Sévère avertissement du Rassemblement à Kabila

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Ouvert le vendredi  21 juillet sous un hangar du Centre Béthanie, dans l’enceinte de la paroisse Sacré-Cœur, à Gombe, suite au scellage de la salle réservée à cet effet sur ordre des services de sécurité, le Conclave du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement a finalement a été délocalisé à Limete, le samedi 22
juillet 2017, au siège de l’UDPS, pour sa clôture.

De nombreux militants de ce parti et d’autres formations politiques  membres de cette méga plate-forme ont fait le déplacement de Limete pour vivre en live les résolutions de ces assises.

C’est vers 15 heures que le président du Rassemblement, Félix Tshisekedi, a fait son entrée au siège de l’UDPS sous les ovations
d’une foule compacte.
Il a rejoint sur le podium d’autres sociétaires du Rassemblement,
notamment le président du Conseil des sages, Pierre Lumbi, Martin
Fayulu et Claudel Lubaya de la Dynamique, Christophe Lutundula et
Christain Mwando du G7, Jean- Bertrand Ewanga de l’Alternance pour la
République, Dr Kabamba du G14, Kitenge Yezu, Christopher Ngoy de la
Société civile, etc.
Le décor étant planté, le Rapporteur, François Muamba, a pris la
parole pour donner lecture du Rapport final  de ce deuxième Conclave
du Rassemblement, après celui, organisé en octobre 2016 à Kinshasa.
Après avoir dressé un tableau sombre de la situation générale du pays,
le Rassemblement a lancé un appel à la mobilisation des Congolaises et
Congolais en vue d’obtenir l’alternance au sommet de l’Etat par la
libération du processus électoral, bloqué par le pouvoir en place.
Celui-ci est accusé d’avoir violé l’Accord de la Saint Sylvestre, qui
devait aider le Président de la République, arrivé fin mandat le 19
décembre 2016, à quitter le pouvoir pacifiquement, après un bonus
d’une année lui accordé par le compromis politique du 31 décembre 2016
.
« Pas de troisième dialogue, les élections en décembre 2016 », a
lâché François Muamba avant de dévoiler les actions décidées par le
Rassemblement pour obtenir les élections présidentielle et
législatives nationales dans le délai fixé par l’Accord de la Saint
sylvestre. Cette méga plate-forme politique a adressé un sévère
avertissement au Chef de l’Etat, martelant que celui-ci va perdre son
statut si le corps électoral n’est pas convoqué le 30 septembre 2017.
Dans la foulée, le Rassemblement appelera à une opération « villes
mortes » de deux jours, soit du 8 au 9 août 2017, pour pousser la
Majorité Présidentielle à libérer le processus électoral.
Ces deux journées « villes mortes » seraient suivies de meetings
populaires sur l’ensemble du territoire national pour sensibiliser la
population sur l’impératif de la tenue des élections au plus tard le
31 décembre 2017.
Concernant les obsèques de son leader, Etienne Tshisekedi, le
Rassemblement a levé l’option d’organiser une collecte des fonds au
sein de la population pour leur financement.
Dans son mot de clôture, le président du Rassemblement, Félix
Tshisekedi, a exhorté les forces de l’ordre à ne pas se servir de
leurs armes contre les populations civiles lors des manifestations
annoncées afin d’obtenir la tenue des élections présidentielle,
législatives nationales et législatives provinciales avant la fin de
l’année 2017.                                 ERIC WEMBA
RAPPORT FINAL DU 2ME CONCLAVE
Les 21 et 22 juillet 2017, le Rassemblement des Forces politiques et
sociales acquises au changement s’est réuni en conclave, à Kinshasa,
pour la deuxième fois depuis sa création.

