Selon Samy Badibanga de l’UDPS et Alliés : la mission de Köbler est conforme à la Résolution 2098

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Samy-Badibanga_0_0La sortie médiatique du Chef de l’Etat, samedi dernier, devant les ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques, continuent d’être commentées abondamment au sein de la classe politique congolaise. Comme de tradition, la Majorité présidentielle souscrit totalement à la position de Joseph Kabila, qui pense que la RDC ne doit être sous tutelle d’aucun autre pays ou institution internationale. Elle est d’avis que les diplomates en poste à Kinshasa devraient s’en tenir en leur devoir de réserve, en s’interdisant de s’immiscer dans les affaires internes de notre pays.

Quant à l’opposition, elle assimile l’initiative du Chef de l’Etat à une volonté manifeste de caporaliser les représentants des chancelleries occidentales et organismes internationaux, en les empêchant de prendre langue avec des filles et fils de la RDC qui réfléchissent autrement que ceux au pouvoir. C’est dans ce cadre que Samy Badibanga, président du groupe parlementaire « UDPS et Alliés », s’est invité au débat, en donnant sa lecture des propos de Kabila dans les lignes qui suivent.

 Cela aura été la saga de l’année. Le samedi 31 mai 2014, le chef de l’Etat a convié à une audience tout le corps diplomatique accrédité en RDC- qu’il n’a pas rencontré depuis plus de trois ans, même pas pour des cérémonies de vœux comme cela est de tradition chaque année dans tous les pays du monde. Mais le plus important dans l’affaire, c’est le mobile à la base de la réunion. Joseph Kabila, droit dans ses bottes, a sorti l’artillerie lourde pour sermonner vertement des diplomates ahuris par virulence du discours. Passé la surprise, l’opposition donne à son tour de la voix pour réagir aux propos du chef de l’Etat. Président du groupe parlementaire UDPS et Alliés, le principal groupe d’opposition à l’Assemblée nationale, Samy Badibanga Ntita s’est confié à la presse à la sortie de la plénière d’hier lundi.

Pour tout dire, le clou de la sortie de Joseph Kabila devant les ambassadeurs le samedi dernier a été incontestablement cette attaque en règle contre ce qu’il a qualifié d’ingérence dans les affaires intérieures congolaises. Faisant allusion aux rumeurs sur de nouvelles concertations entre des formations politiques et la CENI dans une chancellerie, le président de la République a «dénoncé les initiatives de certains de nos partenaires extérieurs qui donnent l’impression de vouloir créer anarchiquement des structures parallèles aux institutions légitimes en place en RDC pour gérer des questions relevant constitutionnellement de ces dernières. Pareilles initiatives seraient, selon le chef de l’Etat, nulles et de nul effet car ne répondant à aucune sollicitation des institutions étatiques de la RDC qui n’est pas un pays sous tutelle».

Piqué au vif

Envolées cocardières sur un ton particulièrement souverainiste, franchement, Kabila a dû être piqué au vif pour réagir de la sorte. Mais qu’est ce qui est à la base de cette royale colère ? Rien moins qu’une série de rencontres organisées à la MONUSCO par Martin Kobler, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC, avec des représentants des partis politiques de la majorité et de l’opposition, de la CENI et de la Société civile en vue de créer un climat politique apaisé à la veille des prochains scrutins.

A l’opposition, on dit sa stupéfaction de voir Kabila réagir ainsi. Président du groupe parlementaire UDPS et Alliés, Samy Badibanga estime même qu’il faut encourager M. Kobler dans sa démarche. «Nous remercions le Représentant spécial du SG de l’Onu en RDC, M. Martin Kobler, pour l’initiative qu’il a prise de réunir les opérateurs politiques, des dirigeants de la CENI ainsi que des activistes de la Société civile afin d’échanger sur la situation du pays», nous a-t-il confié d’entrée de jeu. Avant d’insister : «Je tiens à le dire haut et fort : en prenant cette initiative, M. Kobler assume pleinement sa fonction en toute responsabilité. En effet, l’article 14 alinéa b de la résolution 2098 du Conseil de sécurité du 28 mars 2013 lui donne la mission de bons offices pour promouvoir un dialogue politique transparent et sans exclusive entre toutes les parties prenantes congolaises en vue de favoriser la réconciliation et la démocratisation et encourager l’organisation d’élections provinciales et locales crédibles et transparentes. Or, cette mission n’a pas encore été accomplie». A la question de savoir si cette partie de la Résolution 2098 ne s’est pas réalisée avec l’organisation des Concertations nationales, Samy Badibanga a répondu par la négative. «Il est ici question d’un Dialogue politique sans exclusive avec toutes les parties prenantes congolaises. Les fameuses Concertations n’ont réuni qu’une seule famille politique, avec juste quelques forces politiques instables et sans réelle consistance. En plus, ce Dialogue politique recommandé doit être initié par le chef de la MONUSCO. Ce qui n’a pas été le cas des Concertations», tranche-t-il.

Hypocrisie manifeste

En fin de compte, le chef de l’opposition parlementaire congolaise estime qu’on ne devrait pas évoquer dans ce cas le cadre de souveraineté. «Ce serait faire de l’hypocrisie manifeste, car n’oublions pas que c’est la même résolution qui a créé la Brigade d’intervention qui a permis de vaincre la rébellion du M23. Donc, la communauté internationale intervient déjà dans nos affaires de souveraineté que sont la défense et la sécurité. On ne peut pas applaudir la même résolution 2098 quand elle vous arrange, et la rejeter lorsqu’elle institue un dialogue politique. En outre, on ne peut pas oublier que la communauté internationale nous apporte une aide technique et financière substantielle dans l’organisation des élections. J’encourage donc M. Martin Kobler et les diplomates amis à continuer leurs missions de bons offices pour permettre le consensus entre les divers protagonistes congolais», a ajouté M. Badibanga. En outre, s’inspirant de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, le leader de l’UDPS et Alliés indique que, même en RDC «tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de réunion et d’associations pacifiques. Ceci implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit».

Abordant la question relative au recensement admnistratif dont le président Kabila fait un préalable pour la tenue des élections législatives et présidentielles, Samy Badibanga fait remarquer que c’est inscrit nulle part dans la loi et d’ajouter que la loi parle des données démographiques actualisées.

            Il a souligné que les données démographiques peuvent s’obstenir soit par le recensement administratif, soit par la consolidation des rapports selon les entités de base.

            Le président du groupe parlementaire UDPS et Alliés a rappelé que le Premier Ministre Matata Ponyo avait signé un décret fixant le nombre des villes et des communes par la consolidation des rapports selon les entités de base.  «Si on veut le recensement administratif comme un préalable pour organiser les élections législatives et présidentielles, on doit annuler ce décret du chef du gouvernement», a-t-il martelé.

Matungulu (CP)

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