Sécurité sociale en Afrique Centrale : les Etats interpellés

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La ville de Kinshasa a abrité, du 22 au 23 janvier 2017, les travaux
du deuxième séminaire  technique trienium 2017-2019, organisé par le
bureau de liaison de l’Association Internationale de la Sécurité
Sociale pour l’Afrique Centrale (BLAISAC), en collaboration avec
l’Institut National de Sécurité Sociale (INSS), dont le comité de
gestion est dirigé par Agnès Mwad Katang.
Organisé à l’intention des membres des caisses nationales de
sécurité sociales des pays d’Afrique Centrale, à savoir le Gabon, le
Cameroun, la République Centrafricaine et la RDC, ce séminaire était
axé sur « la problématique de l’investissement des fonds de la
sécurité sociale ».  La cérémonie de clôture était présidée par le
ministre d’Etat en charge du Travail et Prévoyance Sociale, Lambert
Matuku Memas dans la soirée du mardi 23 , à Kempisky Fleuve Congo
Hôtel.

Neuf recommandations principales sont sorties de cette rencontre, à
savoir approfondir la réflexion sur la diversification des placements
des fonds de la sécurité sociale ; sensibiliser les pouvoirs publics
sur la nécessité d’une plus grande flexibilité de la loi en matière
d’investissements des fonds de la sécurité sociale ; conscientiser les
pouvoirs publics afin de limiter les interférences dans les décisions
des organismes de sécurité sociale ; favoriser la mise en place des
comités de placement dans les organismes de sécurité sociale des Etats
membres du BLAISAC ; tenir compte des lignes directrices lors de la
prise des décisions d’investissement et élaborer un plan de gestion
des risques en vue du suivi et de l’évaluation des investissements ;
autonomiser les conseils d’administration en matière des décisions
d’investissement et les doter d’un Dashboard pour le suivi des
investissements ; faire correspondre les investissements à la nature
des ressources investies et les faire précéder d’études de faisabilité
; tenir compte des délais de récupérations dans les investissements ;
et enfin assurer le renforcement des capacités du personnel chargé des
investissements.
Pour une meilleure compréhension des objectifs assignés à leur
travaux, les participants étaient conviés à suivre les communications
du professeur Jean Mpiana, spécialiste en droit de sécurité sociale de
l’Université de Kinshasa et de Jean-Pierre Lueteta, expert en gestion
des projets.
En outre, ils se sont livrés au partage des expériences sur la
question spécifique de la sécurité sociale dans leurs pays respectifs.
A cet effet, trois exposés étaient faits au sujet des caisses
nationales de sécurité sociale de la RCA et du Gabon ainsi que de
l’INSS pour le compte de la RDC.

La RDC déterminée à mettre en œuvre les recommandations

Après la lecture du rapport final, le ministre d’Etat en charge du
Travail et de la Prévoyance Sociale a, au nom du gouvernement, s’est
dit satisfait des recommandations issues des travaux, soulignant à
l’occasion que ces dernières permettront aux travailleurs de garantir
leur vieillesse.
De son côté, Agnès Mwad Katang, directeur général de l’INSS a, dans
son adresse, invité ses homologues venus d’ailleurs ainsi que les
gestionnaires des caisses nationales de sécurité sociale de la
République Démocratique du Congo à multiplier les efforts pour gagner
le pari de la sécurisation de l’avenir des personnes du troisième âge.
«Quel que soit l’environnement dans lequel évolue un organisme de
sécurité sociale, la constitution des réserves est fonction d’une
vision managériale caractérisée par une discipline rigoureuse et une
rationalité dans la gestion des ressources disponibles », a-t-elle
souligné.
Le n°1 de l’INSS a indiqué qu’il est évident d’admettre ce principe
d’investissement socialement responsable. Mais, il y a lieu d’y
associer la dimension économiquement rentable pour que
l’investissement ne conduise pas à une perte financière susceptible de
rompre l’équilibre du régime et mettre ainsi en péril les intérêts des
assurés et prestations sociales. C’est pourquoi, elle a fait savoir
qu’il était nécessaire d’adopter une organisation financière
convenable à travers des politiques et principes de base pour
l’investissement de réserve de la sécurité sociale.
Il sied de noter que ce séminaire a connu la participation
des délégués de la MUPEMNET de la Côte D’Ivoire ainsi que de la
Mutuelle de Santé des Enseignants du Congo (MESP Asbl), de la Caisse
Nationale de la Sécurité Sociale des Agents Publics de l’Etat
(CNSSAP), de la Caisse de Retraite de la Banque Centrale du Congo et
du Secrétariat Général à la Prévoyance sociale.

Dorcas NSOMUE