I. OBJET DU CONCLAVE, PARTICIPATION ET POINTS A L’ORDRE DU JOUR

L’objet de ce rendez-vous historique a été, d’une part, d’évaluer le
parcours du Rassemblement depuis son premier conclave organisé à
Kinshasa – Limeté le 14 octobre 2016 sous la haute direction de son
leader charismatique d’heureuse mémoire, Etienne Tshisekedi wa
Mulumba, et, d’autre part, de définir une nouvelle feuille de route
ainsi que des stratégies adaptées aux réalités du moment afin
d’atteindre les objectifs de son combat dans un contexte national
marqué par la radicalisation du régime tyrannique de Joseph Kabila et
l’aggravation dramatique de la crise politique, sécuritaire,
économique et sociale qu’il a cyniquement provoquée pour demeurer au
pouvoir en violation de la Constitution de la République et  contre la
volonté du Peuple congolais.
Le deuxième Conclave du Rassemblement a connu la participation active
des délégués de ses 10 (dix) composantes. Les noms de ces délégués
sont repris sur la liste des participants annexée au présent rapport.
Le 2ème Conclave du Rassemblement a été ouvert par le discours de son
Président, Monsieur Félix Tshisekedi, qui a dressé le bilan des
activités du Rassemblement, circonscrit le cadre des travaux et défini
les objectifs à poursuivre.
Le discours du Président du Rassemblement a été suivi par les
déclarations des chefs des délégations des composantes.
Les différentes interventions ci-dessus ont fourni aux participants
les matériaux utiles à l’analyse rigoureuse de l’état de la Nation et
les pistes de solution à suivre pour sortir le pays de l’impasse
politique et lui éviter un chaos généralisé.
Les participants en expriment toute leur reconnaissance aux
intervenants ainsi qu’à leurs organisations politiques et sociales
respectives.
Par ailleurs, ils ont rendu un vibrant hommage à Etienne Tshisekedi
wa Mulumba, père de la démocratie congolaise et combattant modèle de
la liberté ainsi que de l’Etat de droit en République Démocratique du
Congo, arraché brutalement à l’affection du Peuple congolais le 1er
février 2017.
Le Rassemblement en appelle à la conscience de tous pour que soient
organisées sans délai des obsèques nationales à la dimension de ce
digne fils du pays et de son œuvre politique.
Un moment de silence a également été observé par les participants
pour honorer la mémoire du Patriarche feu Mwando Nsimba, membre du
Conseil des Sages du Rassemblement.
Les participants au 2ème Conclave du Rassemblement ont saisi
l’occasion offerte par la tenue du 2ème Conclave pour engager
davantage le Peuple congolais à poursuivre sans relâche ni faiblesse
le noble combat d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba contre toutes les
formes de dictature et faire triompher les valeurs de démocratie et de
progrès social pour lesquelles il a consacré tout son combat
politique.
Dans le même sens, les participants ont salué la mémoire des victimes
de la répression aveugle du régime dictatorial de Joseph Kabila, plus
particulièrement celle des hommes et des femmes froidement abattus par
le pouvoir au cours des manifestations pacifiques des 19 et 20
septembre 2016 et des 19 et 20 décembre de la même année, organisées à
travers le pays, à l’appel du Rassemblement, pour défendre la
Constitution de la République et exiger l’organisation des élections
démocratiques dans les délais constitutionnels.
A travers leurs délégués, toutes les composantes du Rassemblement ont
réitéré leur détermination inébranlable de combattre le régime Kabila
qui a plongé la République Démocratique du Congo dans l’une des crises
les plus aigües de son histoire, et d’obtenir l’organisation des
élections libres, transparentes, inclusives et crédibles dans les
conditions fixées par l’Accord politique global et inclusif du 31
décembre 2016 en vue de l’alternance politique. A cet effet, elles ont
pris, dès le départ, l’engagement ferme d’exécuter sans faille les
conclusions et recommandations issues du 2ème Conclave.
C’est donc sur la toile de fond d’une détermination et d’un
engagement renouvelés, pour mener jusqu’à la victoire le combat du
Rassemblement pour la libération du Peuple congolais de la dictature
dans laquelle Joseph Kabila veut de nouveau l’enfermer, que les
participants ont examiné sans complaisance les points ci-après :
• bilan des activités du Rassemblement
• état de la nation congolaise
• nouvelle feuille de route du Rassemblement.

