Serveur central de la CENI : dialogue de sourds entre majorité et opposition

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En effet, à 24 heures du lancement officiel de la campagne électorale, les violons sont très loin de s’accorder entre l’opposition politique et la majorité au pouvoir sur l’audit du fichier électoral. La dernière pomme de discorde en date entre les deux familles politiques concerne les termes de référence. Ce, en dépit du fait que le temps presse et que le peuple souhaite ardemment aller aux élections de manière apaisée. C’est ce spectacle qui a été offert hier, mercredi 26 octobre, aux médias par les deux groupes au sortir du siège de la Commission électorale nationale indépendante sur le boulevard du 30 juin.
Bien que présente, l’opposition est sortie fâchée à cause du mauvais comportement du directeur de cabinet du président de la Ceni qu’elle accuse de leur avoir manqué du respect. Selon le député Lisanga Bonganga qui conduisait cette délégation, le directeur de cabinet a manqué du tact en voulant se ranger derrière les avis de la majorité. Et d’ajouter que ce dernier s’est presque délibérément opposé à l’audit en prenant fait et cause pour la majorité tout en foulant aux pieds l’engagement écrit du bureau de la Ceni, qui bien que n’ayant pas de termes de référence récuse certains préalables établis par l’opposition pour faciliter accès au fichier électoral.

Cependant, malgré ce couac qui rallume davantage la tension, Lisanga Bonganga a déclaré que l’opposition bien que disposée à répondre à une quelconque invitation de la Ceni moyennant les excuses du Dircab incriminé, n’entendait pas désarmer et comptait poursuivre son combat jusqu’à la victoire du peuple congolais à travers Etienne Tshisekedi. Aussi pour l’opposition, l’affaire du serveur étant un travail d’experts, cela n’entraverait en rien le début le déroulement normal de la campagne électorale.

Venu représenter la majorité, Francis Kalombo s’est plaint du fait que l’opposition dans ses termes de référence chercherait à aller au-delà de l’audit. Ce dernier ne comprend pas pourquoi l’opposition s’évertuait à vouloir coûte que coûte être en possession de certains contrats signés par la Ceni, notamment avec ZETES et autres entreprises, alors qu’en cette matière c’est l’Assemblée nationale ou la Cour de comptes qui sont investies de la compétence. Procéder de cette manière a expliqué le député de la Funa, c’est sortir du cadre normal de la discussion. Bref, il faut harmoniser les points de vue.
En outre, pour des raisons de sérénité dans le travail qui doit être fait, la majorité a souhaité que le nombre d’experts soit réduit au strict minimum.

Les candidats à l’école de la démocratie

Par ailleurs, le professeur Jacques Djoli, numéro 2 de la Ceni a ouvert le même jour à l’hôtel Memling de Kinshasa avec le concours de la Monusco un colloque de deux jours à l’intention des onze candidats retenus pour l’élection présidentielle du 28 novembre prochain. Objectif affiché par ce cadre de concertation à la fin de ces travaux dont le maitre mot reste des élections apaisées, faire signer à tous les candidats une déclaration commune d’engagement avant et après la campagne électorale. Cela afin que chaque concurrent accepte de mener une campagne sans violence physique ni verbale ; accès équitable aux médias publics mais surtout l’acceptation des résultats des urnes. S’exprimant à cette occasion, Jacques Djoli a fait savoir à ses interlocuteurs que les élections n’étaient pas une guerre mais une tribune pour faire valoir ses idées pacifiquement et un jeu dont les règles sont imposables à tous.

Parmi les candidats présents à cette manifestation où certains se sont fait représenter, on a noté la présence de Léon Kengo wa Dondo (Ufc), Vital Kamerhe (Unc), Andeka Djamba, Louis Koyagialo (représentant de joseph Kabila), Albert Moleka (Udps, représentant d’Etienne Tshisekedi) et Giala Mobutu (Udemo).
Néanmoins, tout en saluant cette initiative louable de la Ceni, Albert Moleka directeur de cabinet du président de l’Udps, a subordonné la prise de tout engagement de son parti par la libération des 34 militants écroués à la prison centrale de Makala.

A.Vungbo

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