Sénat : l’adoption des enfants congolais suscite un débat houleux

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senat-congo-kinshasa-rdc (1)Après la suspension décrétée par le gouvernement en attendant  la mise en place d’un cadre légal, la question de l’adoption internationale des enfants congolais revient à la charge. C’était à l’occasion de la présentation, hier lundi 4 avril devant les sénateurs réunis en plénière, de l’économie du projet de loi portant protection de l’enfant par le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab.

«La problématique des adoptions nationales avait placé notre pays au banc des accusés depuis septembre 2013 au motif qu’une décision gouvernementale sur la matière dont question était en rupture avec les décisions judiciaires. Faillait-il appliquer aveuglement les décisions judiciaires entachées de beaucoup d’irrégularité au risque de discréditer les fondements même de toute société ? Faillait-il également laisser perdurer le procès d’intention amplifié par la rumeur assassine jusqu’à rendre aphones les voix autorisées ?

La solution de sagesse commandait de nous tourner vers la loi, la décortiquer et combler ses lacunes qui posaient avec acuité le problème des adoptions internationales pour mieux protéger l’enfant candidat à l’adoption internationale », a-t-il martelé.

C’est en ces termes que le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur a tenté de justifier le bien-fondé de la démarche gouvernementale visant à doter le pays d’un instrument juridico-légal en matière d’adoptions internationales.

Avant de se livrer au bilan des enfants congolais adoptés jusqu’ici par les parents de différentes nationalités dont les plus en vue sont : les Etats-Unis, l’Italie, la France. L’adoption a commencé en 2009 avec ces pays, avant que le gouvernement ne la suspende en 2013 par manque de texte légal adapté en la matière, en vue de solliciter du parlement le vote d’une loi appropriée à l’adoption internationale.

Après cette démonstration, l’orateur a conclu à la nécessité de voter la loi qui serait conforme aux réalités actuelles en matière d’adoption internationale.

Pourquoi le ministère de l’Intérieur ?

Dans le débat général ouvert après la présentation de la loi par le ministre, plusieurs intervenants se sont succédé à la tribune pour exprimer des préoccupations en rapport avec la question.

Le premier a commencé par s’interroger comment c’est le ministre de l’Intérieur qui vient présenter la loi d’adoption des enfants, alors que la matière relève de la compétence de son collègue de la Justice. Même en cas d’empêchement, le ministre de la Justice devrait être remplacé soit par sa collègue des Affaires sociales, soit par celle en charge de la Femme, Famille et Enfant. Donc, il ne voyait aucun lien pour que le ministre de l’Intérieur puisse s’ingérer dans le dossier lié à l’adoption.

Un autre sénateur a voulu savoir si le gouvernement avait mis en place un mécanisme de suivi pour savoir dans quelles conditions les enfants congolais adoptés vivent. Cela pour éviter que le sang congolais ne soit transformé en esclave ou encore puisse servir de cobaye d’expérimentation scientifique.

Dans la même logique, un autre intervenant a voulu savoir la position du gouvernement vis-à-vis des pays qui pratiquent le fameux mariage pour tous. Sa crainte est de voir les enfants congolais être adoptés par des couples homosexuels comme cela est en vogue dans les pays occidentaux.

Vu la complexité de la matière et des questions soulevées, le vice-premier ministre a sollicité et obtenu un délai de 48 heures pour mieux préparer ses réponses.
Dom