II. EXAMEN DES POINTS INSCRITS A L’ORDRE DU JOUR

A. BILAN DES ACTIVITES DU RASSEMBLEMENT

Les participants ont constaté, qu’en dépit de la répression et de
multiples entraves dressées sur son chemin par le régime despotique de
Joseph Kabila, le bilan du Rassemblement est globalement positif et
encourageant.
En effet, quelques jours seulement après sa création, le 10 juin 2016
à Genval, en Belgique, le Rassemblement a réussi deux fortes
mobilisations des masses populaires à Kinshasa au mois de juillet.
D’abord à l’occasion du retour triomphal de son leader et Président
du Conseil des sages, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, accueilli par
plusieurs  millions des Congolais, le 27 juillet 2016. Ensuite, lors
du meeting historique tenu, le 31 du même mois, sur l’esplanade du
stade des Martyrs de la Pentecôte avec une participation populaire de
la même ampleur.
Par la suite, répondant au mot d’ordre du Rassemblement et grâce à
ses actions de mobilisation, des foules immenses des Congolais sont
descendues courageusement dans les rues de Kinshasa et de plusieurs
villes du pays,  les lundi 19 et mardi 20 septembre 2016, pour
exprimer leur rejet de Joseph Kabila à la tête de la République
Démocratique du Congo et  réclamer la convocation du scrutin pour
l’élection du nouveau Président de la République, en remplacement de
Joseph Kabila dont le second et dernier mandat s’est achevé le 19
décembre 2016 à minuit, conformément à l’article 73 de la
Constitution.
Le Peuple congolais se souviendra que ces manifestations pacifiques,
autorisées et démocratiques, ont été réprimées dans le sang par le
pouvoir en désarroi. Des centaines de nos compatriotes ont perdu la
vie et d’autres ont été grièvement blessés par balles réelles tirées à
bout portant par les forces de l’ordre, sans compter les arrestations
arbitraires, les rafles des jeunes et les condamnations pénales à la
sauvette de plusieurs manifestants dans la pire tradition des régimes
tyranniques.
Le Rassemblement tient à renouveler ici, à la Nation congolaise, son
serment de ne pas laisser impunis les auteurs de l’écoulement du sang
de tous ces martyrs de la démocratie, de faire dédommager leurs
familles en temps opportun et d’honorer leur mémoire en protégeant,
quel qu’en soit le prix, l’ordre politique démocratique issu du
dialogue inter congolais de Sun City et la Constitution du 18 février
2006 qui le porte.
C’est dans cette perspective que le Rassemblement n’a cessé
d’intensifier les pressions internes sur  Joseph Kabila et de mener
des actions diplomatiques pour les contraindre, ses alliés et
lui-même, à respecter la Constitution, à libérer le processus
électoral et à mettre fin à la dérive totalitaire.
Grâce à la participation active de l’écrasante majorité des
Congolais et à l’accompagnement des Etats démocratiques au sein de la
communauté internationale, ces pressions et actions ont permis de
faire échec à la conspiration diabolique ourdie dans l’Accord de la
Cité de l’Union Africaine (UA) du 18 octobre 2016 contre le Peuple
congolais par la Majorité présidentielle et ses alliés avec la
complicité de Sieur Edem Kodjo, facilitateur de triste mémoire, afin
de donner à Joseph Kabila un troisième mandat présidentiel que la
Constitution lui interdit pourtant.
Cependant, afin de préserver notre Peuple contre un nouveau bain de
sang que le pouvoir s’apprêtait à faire couler impitoyablement, une
fois de plus, et de donner la chance à une sortie pacifique de la
crise, le Rassemblement, fidèle à sa règle d’or de la non-violence, a
dû souscrire, sans capitulation ni compromission, à la tenue d’un
Dialogue politique véritablement inclusif sous la garantie de la
communauté internationale et l’a imposé à Joseph Kabila et à ses
alliés.
Tel est le sens profond de la démarche du Rassemblement en
s’impliquant, sans complaisance et en toute lucidité, dans les
négociations politiques du Centre interdiocésain de Kinshasa.
Ces négociations ont abouti, sous la médiation de la Conférence
Episcopale Nationale du Congo, CENCO, à la signature, le 31 décembre
2016, de l’Accord politique global et inclusif du Centre
interdiocésain de Kinshasa, dit Accord de la Saint Sylvestre, par la
Majorité présidentielle et alliés, d’une part et par le Rassemblement
et le Front pour le respect de la Constitution, d’autre part.
C’est ici le lieu pour le Rassemblement de rappeler que l’Accord du
31 décembre 2016 est un dispositif juridique et institutionnel
cohérent et indivisible construit laborieusement par les composantes
politiques et sociales représentatives des forces vives de la Nation
congolaise dans l’unique but de conduire rapidement la République
Démocratique du Congo à des élections pacifiques, libres,
transparentes, inclusives et crédibles.
En plus, en attendant la tenue de ces élections, l’Accord de la
Saint Sylvestre a le mérite de résoudre consensuellement  la question
de l’illégitimité généralisée de tous les membres des institutions à
mandats électifs causée par l’expiration de ces mandats et le blocage
du processus électoral par Joseph Kabila.
Pour l’essentiel, cet Accord a édicté sans équivoque les principes
fondamentaux ci-après :
1. respect absolu par tous de la Constitution et des lois de la République ;
2. non révision ni changement de Constitution ni par la voie
parlementaire, ni par référendum pendant la période préélectorale et
électorale ;
3. tenue des élections présidentielle, législatives et provinciales au
plus tard le 31 décembre 2017 ;
4. application par le Gouvernement des mesures de décrispation
politique notamment la levée des toutes les entraves dressées par le
pouvoir contre l’exercice des droits humains et des libertés
fondamentales, l’arrêt des procédures judiciaires à motivation
politique, la libération des détenus politiques et d’opinion, la
libération des activités politiques pour tous les partis et candidats,
la fin du dédoublement des partis politiques de l’Opposition, la
libération des médias publics et privés à travers l’ensemble du
territoire national ;
5. audit de la CENI et renforcement de son indépendance, de son
impartialité et de ses capacités ;
6. mise en place d’une institution d’appui à la démocratie sur pieds
de l’article 222 de la Constitution afin d’assurer le suivi aussi bien
de l’Accord que du processus électoral, le Conseil National de Suivi
de l’Accord et du Processus électoral, le CNSA;
7. maintien en fonction de Joseph Kabila à la présidence de la
République et des membres des assemblées délibérantes nationales et
provinciales pendant la période préélectorale et électorale ;
8. en contrepartie et en guise de garantie de mise en œuvre de
l’Accord ainsi que de bonne fin du processus électoral, présentation
du Premier Ministre de la transition par l’Opposition/Rassemblement et
direction du CNSA par le Président du Conseil des sages du
Rassemblement.
L’Accord de la Saint Sylvestre est dès lors apparu, à tous, à la
fois comme une avancée significative dans la direction du règlement
pacifique de la crise politique et un espoir réel pour la tenue des
élections véritablement démocratiques avant la fin de l’année 2017.
C’est pourquoi l’ensemble du Peuple congolais l’a approuvé et la
communauté internationale l’a soutenu, en particulier les Nations
Unies à travers la résolution 2348 du Conseil de Sécurité adopté à
l’unanimité de ses membres, l’Union Africaine, la CIRGL, la SADC,
l’Union Européenne et les Etats-Unis d’Amérique par leurs prises de
position officielles respectives.
L’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016 est
incontestablement un acquis essentiel de la lutte du Rassemblement
pour la tenue en RDC des élections conformes à la Constitution et aux
standards internationaux en la matière.
En dépit du combat d’arrière-garde de Joseph Kabila et de ses alliés
qui bloquent sa mise en œuvre, cet Accord demeure la seule voie
consensuelle et acceptable pour organiser les élections
présidentielle, législatives et provinciales d’ici au plus tard le 31
décembre 2017, dans les conditions minimales non seulement de
transparence et de liberté mais aussi de chances égales pour tous les
candidats.
Subsidiairement, pour le Rassemblement, l’Accord de la Saint
Sylvestre est aussi une des pièces précieuses de l’important héritage
politique légué au Peuple congolais par le Président Etienne
Tshisekedi wa Mulumba et le dernier acte de son combat héroïque pour
la cause nationale, avant de tirer sa révérence, le 1er février 2017 à
Bruxelles. Au risque de cracher sur la mémoire de son initiateur, le
Rassemblement ne peut, en aucun cas, cautionner le détricotage de cet
Accord.
C’est pourquoi, tirant les conséquences de la disparition inopinée
de son leader charismatique et Président du Conseil des sages, Etienne
Tshisekedi wa Mulumba, les 9 composantes fondatrices du Rassemblement
ont procédé, en date du 02 mars 2017, à sa redynamisation afin de
poursuivre et de parachever, dans la cohésion interne et avec
efficacité, le combat de l’illustre disparu en faveur de la démocratie
et de l’Etat de droit en RDC.
Ainsi, la nouvelle architecture de gestion politique et
administrative du Rassemblement se présente comme suit :
1. le Président
2. le Conseil des sages composé des délégués des composantes et dirigé
par un Président assisté de 3 Vice-présidents
3. la Coordination des actions dirigée par un Bureau composé d’un
Coordonnateur, 4 coordonnateurs adjoints, un rapporteur, un rapporteur
adjoint, un trésorier et un trésorier adjoint.
Le Règlement intérieur du Rassemblement a été adopté par le Conseil
des sages à la faveur de cette redynamisation. Il détermine les
attributions des organes cités ci-dessus et définit les règles de
leur fonctionnement.
La redynamisation du Rassemblement et l’adoption de son règlement
intérieur ont contribué au renforcement de son unité, à la
clarification du rôle d’un chacun et à la consolidation de
l’implication de toutes les composantes de la plate-forme à son
leadership à travers le Président, le Conseil des sages et la
Coordination des actions. Elles ont offert aussi l’occasion de tester
la sincérité de l’attachement aussi bien des composantes que de leurs
membres respectifs au Rassemblement et de resserrer ses rangs.
Quoi qu’on en pense, grâce à la redynamisation, le Rassemblement a
pu surmonter la rude épreuve de la disparition inattendue de son chef
de file et poursuivre sa lutte pour le changement démocratique en RDC.
A cet égard, le Rassemblement dit tout haut aux Congolais qu’il se
tient toujours prêt à braver toutes actions de déstabilisation
orchestrées par le pouvoir et à affronter avec la même vigueur, aux
côtés du peuple, les défis de son combat.
Parmi ces défis, l’un des ceux qui sont prioritaires consiste à
obtenir le déblocage, en dépit des manœuvres dilatoires de Joseph
Kabila, de l’application de l’Accord politique global et inclusif du
31 décembre 2016 et l’organisation des élections dans les conditions
et délai fixés par ledit Accord.
L’urgence d’appliquer intégralement et fidèlement l’Accord de la
Saint Sylvestre et d’organiser les élections comme convenu devient
d’autant plus évidente que l’état général de la Nation congolaise est
très préoccupant et  présage d’un avenir encore plus sombre.

