Le SG Muamba : « Ne ratons pas cette opportunité pour bâtir le développement durable de la RDC »

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Les travaux de l’Atelier national de consultation et de validation de
la version avancée du Plan de partage des bénéfices et des termes
commerciaux de l’ERPA du Programme de réductions des émissions de
Maï-Ndombe, ouverts hier mercredi 31 mai 2017, par le secrétaire
général à l’Environnement et Développement durable, Léonard Muamba
Kanda, ont permis de dévoiler quelques divergences de vues dans la
maîtrise des enjeux financiers importants du Fonds carbone de la
Banque mondiale. Ces divergences ont apparu lors des débats entre les
experts de structures étatiques et privées, les acteurs de la société
civile, et les représentants des communautés locales et de peuples
autochtones.

Heureusement qu’avant la fin de cette rencontre, le Coordonnateur
national REDD, Victor Kabengele, Raphaël Kasongo, modérateur de cet
atelier, Laurent Valiergue et Daniela Gother, tous deux de la Banque
mondiale et d’autres experts, ont répondu aux inquiétudes de
représentants du secteur privé, de membres de la société civile et des
communautés locales. C’est ainsi qu’à la demande de nombreux
participants, les rapports de réunions précédentes leur seront
transmis avant la fin de cette semaine, afin qu’ils puissent réagir
avec leurs critiques et amendements, la semaine prochaine.
Signalons qu’à l’ouverture des travaux, le secrétaire général à
l’Environnement et Développement durable représentant le ministre
empêché, avait mis un accent particulier, sur les réunions précédentes
qui toutes soulignent l’importance du processus de négociation devant
conduire à la signature du contrat d’achat-vente des crédits carbone.
Aussi a-t-il émis le vœu de voir cet atelier aboutir au partage
d’expériences sur le terrain et à un échange fructueux sur le Fonds
carbone entre les membres de la société civile, les partenaires
techniques et financiers, le secteur privé et les communautés locales,
et s’accorder sur les prochaines étapes du processus de validation du
Plan de partage des bénéfices et des termes commerciaux de l’ERPA du
Programme de réductions des émissions de Maï-Ndombe.
Ce programme qui entend préserver la biodiversité, a insisté Léonard
Muamba Kanda, est un programme provincial ancré dans un programme
global sur lequel le gouvernement congolais espère récolter beaucoup
de retombées. Et s’il va fonctionner de façon optimale, durant la
période 2017 – 2020, il pourra contribuer au développement durable,
rémunérer les différents acteurs par rapport à leurs efforts, lutter
contre la pauvreté et améliorer leurs conditions de vie.
Lors des débats, les représentants de peuples autochtones – les
Pygmées, ont dénoncé leur marginalisation au niveau de la province de
Maï-Ndombe et le niveau élevé de pauvreté, les autres estiment
minimale la proposition de leur allouer 2 % sur les crédits carbone
que la Banque mondiale envisage d’acquérir en RDC. Pourtant, l’on sait
qu’avec sa position privilégiée de second poumon du monde, au regard
de son grand potentiel forestier,

la RDC s’est avérée, depuis le 7 décembre
2016, grâce au document final du Programme de réductions des émissions
dans la zone de Maï-Ndombe, éligible au portefeuille du Fonds carbone.
Ce qui lui ouvrirait grandement la voie à la signature d’un contrat
d’achat-vente des crédits des émissions ( CAVRE – ERPA) du Programme
RE de Maï-Ndombe, ainsi que l’accès aux financements de nombreux
bailleurs de fonds.
Aux idées préconçues de certains participants à cet atelier, selon
lesquelles la Coordination nationale REDD et la Banque mondiale ne
négocient pas assez à leur avantage, Victor Kabengele a souligné les
efforts déployés par sa structure depuis l’origine de ce projet,
l’élaboration des documents servant de base de travail pour les
négociations futures, tandis que Laurent Valiergue a plaidé pour une
prise en compte des avancées de réunions précédentes auxquelles ont
été associées la plupart des parties prenantes. Ne vous entredéchirez
pas, a conseillé Laurent Valiergue, avant de prévenir qu’il serait
imprudent de tout remettre en cause, afin de revenir à la case départ.
A cause de tergiversations, le risque est que les bailleurs de fonds
pourraient oublier la RDC et s’intéresser à d’autres pays.

J.R.T.