Session extraordinaire à l’Assemblée nationale : les priorités ignorées !

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Alors que ce sont elles qui justifient la convocation de la présente session extraordinaire, les priorités semblent avoir soudainement et à la surprise d’aucuns disparu à la chambre basse du parlement. C’est le constat qu’il convient d’établir en analysant l’attitude des élus, et particulièrement celle du bureau qui vient de totaliser une bonne dizaine de jours sans convoquer des plénières depuis l’ouverture solennelle de ladite session, le 16 décembre 2010.
Et pourtant, les choses devraient se passer autrement et prendre la vitesse de croisière, vu le caractère fugitif du temps. Un simple calcul indique un manque à gagner temporel de quelque onze jours d’inactivité sur les 30 que compte la présente session. Sans oublier les jours fériés officiels, notamment le samedi 1er et le mardi 4 janvier 2011, ainsi que les dimanches. Ce qui donne un peu moins de deux semaines fermes de travail pour les honorables députés
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Une session perdue !

            On ne serait pas taxé d’extrémiste si jamais on tirait une conclusion hâtive sur l’impossibilité de vider les matières inscrites au calendrier de cette session extraordinaire.     On ne voit pas comment ou quel miracle la Représentation nationale pourra opérer pour vider toutes les matières.
            Pour rappel, la session extraordinaire a été convoquée à la demande du gouvernement en vue de lui donner des matériaux nécessaires à la matérialisation des réformes amorcées. Notamment celles relatives à la justice, à l’armée et à la police nationale. Il faut ajouter à cela l’accélération du processus électoral de 2011, par la mise en place du bureau de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) qui doit non seulement remplacer l’actuelle CEI (commission électorale indépendante), mais également pour préparer l’organisation des élections générales l’année prochaine.

            Toujours dans ce chapitre lié à l’organisation des élections, on ne peut oublier le vote de la loi électorale. Tout cela exige un temps approprié. Les honorables donnent l’impression d’oublier cette réalité qui se veut bien une évidence. En dehors de ces matières, l’Assemblée nationale a aussi inscrit d’autres matières restées pendantes et qui n’ont pas pu être vidées à la dernière session.

Or, avec ce retard pris, on voit très mal la chambre basse parvenir au bout de sa mission dans le délai imparti. Aucune loi votée à ce jour, depuis l’ouverture officielle de la session extraordinaire, n’est-ce pas du gâchis pour la République ? Qu’est-ce qui explique ce retard ? Pourquoi le bureau ne convoque-t-il pas de plénières ? Ce sont là quelques questions que l’opinion se pose à lire le comportement de la Représentation nationale qui laisse apparemment penser que la priorité des députés serait ailleurs.

Vers une prolongation de facto ?

            De l’avis des observateurs et analystes qui connaissent les politiciens congolais, à l’allure où vont les choses, on risquera de se retrouver en face d’une évidence. Celle du non respect du délai constitutionnel prévu pour l’organisation des élections en 2011. Ce qui pourra, dans une certaine mesure, provoquer une prolongation automatique du processus électoral, avec toutes les conséquences que cela pourra provoquer. Particulièrement lorsqu’on sera arrivé le 6 décembre 2011 sans que le nouveau chef de l’Etat ne soit élu.
            C’est maintenant qu’il faut jouer pour éviter de replonger dans l’éternelle crise de légitimité dont le pays a souffert jusqu’en 2006.

Dominique Mukenza

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