam a laissé entendre que sa compagnie vieille aujourd’hui de vingt ans, s’est assignée comme objectif principal dans son volet de Théâtre d’Action Sociale «  Tas » la sensibilisation de la population  par la comédie à travers des programmes spécifiques. Et ce avec le concours de leurs partenaires, entre autres  National Endowment Democracy « Ned ».  En initiant ce projet, Compagnie Tam Tam  veut simplement sensibiliser d’importantes franges de la population sur les méfaits de ce fléau et promouvoir par la même occasion les valeurs démocratiques, a indiqué Valentin Kuamba. «Et pour mieux s’en sortir, nous attendons des parents, des autorités municipales, des animateurs des partis politiques, et autres leaders d’opinions une franche collaboration».

Vérités criantes

On retiendra du rapport d’enquête lu par Gertrude Ngoma, collaboratrice de Valentin Kuamba que l’enquête évoquée ci-haut, s’est faite du 4 au 22 février 2010. Vingt enquêteurs, préalablement formés en techniques d’interrogation et à la problématique de l’intolérance,  ont sillonné les avenues et quartiers de Ngiri Ngiri, Kasa-Vubu, Limete… munis des questionnaires et des fiches d’identification.  L’enquête était destinée aux jeunes, leaders d’opinion, aux autorités municipales, parents… Au terme de cet exercice, Tam Tam Théâtre a pu se faire une idée des potentiels participants aux prochains ateliers.

L’intolérance  est occasionnée par la situation sociale du pays, l’absence d’une réelle justice opposable à tout le monde…, a-t-on entendu de la part des personnes interrogées.  Des réponses  ramenées par les « interrogateurs », il se dégage  aussi ceci : la répartition inéquitable des revenus de l’Etat, les arrestations arbitraires, le manque de convivialité entre les acteurs politiques…

Par ailleurs, les interrogés recommandent à l’Etat de redistribuer de manière équitable les revenus. Les politiciens doivent s’accepter. La police est appelée de cesser les arrestations arbitraires.

Peu après la remise des brevets aux enquêteurs, Le Phare a approché, Gisèle Mbongo, visible sur terrain en février pour recueillir ses impressions sur le travail réalisé. «  C’était fastidieux mais passionnant. Il nous arrivait de retourner auprès des personnes interrogées pour recueillir leurs réponses. Nous attendons avec impatience l’organisation des ateliers », a-t-elle souligné.

Jean- Pierre Nkutu

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