Sessanga fâché contre le Commissaire spécial de Maindombe

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Delly Sessanga. Radio Okapi/ Ph. John BompengoLe congrès de l’Envol, prévu du 29 au 31 janvier 2016 dans la nouvelle province de Maindombe, plus précisément à Inongo, dans le territoire de Nioki, a été recalé par le  Commissaire Spécial de cette nouvelle entité de la République Démocratique du Congo. Le nommé Massamba a justifié sa décision par les préparatifs du dialogue.
« Sur ordre de la hiérarchie, toute réunion à caractère politique dans les lieux publics avant ou pendant le dialogue inclusif, est interdite », soulignait-il dans sa note du 20 janvier 2016.
 Ulcéré par l’interdiction de son congrès qu’il qualifie d’arbitraire, le Bureau politique de l’Envol n’a pas tardé à réagir par la bouche de son président national, le député national Delly Sessanga.
Chauffés à blanc, les militants et cadres de l’Envol venus des quatre coins de Kinshasa se sont donné rendez-vous dans la concession  de la paroisse Sainte Anne, dans la commune de Gombe, où devait se tenir le point de presse de leur leader.
A son arrivée,Delly sessanga était obligé de descendre de sa jeep pour communier avec sa base, qui lui a réservé un accueil délirant. Encadré par ses proches collaborateurs, hauts cadres du parti, notamment Freddy Sukusuku, Blaise Lumpungu, Me Lenga, José Kadima… il a eu de la peine à se frayer un chemin vers l’entrée de la salle des conférences de Sainte Anne.
José Makila et les militants de son parti, ATD, étaient présents pour soutenir leur partenaire de la Dynamique de l’Opposition.
Dans son speech, Delly Sessanga a, condamné sans équivoque le caractère arbitraire, et dénoncé la nature discriminatoire de la décision prise par le commissaire spécial de Maindombe, dans le but de faire échec au Congrès de son parti.
Le président de l’Envol a rappelé que le Congrès est une instance prévue par les statuts  sa formation politique, ayant un caractère légal et licite, et ne porte atteinte nullement à l’ordre public ni aux bonnes mœurs, pour justifier pareille décision.
            L’élu de Luiza a désapprouvé ce qu’il considère comme « le régime confiscatoire des libertés publiques, qui transforme de plus en plus la République Démocratique du Congo en une prison à ciel ouvert ».
Et de poursuivre : « Et, maintenant, avec cette décision, une étape supplémentaire est franchie. Il s’agit de l’abolition insidieuse de la liberté de réunion, qui n’est plus reconnue pour l’opposition, sur toute l’étendue du territoire national », a fulminé Delly Sessanga, avant de faire remarquer que « tous ces agissements des autorités, à différents niveaux, constituent des provocations et des voies de fait, entreprises en violation flagrante de la Constitution et des lois de la République ».
            «Nul ne peut instituer, sous quelque forme que soit, de parti unique sur tout ou partie du territoire. L’institution d’un parti unique constitue une infraction imprescriptible de haute trahison, punie par la loi », a-t-il martelé.
            Pour cet acteur de l’opposition, « se fonder sur le dialogue, qui n’est ni une institution, ni un substitut à la déclaration de l’Etat d’urgence, pour restreindre une liberté fondamentale, de manière aussi absolue par l’interdiction du congrès d’un parti politique régulièrement inscrit constitue, sans conteste, un abus de pouvoir et d’autorité contraire à la démocratie et l’Etat de droit ».
Eu égard à ce qui précède, L’Envol  décide de saisir toutes affaires cessantes la Cour Constitutionnelle en inconstitutionnalité de l’interdiction décrétée par le Commissaire spécial de Maindombe.
Toutefois, ce parti de la Dynamique et membre du Front Citoyen 2016 rassure la population de Maindombe et ses partisans que « cette session du congrès ne leur sera pas volée. Elle sera organisée dans le respect des lois de la République à Nioki ».
Ainsi qu’en ont décidé les instances du parti.
Signalons qu’une quarantaine de militants de l’Envol, interpellés par la police en marge du point de presse de la paroisse Sainte Année, ont été relâchés le même dimanche.
ERIC WEMBA