B. ETAT DE LA NATION

Concernant l’état de la Nation congolaise, les participants au 2ème
Conclave du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises
au changement ont été unanimes pour constater avec les autres
compatriotes que la République Démocratique du Congo va très mal sur
tous les plans, politique, sécuritaire, économique et social. Le pays
est au bord de l’implosion.

1. Plan politique

La tension est vive. La détente créée in extremis par l’ouverture des
négociations directes sous la médiation des Evêques de l’Eglise
Catholique Romaine à la veille du 19 décembre 2016, date de la fin du
second et dernier mandat de Joseph Kabila à la tête de la RDC, a volé
en éclat. L’espoir de la fin de la crise suscité par l’Accord du 31
décembre 2016 chez les Congolais, au lendemain de sa signature, s’est
volatilisé. Ni l’esprit ni la lettre de cet Accord ne sont aujourd’hui
respectés par Joseph Kabila.
En effet, après avoir nommé un Premier ministre de son choix à la
place de celui présenté par le Rassemblement comme l’exige l’Accord de
la Saint Sylvestre à sa clause III.3.3, Joseph Kabila a fait signer,
le 27 avril 2017, un arrangement particulier inachevé et falsifié à sa
famille politique et à ses alliés, en l’absence du Rassemblement et de
la CENCO, médiateur attitré. Au surplus, ce document frauduleux a
modifié l’Accord du 31 décembre 2016 dans ses clauses essentielles
relatives à la nomination du Premier ministre et à la présidence du
Conseil National de Suivi de l’Accord et du processus électoral
confiée au Président du Conseil des sages du Rassemblement.
Les mesures de décrispation politique n’ont été appliquées qu’à
compte-gouttes, de façon sélective et dérisoire. Moïse Katumbi reste
contraint à l’exil par suite des procédures judiciaires dont, au
surplus, le rapport d’enquête de la CENCO a démontré qu’elles étaient
une mascarade pour l’empêcher de se porter candidat à la prochaine
élection présidentielle. Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo, Franck
Diongo, Saphora Biduaya, Saa Sita, Jean-Baptiste Kasekwa, Huit Mulongo
croupissent toujours injustement en prison.
A Kinshasa, à Lubumbashi et à Goma, pour ne citer que ces villes les
plus illustratives de la terreur du régime actuel, des centaines des
combattants de l’UDPS et des militants des partis du Rassemblement
(MSR, ECIDE, UNAFEC, UNADEF…) sont détenus arbitrairement et
torturés dans les geôles obscures de la police nationale (PNC), de
l’Agence nationale des renseignements (ANR) et de la DEMIAP, toutes
aux ordres du pouvoir.
Les restrictions aux libertés fondamentales ne sont pas encore
levées et les droits de l’Homme font toujours l’objet des violations
graves par les services de l’Etat en toute impunité. Les enlèvements,
les arrestations et détentions arbitraires, les brimades et les
tortures des opposants politiques ainsi que des acteurs de la société
civile par les services de sécurité civile et militaire sont loin de
cesser.
L’espace politique demeure confisqué, car les plates-formes et
partis du Rassemblement sont toujours interdits d’activités politiques
sur toute l’étendue du territoire national. Ils n’ont pas accès aux
médias publics transformés en tribune de diffamation des opposants et
de propagande du régime Kabila. Les médias proches du Rassemblement
restent fermés.
Pour tout dire, la décrispation politique prescrite par l’Accord du
31 décembre 2016 est rangée dans le placard de tant d’autres
engagements pris mais jamais honorés par Joseph Kabila.

