Sept mois après Matata II : le nouveau cabinet des Finances enfin en place

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matataAprès que des rumeurs circulaient dans tous les sens pendant le dernier week-end, des sources qui se veulent crédibles ont finalement confirmé hier mardi 4 août 2015, la publication du nouveau cabinet du ministre des Finances, Henri Yav Muland. Cela fait sept mois calendrier, depuis la mise en place de la seconde équipe ministérielle conduite par le Premier ministre Matata Ponyo.

C’est la première fois, dans les annales de ce ministère et même du gouvernement, qu’un ministre entrant se signale par un délai d’observation aussi long du cabinet sortant. Car, selon les mœurs politiques de chez nous, les cabinets politiques des ministres remaniés tombent dans le mois qui suit leur départ, quand ce n’est pas dans la semaine. Il arrive même que des proches d’un ministre nouvellement nommé chassent les collaborateurs du partant et s’installent dans leurs bureaux avant la mise en place officielle du nouveau cabinet, mettant leur mentor devant le fait accompli et dans l’embarras des arbitrages des postes.
L’on croit savoir que le successeur de Patrice Kitebi aux Finances s’est voulu fidèle au message qu’il avait lancé, il y a sept, mais lors de la remise-reprise avec son prédécesseur, à savoir qu’il n’y avait pas de raison de tout chambarder dans la précipitation. Car, son mandat devait s’inscrire dans la continuité du programme du gouvernement, conduit par le Premier ministre Matata, maintenu à son poste, et exécuté sous le leadership du Président de la République, Joseph Kabila. Par conséquent, sa mission première devait consister à consolider les acquis économiques réalisés avant son entrée en fonction.
Et, le meilleur moyen d’accompagner le train des réformes économiques et financières initiées par le chef du gouvernement, était d’éviter la moindre cassure. D’où la nécessité de garder l’équipe laissée par Kitebi et d’accomplir, avec elle, un parcours suffisamment long pour maîtriser les dossiers techniques, avant d’apporter des innovations là où les circonstances les exigent.
Ainsi donc, à l’avènement du nouveau cabinet à piloter par Yav Muland, l’on peut constater qu’il a fait confiance à l’ancien cabinet au-delà du timing « normal » et qu’il a pris le temps de connaître les hommes et les rouages de son ministère. L’on est même étonné de le voir s’attacher les services de deux membres du cabinet sortant, là où tout le monde s’attendait à un renouvellement intégral des effectifs.
         S’il s’agit là d’un changement des mentalités chez les hommes politiques congolais : tant mieux. Car, les cabinets ministériels devraient cesser de fonctionner comme des maisons de placement pour femmes, enfants, frères, sœurs, oncles, tantes, cousins, cousines, copains et copines sans emploi des ministres nouvellement nommés, bien souvent au préjudice de la compétence, de l’expérience et de la probité morale. En règle générale, de mauvais mandats sont exécutés là où les ministres partent de zéro, après avoir « chassé », comme des chiens galeux, les collaborateurs de leurs prédécesseurs.      
 
                            Kimp