Le SG à l’Urbanisme et consorts au Parquet général de Matete/Limete

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Après le coup de filet opéré le mardi 12 décembre par les services du Conseil Spécial du Chef de l’Etat en charge de la Bonne Gouvernance, de la Lutte contre le Blanchiment des Capitaux et le Financement du Terrorisme, tous les suspects ont été transférés, le mercredi 13 décembre en fin d’après-midi, et ce après audition, au Parquet général près la Cour d’Appel de Matete, dont le siège se trouve sur la 4me Rue (petit boulevard), dans la commune de Limete. Il s’agit d’Adolphe Mabulena (Secrétaire général au ministère de l’Urbanisme et Habitat) ; Narcisse Lembo (Directeur général de la Direction Générale des Recettes de Kinshasa) ; Dido Ilembwe (Directeur général adjoint de la Direction Générale des Recettes de Kinshasa) ; Joseph Kiyanga (Fonctionnaire dirigeant de l’Agence Congolaise des Grands Travaux/Zenit) ; Rudy Kalala (Directeur chef de Brigade à la DGRK) ; Felly Ngobila (Inspecteur fiscal à la DGRK) ; Tumba (Chef de Bureau à la DGRK) et Luzolo (Chef de Bureau à la DGRK).

 

On signale que Ntela, Conservateur des Titres Immobiliers de la Gombe, actuellement en fuite, est activement recherché par les limiers de Luzolo Bambi.

Il y a lieu de rappeler qu’il est reproché au Secrétaire général à l’Urbanisme et Habitat la spoliation de plus d’une dizaine d’immeubles de l’Etat, dont celui de l’UAC, que l’on dit avoir été vendu à 4 millions de dollars américains. Quant au DG de la DGRK et ses collaborateurs, il est retenu à leur charge les préventions de faux en écritures, détournement des deniers publics et corruption. Le Fonctionnaire dirigeant de l’ACGT auprès de la société Zenit devrait s’expliquer au sujet de la disparation d’un montant de plus de 10 millions de dollars américains destiné à la construction des passerelles le long du boulevard Lumumba.

 

Agitation suspecte du ministre Kokonyangi

 

Le fait qui continue d’intriguer l’opinion dans cette affaire est la forte agitation observée dans le chef du ministre de l’Urbanisme et Habitat, Joseph Kokonyangi. Ce dernier accuse non seulement le Conseiller spécial Luzolo de ne l’avoir pas informé au préalable de l’arrestation du Secrétaire général de son ministère et d’avoir fait placer les prévenus dans des cachets privés mais en sus, soutient avoir « désaffecté » l’immeuble UAC, ce qui va dans le sens du dédouanement de son collaborateur.

L’on peut se poser la question de savoir si la procédure de désaffectation, qui exige que la décision sont fondée sur une ordonnance du Chef de l’Etat, a été observée, et si une expertise avait été ordonnée avant la mise en vente de l’immeuble visé. L’opinion reste sceptique quant au respect des règles du jeu.

S’agissant de la révélation du ministre de l’Urbanisme et Habitat relative à l’existence d’un dossier de 45 immeubles de l’Etat spoliés, la question qui revient sur toutes les lèvres est de savoir si Joseph Kokonyangi en avait saisi la justice et à quel niveau se trouveraient les enquêtes judiciaires. Dans la négative, il faudrait s’étonner de son mécontentement devant l’initiative prise par le Conseiller spécial du Chef de l’Etat chargé de la Bonne Gouvernance, de la Lutte contre le Blanchiment des Capitaux et le Financement du Terrorisme.

On peut craindre, avec ce type d’attitude, que les magistrats du Parquet général de Matete/Limete, auquel Luzolo vient de confier les dossiers des présumés pilleurs des biens et fonds publics, ne soient l’objet de menaces et trafics d’influence susceptibles de favoriser la fuite des suspects. Sous réserve du respect de la présomption d’innocence de toutes les personnes arrêtés, le vœu de tous est que leurs dossiers suivent leur cours normal jusqu’à leur condamnation, si les infractions à leur charge sont avérées, ou leur relaxation pure et simple, si la justice arrive à les blanchir.

                                                Kimp