Le Rassemblement exige :
i. l’abandon des poursuites contre Moïse Katumbi Chapwe, comme l’ont
demandé la CENCO et le Comité du Haut-commissariat des droits de
l’Homme des Nations Unies ;
ii. la libération immédiate de Jean-Claude Muyambo, d’Eugène Diomi
Ndongala, de Frank Diongo, Sephora Biduaya, Saa Sita, Jean-Baptiste
Kasekwa, de Huit Mulongo, de tous les combattants et militants des
partis politiques membres des composantes du Rassemblement ainsi que
des acteurs de la société civile détenus par les services de sécurité
et la Police nationale ;
iii. la fin du dédoublement des partis politiques de l’Opposition ;
iv. la libération totale et sans délai de l’espace politique et médiatique.
Concernant les élections, les participants au 2ème conclave du
Rassemblement ont observé que le processus électoral est toujours mis
en mal par la seule volonté de Joseph Kabila qui, après avoir dévoyé
l’Accord de la Saint Sylvestre prévoyant des mécanismes de contrôle et
de suivi de ce processus, dicte la ligne de conduite aux dirigeants de
la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI.
Ainsi, faisant fi des clauses de l’Accord de la Saint Sylvestre et
du rejet catégorique par l’écrasante majorité des Congolais de toute
remise en cause de la Constitution en vigueur en cette période
suspecte, Joseph Kabila et sa famille politique poussent
l’outrecuidance jusqu’à inviter publiquement le peuple au référendum
constitutionnel qu’ils présentent comme un préalable à l’organisation
des élections.
En outre, les déclarations de Joseph Kabila au journal allemand De
Spiegel et à Lubumbashi devant certaines notabilités de la place ne
laissent planer aucun doute non seulement sur son rejet de l’Accord
politique global et inclusif du Centre interdiocésain mais aussi sur
sa détermination de ne pas laisser les élections se tenir à l’échéance
convenue dans cet Accord.
A cet égard, l’annonce de « l’impossibilité » de tenir une quelconque
élection au courant de cette année faites, à Paris au début de ce mois
de juillet 2017, avec beaucoup de suffisance, par Corneille Naanga,
Président de la CENI, en parfaite intelligence avec Joseph Kabila, a
levé toute équivoque quant au renvoi sine die des élections
présidentielle, législatives et provinciales.
Ainsi, la perspective des élections présidentielle, législatives et
provinciales en 2017 s’éloigne chaque jour davantage, ce qui
surchauffe les esprits et exacerbe la tension politique dans le pays.
Le Rassemblement rappelle que ni la Constitution, ni les lois de la
République et, encore moins, l’Accord de la Saint Sylvestre ne donne
pouvoir au Président de la CENI ou à une quelconque institution de la
République de renvoyer ou de reporter une élection, et, de surcroît
celle prévue par la loi suprême. L’Accord politique global et inclusif
du Centre interdiocésain n’a prévu que la possibilité d’ajustement de
la séquence électorale à trois scrutins initialement prévue, s’il
advenait un cas de force majeure qui ne permettrait plus un couplage
de la présidentielle, des législatives et de provinciales.
Le Rassemblement tient à indiquer clairement qu’il ne laissera pas
Joseph Kabila et ses alliés continuer à narguer tous les temps le
Peuple congolais et pratiquer leur stratégie machiavélique de
destruction de la République.
Il  dénonce le cynisme et l’hypocrisie de Joseph Kabila et de sa
famille politique qui prétendent appliquer l’Accord politique global
et inclusif du Centre interdiocésain alors que, par ailleurs, ils
s’emploient chaque jour à le pervertir et à le vider de sa substance.
Le Rassemblement considère que ce faisant, Joseph Kabila et les
siens ont apporté, une fois de plus, la preuve qu’ils ne sont pas des
interlocuteurs fiables. Ils ne respectent ni la Constitution et les
lois de la République, ni les accords signés de plein gré et affichent
le plus grand mépris pour le Peuple congolais, les résolutions du
Conseil de sécurité des Nations Unies, les recommandations des
institutions régionales et sous régionales africaines, et pour l’Union
européenne à laquelle, pourtant, la République Démocratique du Congo
est liée par un instrument international contraignant, l’Accord de
Cotonou.
Aussi, l’isolement diplomatique dans lequel Joseph Kabila est en
train d’enfermer de nouveau la République Démocratique du Congo
n’est-il que la conséquence logique de son obstination à naviguer à
contre-courant des aspirations profondes du Peuple congolais à
l’alternance démocratique et de la position partagée des partenaires
extérieurs les plus significatifs qui estiment à raison, que
l’organisation des élections dans le respect de la Constitution et de
l’Accord de la Saint Sylvestre, en toute transparence, est un facteur
de progrès démocratique, de paix, de stabilité et de sécurité tant au
Congo que dans la Région des Grands Lacs.
Cette position est d’autant plus justifiée qu’en vérité la
République Démocratique du Congo vit actuellement sous le régime d’un
coup d’Etat constitutionnel à peine voilé perpétré par Joseph Kabila.
Sur le registre de l’administration territoriale, l’aventure de
l’installation précipitée de 15 nouvelles provinces à des fins
politiciennes se solde par un fiasco total. Ces provinces sont
devenues des foyers de malversations financières et des tensions
politiques permanentes comme en témoignent les motions de défiance en
cascade dans les assemblées provinciales contre les gouverneurs
godillots placés dans lesdites provinces.
Ainsi, avec des dirigeants sans légitimité, une justice
instrumentalisée par le pouvoir et des institutions dysfonctionnantes,
à cause de la gestion désastreuse et patrimoniale des affaires de
l’Etat par Joseph Kabila, la République Démocratique du Congo projette
à ce jour l’image d’un Etat en faillite, sans autorité, incapable de
remplir ses missions régaliennes notamment la sécurité des personnes
et de leurs biens.

