Sessanga formel : « le Régime spécial est constitutionnel »

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Delly Sessanga. Radio Okapi/ Ph. John BompengoLe débat fait rage autour du « Régime spécial » préconisé par le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement » à l’issue de son Conclave du mardi 04 octobre pour combler le vide institutionnel au sommet de le l’Etat le 20 décembre 2016, date de la fin du deuxième et dernier mandat du Chef de l’Etat, Joseph Kabila.

Plusieurs langues se sont déliées au niveau de la Majorité présidentielle pour qualifier ce « Régime spécial » d’anti-constitutionnel. Profitant d’une matinée politique avec les cadres de son parti, l’Envol, le samedi 8 octobre 2016 dans la salle des conférences de Chanimétal, Delly Sessanga, le rapporteur du Conclave de Limete, a donné sa lecture de ce mode le gouvernement.

Selon le président de l’Envol, le « Régime Spécial » a pour fondement juridique l’article 64 de la Constitution. Il a souligné qu’en vertu de cet article, le peuple constitue le troisième et dernier rempart protecteur de la Constitution, dès lors que les deux premiers, notamment le Président de la République et la Cour Constitutionnelle, se détournent de leurs obligations.

Le président de l’Alternance pour la République a fait remarquer que le Président de la République et la Cour Constitutionnelle, deux institutions censées protéger la Constitution, ont failli dans leur mission.

Par conséquent, face à l’incapacité du Président de la République et de la Cour Constitutionnelle de protéger cette loi fondamentale, le peuple, par le biais de l’article 64, a le devoir de récupérer son pouvoir et d’agir en leur lieu et place.

Cela ne devrait pas se traduire par la violence, comme veulent le
faire croire de méchantes langues, mais par des moyens pacifiques.
Delly Sessanga a toutefois fait savoir que le « Rassemblement des
Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement » reste ouvert au
dialogue pour rétablir, dans un large consensus, la force de la
constitution. Le Rapporteur du Conclave du Rassemblement soutient
qu’il est faux de faire croire à l’opinion que le « Régime spécial »
viole la Constitution.
Au contraire, a-t-il indiqué, le « Régime spécial » est une réponse à
la crise politique qui n’a d’autre solution que l’activation de
l’article 64 de la Constitution.
« Soutenir que le Président de la République reste en fonctions en
supprimant la condition pour rester, qui est celle d’avoir un
Président élu, est un coup d’Etat constitutionnel », a souligné Delly
Sessanga.
Le président de l’AR estime que le « Régime spécial » reste le seul
remède au vide institutionnel auquel la République Démocratique du
Congo risque de faire face après le 20 décembre 2016.
Delly Sessanga a déploré le fait que la République Démocratique du
Congo pourrait se trouver dans une situation atypique, non prévue par
la Constitution, où toutes les institutions seraient hors mandat en
décembre 2016.
Selon cet acteur politique, le Rassemblement a envoyé la balle dans
le camp de la classe politique, qui a la responsabilité morale de
définir le mécanisme requis pour rétablir l’équilibre constitutionnel
et la stabilité des institutions, tel que voulu par l’accord de Sun
City, et consolidé par la Constitution du 18 février 2006.
Eric Wemba