Sensibilisation à la justice électorale : mauvais temps pour un cadre de la CENI à la paroisse St Léopold

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Ceni_1Le go a été donné depuis dimanche dans les paroisses de Kinshasa où la Sycovis(Synergie des ongs congolaises contre les violences sexuelles) entend sensibiliser les catholiques à la justice électorale. A la paroisse Saint Léopold de Kinshasa Ngaliema, le staff de l’Ong était en place devant de centaines de fidèles et autres anonymes réunis dans le cadre d’une journée de sensibilisation à la justice électorale. Elle a recouru aux experts pour expliquer la place de la justice pendant les élections.

 Premier à prendre la parole, Eloi Urwodhi, coordonnateur adjoint de la Synergie, a circonscrit le cadre et expliqué l’objectif de la rencontre, définie comme un cadre devant aider les Congolais à saisir la portée de la justice dans le règlement d’éventuels conflits électoraux. Il s’agit, concrètement selon Urwodhi, de chasser l’ignorance que pouvaient avoir certains citoyens à ne pas se référer à l’arbitrage des cours et tribunaux en cas de contestation électorale.

L’abbé Georges, Curé de la paroisse hôte a, dans son mot de bienvenue, loué l’initiative des organisateurs et la portée du thème qui trouve, à ses yeux, un encrage dans l’opinion tenue à connaître le processus électoral, dont l’issue est souvent boudée par certains par manque d’adhésion. Globalement, le berger a souligné que des échanges naîtront des idées novatrices pour faire avancer la connaissance des questions souvent ignorées et contribuer ainsi à cimenter la démocratie.

            Mme Keta, membre de la plénière de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), s’est expliquée sur la « prévention et gestion des crises électorales ». Il a été donné d’apprendre que la loi sur la Ceni en prévoit des mécanismes de saisine. Elle a mis l’accent sur la sensibilisation, comme l’un des mécanismes de prévention, jugée indispensable pour toucher la population dans l’optique de prévenir tout conflit qu’on peut bien éviter.

            Corneille Naanga, secrétaire exécutif national adjoint de la Ceni, a été invité à parler du « calendrier électoral 2013-2016, fiabilisation du fichier électoral et stabilisation de la cartographie opérationnelle ».  L’orateur, quelques fois pris à partie par l’assistance, a tenté de rassurer l’auditoire que le calendrier rendu public par la Ceni reflète bien certaines réalités, justifiées par la non tenue des élections locales et constitutives des arriérés législatifs. « Comme vous le savez, les élections locales sont des scrutins indispensables pour la démocratie parce que c’est la base qui s’exprime», a  déclare l’orateur, contredit en cœur par l’auditoire qui a estimé que c’est bien le contraire qui a été fait en 2011 mais aussi en 2006. Au sujet de la fiabilisation du fichier électoral, il a souligné que tout tient du recensement administratif, préalable à l’organisation des élections. Pourquoi n’avoir pas pu prévoir, dans le calendrier, l’élection du président de la République programmée en 2016 dans une option globale des scrutins ? A cette question de l’auditoire Naanga a précisé que l’élection du président de la République ne fait pas partie des arriérés législatifs mais fait partie d’un autre cycle électoral.

            Enfin, le troisième intervenant s’est annoncé avec un sujet portant sur la « saisine de la Cour pénale internationale et problématique des conflits post-électoraux en Afrique : cas du Kenya et de la Côte d’Ivoire ». Me Joseph Keta a, d’entrée de jeu, précisé que les conflits sont souvent postérieurs aux scrutins, bien qu’ils en découlent. Et la CPI, compétente pour les crimes internationaux précis, ne peut poursuivre que si les crimes supposés avoir été commis sont de sa compétence. L’avocat a expliqué les différents modes de saisine de la CPI et précisé que la Côté d’Ivoire, pays non partie au Statut de Rome, a reconnu la compétence de la CPI à travers une requête. Mais d’autres types de saisine sont notamment qu’un pays partie peut déférer sa situation devant la Cour tout comme le Conseil de sécurité peut, sur la base d’une résolution, saisir la Cour. De sa propre initiative, le procureur peut enquêter après l’autorisation de la chambre préliminaire.

            Dans les débats, les participants ont montré l’importance qu’ils attachaient aux échanges, décidés à tenir à l’œil, l’institution électorale accusée, à tort ou à raison, de jouer pour des candidats connus d’avance.

                                                                                                                                             Tshieke Bukasa

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