2. Plan sécuritaire

Déjà quasi endémique à l’Est du pays, l’insécurité a atteint son
paroxysme au cours de deux dernières années en atteignant la
quasi-totalité du territoire national.
En effet,  au Nord Kivu, alors que les populations de Béni et de
Lubero n’ont pas encore fini de pleurer les victimes des massacres
cycliques de nos concitoyens prêtés aux rebelles de l’ADF-NALU et de
LRA par le pouvoir, alors que les plaies ouvertes par le passage du
M-23 de triste mémoire sont encore béantes, d’autres groupes armés et
rébellions aux contours flous affrontent les forces armées
congolaises, les FARDC, dans des violents combats à Beni et à Uvira.
Le Gouverneur du Nord-Kivu y voit, d’ailleurs, un signe annonciateur
d’une énième guerre civile ou d’agression en gestation dans sa
province.
A Bunia, le conflit intercommunautaire Hema-Lendu s’est rallumé de
ses cendres pour des raisons encore non élucidées.
Le Rassemblement salue le courage et la détermination de nos
vaillants militaires qui, en dépit des conditions de travail très
difficiles, n’ont cessé, au cours de ces deux dernières décennies,
d’exposer leurs vies, particulièrement à l’Est, pour sécuriser notre
peuple et assurer l’intégrité du territoire national face à l’ennemi.
Il exhorte tous les Congolais à les soutenir et demande avec
insistance au gouvernement d’améliorer substantiellement leurs
conditions de vie et de travail.
Le Rassemblement dénonce et condamne l’irresponsabilité du régime
Kabila et son incurie quasi congénitale pour éradiquer le cycle
infernal des violences répétées à l’Est de la République, identifier
leurs vrais auteurs et les punir.
Les participants au 2ème Conclave du Rassemblement ont exprimé leur
révolte du fait que le pouvoir adopte le même comportement au centre
du pays où, depuis plus de 9 mois, sévissent au quotidien dans les
provinces du Kasaï, Kasaï central, Kasaï oriental et Lomami, des
atrocités et des actes de barbarie innommables par des massacres à
grande échelle des populations civiles.
A Kinshasa, dans le Tanganyika, au Kongo Central, comme dans toutes
les autres provinces affectées par les conflits, les confrontations
entre communautés sont instrumentalisées et rallumées par des acteurs
politiques, bien connus du pouvoir. Mais face auxquels, l’Etat
entretient une totale complaisance.
L’Eglise catholique, les ONG des droits de l’Homme et les élus
locaux ont dénombré dans les provinces précitées plus de 3000 victimes
parmi lesquelles des chefs coutumiers, des femmes, des enfants et deux
experts des Nations Unies mandatés pour enquêter sur les violations
massives des droits de l’Homme dans l’espace kasaïen où, à ce jour, 83
fosses communes documentées par les Nations Unies ont été découvertes.
Des villages entiers ont été rasés et plus d’un million des Kasaïens
ont été forcés à fuir dans la brousse et à se réfugier dans les
provinces voisines de l’espace kasaïen jusqu’en Angola dans des
conditions inhumaines. Ils y vivent d’expédients et dans un état de
quasi dénouement.
En dépit de la gravité de la situation, le pouvoir Kabila, comme à
ses habitudes, s’est répandu en dénégations éhontées tant sur la
matérialité de la tragédie kasaïenne que sur ses causes profondes et
l’identité exacte de ses auteurs, confirmant ainsi son incapacité de
sécuriser les Congolais et créditant les soupçons sur sa
responsabilité dans cette tragédie.
Qui pis est, Joseph Kabila, sa famille politique et la CENI
exploitent maintenant, avec le plus grand cynisme, les évènements
tragiques du Grand Kasaï, pour justifier sans cesse le report des
élections que le Peuple congolais réclame pour le 31 décembre 2017 au
plus tard.
Dans ces conditions et dans sa configuration actuelle, la crise
kasaïenne suscite beaucoup d’interrogations, notamment sur ses
véritables protagonistes, ses motivations réelles, sa finalité et ceux
qui en profitent.
Quoiqu’il en soit, force est de constater que le feu s’allume dans
certains coins névralgiques du pays comme dans une stratégie d’un
chaos programmé pour empêcher l’organisation des élections
présidentielle, législatives et provinciales en 2017.
Le Rassemblement réitère sa solidarité  avec les populations de
l’Est et du Grand Kasaï, et sa disponibilité à collaborer au
rétablissement de la paix et de la sécurité partout où cela est
possible à travers la République.
Il appuie totalement la résolution du Conseil des droits de l’Homme
des Nations Unies du 23 juin 2017 sur les violations des droits de
l’Homme au Kasaï, résolution qui prévoit le déploiement d’une équipe
d’experts internationaux indépendants en vue de déterminer les faits
et les circonstances des violations des droits de l’Homme afin que
leurs auteurs, quelle que soit leur affiliation, soient traduits en
justice.
Il demande à tous les Congolais de veiller à l’application stricte de
cette résolution et d’apporter toute assistance nécessaire aux experts
de l’ONU pour le meilleur accomplissement de leur mission.
Le Rassemblement invite le Gouvernement congolais à ne point faire
obstruction au travail des experts des Nations Unies chargés
d’enquêter sur les violations des droits de l’Homme au Kasaï.
Outre les crimes ignobles contre l’humanité  énumérés ci-dessus, les
évasions spectaculaires et en cascade vécues en juin et au cours de ce
mois de juillet y compris, pour la première fois en RDC, dans la ville
de Kinshasa, dans la province du Kongo central et au Nord-Kivu ont
amplifié l’insécurité. Elles ont, en outre, confirmé l’absence de
l’autorité de l’Etat et remis en service des criminels de grand
chemin. A moins que cela ne soit qu’une manœuvre machiavélique que
Joseph Kabila entretient pour justifier à terme l’instauration d’un
état d’urgence dans le pays qui lui permettrait de continuer à bloquer
l’organisation des élections.
En réalité, sous le règne de Joseph Kabila, la RDC s’est transformée
en une jungle où règnent l’anarchie et la loi d’une minorité au
pouvoir qui s’accapare de tout au détriment du plus grand nombre en
toute impunité.

