Sécurité, social, infrastructures, finances publiques : Matata devant une équation à plusieurs inconnues !

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matataLe Premier ministre est attendu ce matin à l’Assemblée nationale pour défendre le projet de la loi des finances 2014 selon le programme annoncé par Aubin Minaku le lundi 6 janvier à l’ouverture de cette session extraordinaire.

A la base de la convocation de la présente session extraordinaire parce que n’ayant pas été adopté au parlement  et promulgué dans le délai prévu par la Constitution, le projet du budget de l’Etat 2014 sera défendu dans un contexte de bouleversement total de ses paramètres initiaux.

Augustin Matata Ponyo se trouve ainsi dans l’obligation de revoir ses calculs de départ, notamment le dispatching de différentes rubriques de dépenses en vue de privilégier des priorités ou renforcer celles qui étaient  déjà retenues en tenant compte de la nouvelle donne.

Il est tout à fait logique que la sécurité reste la priorité des priorités, puisque il faudra poursuivre la traque de tous les groupes armés qui écument le Nord, l’Est et le Sud du pays, après la défaite militaire du M23.

Cela se justifie autant plus que certaines milices, à l’instar des Bakata-Katanga, ADF-NALU, LRA ainsi que la nébuleuse Maï Maï font preuve de peau dure.

On rappelle, à ce sujet, que le chef de l’Etat a reconnu l’importance de cette question sécuritaire en la qualifiant de priorité des priorités pour le pays, dans son discours de fin de l’année à la Nation.

Mais aussi les autres aspects de la vie

Même si la question sécuritaire fait l’unanimité comme priorité vu son impact sur la marche de la République, le chef du gouvernement n’ignore pas que la République ne doit pas s’arrêter. C’est-à-dire que les aspects sécuritaires ne doivent pas prendre en otage le reste des besoins vitaux de la population.

            Le social avec à l’affiche l’effritement continu du pouvoir d’achat des Congolais, l’amélioration des salaires et des conditions de travail des employés de l’Etat, la réhabilitation des infrastructures de base (hospitalières, scolaires et universitaires, routières, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires, etc.) en état de délabrement avancé depuis des décennies…ne constituent pas moins de priorités.

Face à ce cahier de charges, le Premier ministre devra faire preuve de beaucoup de tact et d’imagination pour essayer de donner satisfaction à chacun de ces secteurs vitaux de la Nation, en comptant sur les moyens propres de l’Etat.

Un débat responsable et intelligent, messieurs les Députés

On sait que la Nation Congo traverse depuis bientôt deux décennies une période de grandes tribulations marquée par une crise multiforme qui n’épargne aucun secteur de la vie, la responsabilité d’en sortir incombe donc à ses dirigeants. C’est-à-dire chaque institution devra jouer pleinement son rôle en assumant correctement ses responsabilités constitutionnelles.

Voilà pourquoi les Congolais auront le regard tourné, ce mercredi 8 janvier, en direction du Palais du peuple pour non seulement suivre le débat en plénière de la chambre basse sur le budget 2014, mais également et surtout voir comment la représentation nationale pourra s’y prendre. Car, la bonne répartition des recettes et des dépenses de l’Etat dépendra de la manière dont l’autorité budgétaire aura orienté les choses pendant ce débat. Le Premier ministre devra donc suivre l’exemple d’un père qui a plusieurs enfants à nourrir.

            De la même manière qu’un chef de famille ne peut pas demander au plus jeune de sacrifier son édition d’examen d’Etat pour privilégier son aîné qui s’apprête à défendre son mémoire, le chef du gouvernement doit aussi savoir bien dispatcher les moyens entre les différentes priorités.

            Car comme on peut le constater, la victoire sur les milices devrait avoir une incidence positive sur l’amélioration de l’assiette financière.

A titre d’exemple, on rappelle que la République perdait chaque mois 600.000 dollars américains au seul poste douanier de Bunagana pendant son occupation par les rebelles du M23. Après sa libération,  ces recettes doivent prendre automatiquement la direction du Trésor public. Les cas font légion, parce que Bunagana n’est pas l’unique source de revenus libérée.

Les députés sont donc appelés à mener un débat responsable et convainquant, plutôt que de se cantonner comme d’habitude sur leurs propres intérêts, au détriment des aspirations populaires.

Dom

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