Selon Lambert Mende : le M23 laisse 120 morts sur le terrain

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Lambert-MendeMesdames et Messieurs, le point de presse de ce jour s’articulera essentiellement autour de la dernière évolution de la situation à l’Est. Par la suite je dirai deux ou trois petites choses sur les concertations nationales attendues pour très bientôt.

Comme chacun le sait, les rebelles du M23 soutenus par des troupes régulières rwandaises ont attaqué les positions des FARDC à Mutaho et Rusayo, des localités situées à 12 km au nord-ouest de Goma. Cela s’est passé hier dimanche 14 juillet 2013 en début d’après-midi.

Le bilan de ces affrontements n’est pas encore définitif, mais jusque-là, les FARDC ont répondu avec bravoure et efficacité à cette agression de plus contre notre territoire en infligeant de très lourdes pertes aux assaillants. Quelques 120 éléments des forces négatives assaillantes ont été tués lors des combats et une douzaine d’entre  eux ont été capturés par les forces loyalistes. Des forces loyalistes qui ont également reconquis quelques positions de l’ennemi qui a fui vers Kilimanyoka à proximité de Kibati.

            Cette évolution dramatique ne nous a pas surpris outre mesure. Depuis plusieurs semaines les rebelles du M23 et leurs alliés rwandais renforçaient leurs positions autour de Kibati non loin de Mutaho, entraînant de nouveaux déplacements de populations qui craignaient précisément l’escalade qui s’est produite hier dimanche. Aussi bien les services du Gouvernement, la société civile du Nord-Kivu que la Monusco avaient confirmé ces bruits de bottes.  Il n’y a donc aucun doute possible sur l’initiative de la reprise des affrontements dans cette partie du territoire national. Ce sont bien les forces négatives du M23 et leurs sponsors dans la région qui ont relancé les hostilités en tirant à l’arme lourde sur les FARDC, tuant une dizaine d’éléments de nos troupes. La Monusco l’a du reste confirmé.

            Cette nouvelle explosion de violence était prévisible également pour quiconque suit la trajectoire sinueuse des positions du Rwanda sur la crise des Grands Lacs. En effet, le gouvernement rwandais, passant outre ses propres engagements dans l’Accord Cadre d’Addis Abeba de février dernier vient de décider d’accorder l’asile politique à tous les éléments des forces négatives du M23 qui s’étaient retranchés sur son territoire lors d’affrontements qui les avaient opposés à une autre faction au mois d’avril dernier. Tous ces éléments bénéficient donc de l’asile au Rwanda alors qu’à l’instar des autres Etats signataires de l’Accord Cadre, Kigali s’était engagé à ne pas recevoir sur son territoire des individus auteurs de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité ou sous sanction des Nations Unies, ce qui est le cas des sieurs Runiga ou Ngaruye notamment qui font partie du lot des bénéficiaires de l’asile accordé par le Rwanda.

Ce n’est pas tout. Certains parmi vous l’ont déjà appris. Alors que la composition des troupes de la brigade d’intervention de l’ONU en cours de déploiement au Nord Kivu était connue depuis février dernier à Addis-Abeba, le Rwanda s’est lancé depuis le 9 juillet courant dans un exercice de remise en cause de ce volet de l’Accord Cadre et de la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité, sous le fallacieux prétexte que certaines troupes de la brigade de même que celles des FARDC lui seraient hostiles et entretiendraient des relations de collaboration avec les forces négatives des FDLR.

            Le gouvernement rwandais par le biais de son ambassadeur aux Nations Unies a adressé le 9 juillet une lettre au Conseil de Sécurité accusant sans le moindre début de preuve la Brigade internationale et la RDC de soutenir voire d’armer les FDLR. Il est affirmé avec un incroyable aplomb que des officiers supérieurs de la Brigade et leurs homologues auraient tenu des réunions de coordination avec les FDLR pour déstabiliser le régime en place à Kigali. Il prétend ensuite que des officiers FDLR auraient été intégrés au sein des unités commandos des FARDC. En fait il n’y a rien de neuf dans ces accusations  gratuites. On se trouve en face des stéréotypes habituels de la propagande de nos voisins lorsqu’ils tentent de justifier l’injustifiable après l’épuisement de l’argument identitaire. Les fameuses preuves de l’implication des FARDC dans une quelconque coopération avec les FDLR que Kigali détiendrait seul sans les divulguer ne sont donc pas avérées. Il s’agit d’une pure désinformation pour préparer les esprits à l’agression en cours au Nord-Kivu.

Dans la même province, les rebelles ougandais de l’ADF/Nalu associés aux combattants Shebbab ont multiplié les exactions sur les populations civiles dans la région de Beni. Jeudi 11 juillet 2013, ces rebelles ont temporairement occupé la localité de Kamango avant de la quitter en promettant de revenir. Non sans avoir pillé, notamment, l’hôpital de Kamango, les pharmacies, les sièges d’Ongs internationales de la localité, et toutes les taxi-moto. Plusieurs personnes ont également été enlevées avant d’être relaxées, sauf le chef de localité, que ces bandits ont tué. Vendredi après-midi, ils ont été délogés de la localité par les Fardc et ont pris la direction du parc des Virunga. Ils ont ressurgi un peu plus loin, dans la localité de Kikingi en secteur de Rwenzori, qu’ils ont pillé avant d’en être délogés par les troupes loyalistes qui poursuivent leur progression dans ce secteur.

            Dimanche 14 juillet dans l’avant-midi, ils se sont permis de s’en prendre à une patrouille des casques bleus de la Monusco qu’ils ont attaquée sur l’axe Mbau – Kamango. Ces nouvelles agressions qui attestent pour ceux des nôtres qui ne semblent pas y prêter foi, une menace majeure contre la sécurité et l’intégrité de la RDC donnent du sens à l’initiative du Président JKK de créer un cadre de dialogue avec les Concertations Nationales.

            Les nuances émises par l’opposition relèvent de l’exercice normal de la valeur liberté. Le Présidium mis en place par le Chef de l’Etat va y répondre incessamment mais nous devons tous avoir à l’esprit que rien ne doit à cet égard aboutir à entraver le respect de la Constitution et l’exercice par les institutions constitutionnelles de leurs responsabilités.-

Lambert MENDE OMALANGA

Ministre des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté

Porte-parole du Gouvernement

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