3. Plan économique et social
Sur le plan économique et social, les participants au 2ème Conclave du
Rassemblement des forces politiques et sociales ont déploré ce qui
suit :
i. la crise de légitimité, l’incertitude politique, l’insécurité
physique et juridique, l’incurie de l’administration publique et
l’absence de l’autorité de l’Etat ont occasionné la fuite des
capitaux, un processus de désinvestissement et une chute drastique des
recettes du trésor qui dépassent à peine 1 milliards de dollars au
premier semestre 2017.
Ainsi, la consommation des réserves de change de la Banque Centrale
ne permet plus de couvrir que 2 à 3 semaines d’importations ; la
monnaie nationale, le Franc congolais, s’est fortement dépréciée sur
le marché de change, en particulier par rapport au dollar américain
qui s’échange à ce jour à près de 1700 FC/1$ contre 930FC/1$ l’année
dernière à la même période, soit une dépréciation de plus de 65%.
Selon la prévision du FMI, sans appui budgétaire extérieur conséquent,
en décembre de cette année un dollar américain s’achètera à 2000 FC,
soit une dépréciation de plus de 100% par rapport au taux d’octobre
2016. Le taux de croissance annuel de l’économie nationale qui était
de 7% en décembre 2016 n’atteindra pas 4% à la fin de l’année en
cours, selon les prévisions les plus optimistes. Les prix de denrées
alimentaires et du carburant ont augmenté d’environ 25% par rapport à
leur niveau de janvier dernier. La loi des finances pour l’exercice
2017 promulguée récemment fixe le budget de l’Etat à moins de 5
milliards USD en recettes propres au taux moyen de dollar américain,
déjà dépassé, de 1425.25 FC/ 1$, alors qu’en 2016 ce budget était
d’environ 9 milliards USD, soit une baisse de 50% en quelques mois.
ii. sous l’effet combiné de la contraction des ressources de l’Etat,
de la dépréciation monétaire et de l’inflation, non seulement les
salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat sont devenus plus
insignifiants qu’en janvier 2017 et les arriérés s’accumulent de plus
en plus aussi bien dans le secteur public que parapublic jusqu’à 5
mois, mais aussi le pouvoir d’achat des populations s’est effrité d’au
moins 50% au cours de six derniers mois.
iii. le délabrement des infrastructures de base hydrauliques,
énergétiques, routières, sanitaires et scolaires s’est accentué ;
iv. la tension sociale est perceptible, plus particulièrement dans les
villes où environ 80% des jeunes sont au chômage ;
v. des scandales financiers éclatent dans les médias nationaux et
internationaux mettant en cause Monsieur Kabila, sa famille biologique
et ses proches (Panama papers, fonds CENI à BGFI, contrat passeports
biométriques, gestion des fonds FPI etc….) dans l’indifférence totale
du Parquet général de la République, du Parlement et des organes de
contrôle de gestion des deniers et biens publics;
vi. pendant ces temps, l’oligarchie prédatrice, qui trône à la tête de
nos institutions politiques et administratives et qui gère les
sociétés d’Etat ainsi que les établissements publics en RDC, affiche
avec arrogance son opulence et s’illustrent en toute impunité par des
actes – à l’exemple de la dernière distribution des postes à des
copains et coquins -, qui aggravent davantage la misère des
populations congolaises ;
vii. des millions des dollars américains sont décaissés du trésor
public pour, d’une part, acheter les consciences des certains membres
et dirigeants des grands corps de l’Etat afin qu’ils soutiennent le
pouvoir, et, d’autre part, payer des lobbies étrangers engagés pour
plaider sa cause auprès des décideurs internationaux, en même temps
qu’ils pleurnichent auprès des bailleurs des fonds étrangers pour
obtenir des appuis budgétaires ;
En définitive, l’état de la Nation congolaise dressé par les
participants au 2ème Conclave du Rassemblement des forces politiques
et sociales acquises au changement dénote une double crise de
gouvernance et de légitimité des dirigeants, conséquence logique d’une
gestion calamiteuse et de plus en plus privatisée de la République
Démocratique du Congo par le régime de Joseph Kabila au pouvoir depuis
16 ans.
A l’heure actuelle, cette double crise accentuée par l’obstination
maladive de Joseph Kabila et de sa famille politique élargie de rester
à tout prix au pouvoir risque, si l’on y réagit pas vite et avec
vigueur, de plonger le pays dans une énième guerre civile et de le
faire imploser, ce qui, à coup sûr, fragilisera la cohésion nationale
et compromettra pour longtemps la paix civile, la stabilité des
institutions républicaines ainsi que les chances de développement
socio-économique du pays.
Congolaises et Congolais, l’heure a donc sonné pour nous mettre tous
débout, comme la 50ème assemblée plénière de leur Conférence nous a
exhortés dans sa déclaration du 3 juin dernier, afin de défendre la
République, sa Constitution et l’ordre démocratique gravement menacé
par les satrapes qui gouvernent notre pays.
La situation critique créée, planifiée et entretenue par Joseph Kabila
et ses partisans, exige, pour être résolue, la tenue des élections
libres, pluralistes, inclusives, transparentes et crédibles au plus
tard le 31 décembre 2017.

C. NOUVELLE FEUILLE DE ROUTE DU RASSEMBLMENT
C’est pourquoi et au regard de tout ce qui précède, les participants
au 2ème Conclave ont adopté à l’unanimité les éléments fondamentaux de
la nouvelle feuille de route du Rassemblement ci-après :
1. Les élections justes, transparentes, inclusives, crédibles et
pacifiques doivent se tenir au plus tard le 31 décembre 2017
conformément à l’Accord politique, global et inclusif du Centre
interdiocésain de Kinshasa ;
2. A cet effet, le Rassemblement exige :
i. l’exécution de toutes les mesures de décrispation politique convenues ;
ii. l’audit et la redynamisation de la CENI pour renforcer son
indépendance, sa neutralité, son impartialité et ses capacités ;
iii. la publication, sans tarder, du calendrier électoral tenant
compte de la date butoir du 31 décembre 2017 pour les scrutins
présidentiel, législatifs et provinciaux, étant entendu que Joseph
Kabila ne briguera pas un troisième mandat ;
iv. la publication des résultats des opérations d’enrôlement des
électeurs au plus tard le 31 juillet 2017 par la CENI comme elle s’y
est engagée ;
v. la convocation de l’électorat au plus tard le 30 septembre 2017 ;
3. Le Rassemblement rejette toute idée d’un éventuel troisième
dialogue, véhiculée par Joseph Kabila et sa famille politique ;
4. Considérant que Joseph Kabila a délibérément bloqué le processus
électoral et violé l’Accord de la Saint Sylvestre, le Rassemblement
constate que se faisant :
• il a renoncé à la légitimité que seul cet Accord lui conférait et ne
peut plus se prévaloir de la qualité de Président de la République
• il n’est pas un interlocuteur crédible ;
• il n’est plus possible d’organiser les élections avec lui à la tête du pays.
5.      Le Rassemblement demande à Joseph Kabila de libérer, sans délai, le
processus électoral et la mise en œuvre intégrale de l’Accord du 31
décembre 2016. Dans le cas contraire, le Rassemblement entend
entreprendre, avec le Peuple congolais, sur pied de l’article 64 de la
Constitution et des lois de la République, toutes les actions
nécessaires jusqu’au départ de Joseph Kabila du pouvoir ;
6. Le Rassemblement informe le Peuple congolais que le programme des
actions qu’il a arrêté comporte les étapes suivantes :
i. Dès la clôture du Conclave :
i. appel à la souscription pour l’organisation des obsèques du
Président Etienne Tshisekedi wa Mulumba par une contribution
financière volontaire de chaque Congolais de l’intérieur et de
l’extérieur, d’ici au 31 août 2017, auprès de Monseigneur Gérard
Mulumba. Les modalités pratiques seront communiquées incessamment
ii. lancement de la campagne d’explication, de sensibilisation et de
mobilisation du peuple à travers tout le pays.
iii. visite des centres d’enrôlement
ii. A partir du 1er août 2017 :
i. poursuite de la campagne d’explication, de sensibilisation et de
mobilisation du peuple à travers tout le pays.
ii. appel à observer 2 journées ville-morte les mardi le 8 et mercredi le 9 août
iii. organisation des meetings populaires le dimanche 20 août 2017
dans les chefs-lieux et autres grandes villes des provinces ainsi que
dans les 4 districts de la ville de Kinshasa .
• A partir 1er octobre 2017 : à défaut pour la CENI de convoquer le
corps électoral pour les scrutins électoraux prévus au 31 décembre
2017 au plus tard, les actions suivantes sont prévues et seront
d’application jusqu’au départ de Joseph Kabila du pouvoir et du bureau
de la CENI :
i. appel au peuple congolais de ne plus reconnaître Joseph Kabila
comme Président de la République et à la communauté internationale
d’en faire autant
ii. seating devant les bureaux de la CENI sur toute l’étendue de la
République pour le départ de Corneille Naanga et de tout son Bureau
iii. lancement des actions de désobéissance civile en vertu de
l’article 64 de la Constitution, notamment ne plus s’acquitter de tout
impôt, taxes, redevances publiques, factures de la SNEL, REGIDESO …
7. Subséquemment au départ de Joseph Kabila, la mise en place d’un
dispositif approprié permettant l’organisation des élections dans les
meilleurs délais s’impose.
8. Le Rassemblement lance un appel à toutes les forces vives de la
nation, partis politiques et associations de la société civile non
seulement de se mobiliser pour participer activement aux actions de
libération ci-dessus, mais aussi à prendre, de façon continue, toutes
les initiatives d’actions pacifiques sur l’ensemble du territoire
national en vue de :
i. respect absolu de la Constitution
ii. l’organisation des élections libres, transparentes, inclusives et
crédibles au plus tard le 31 décembre 2017 dans les conditions prévues
par l’Accord de la Saint Sylvestre
iii. faire échec à la restauration de la dictature
iv. l’obtention de l’alternance politique.
Dans cet ordre d’idées, le Rassemblement appuie l’appel aux
manifestations publiques du 31 juillet lancé par la Lucha, les grèves
organisées par le Syndicat National des Médecins et les fonctionnaires
de l’Etat.
9. Le Rassemblement lance un appel aux partenaires extérieurs bi et
multilatéraux, chacun pour ce qui le concerne, pour :
• appuyer la réalisation des conditions et du cadre électoral ci-dessus ;
• consolider le processus électoral par le renforcement du dispositif
de la MONUSCO et le déploiement le plus large possible de ses troupes
à travers le pays, afin de sécuriser aussi bien les opérations
électorales que les candidats aux côtés de la Police nationale ;
• assurer l’implication plus formelle et contraignante des Nations
Unies et de l’OIF dans le suivi du processus électoral selon leurs
propres mécanismes et sur base de leurs expériences respectives
antérieures ;
• débloquer effectivement les fonds promis notamment dans le cadre du
PACEC et l’assistance au renforcement des capacités des observateurs
électoraux des organisations crédibles de la société civile et à leur
déploiement en nombre suffisant à travers le territoire national.
10. Le Rassemblement remercie les partenaires extérieurs de la
République Démocratique du Congo pour leur accompagnement des efforts
des Congolais en vue de construire une véritable démocratie et un Etat
de droit dans  leur pays, gage de la paix civile, de la stabilité et
des progrès durables dont a besoin toute nation pour se développer.
11.     Le Rassemblement les exhorte à poursuivre cet accompagnement et
soutient les sanctions ciblées prononcées par l’Union européenne et
les Etats-Unis d’Amérique contre les barons du pouvoir en place qui
entravent la démocratie et le processus électoral en posant, en
ordonnant et en encourageant des actes attentatoires aux droits de
l’Homme et aux libertés fondamentales ou en tenant des propos et
attitudes poursuivant ce même objectif.

Kinshasa, le 22 juillet 2017
Pour le 2ème conclave du Rassemblement
Le Rapporteur général
François Muamba
Le Président
Félix Tshisekedi