Sécurisation des élections : la Police congolaise sans moyens

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« Imaginez un seul instant des bureaux de vote sécurisés par des policiers munis d’armes à feu ? Ou encore les mêmes agents équipés d’armes létales se confronter à la population manifestant contre les résultats des urnes? » Ces préoccupations ainsi que tant d’autres allant dans le même sens sont soulevées, sous le sceau de l’anonymat, depuis quelques temps par quelques responsables chargés de la sécurisation effective des élections du 28 novembre prochain. 

En effet, au cours d’un récent entretien avec Le Phare, ceux-ci ont affirmé que jusqu’à ce jour les équipements et matériels prévus pour les éléments de la Police nationale congolaise (PNC) sont toujours bloqués en Afrique du Sud et en Allemagne. Il s’agit particulièrement des armes non létales ou incapacitantes conçues pour que la cible ne soit pas tuée ou blessée lourdement. Ce type d’arme est principalement utilisé pour le maintien de l’ordre dans la dispersion d’émeutes et l’autodéfense. Dans le lot, on retrouve des balles en caoutchouc, des lanceurs d’eau, etc. A cela, il faut aussi ajouter des  casques de protection, des tenues appropriées avec jambières, des boucliers…

Alors que les élections sont fiévreusement attendues dans 3 mois, ces équipements anti-émeute sont quasi-invisibles dans les magasins de la police de la capitale. Et pourtant, des sources concordantes  appuient que le financement de ces besoins était déjà planifié en deux phases. D’abord pour la révision du fichier électoral, de septembre à décembre 2010 avec un montant de plus de 6 millions USD ; ensuite plus de 17 millions USD pour les élections générales et locales. Au total, plus de 23 millions USD étaient déjà budgétisés pour couvrir la sécurisation du processus électoral. Il y a lieu de signaler que certains besoins de sécurité liés directement au fonctionnement de la CENI sont financés par le (PACE).

Malheureusement, depuis fin décembre 2010 aucun décaissement n’aurait été exécuté en faveur de la sécurisation des élections. Des sources dignes de foi indiquent que fin janvier de cette année un montant de près de 900.000 USD a été décaissé par la CEI pour réactiver les structures d’encadrement de la sécurisation des élections ; au paiement du perdiem des policiers engagés à la sécurisation de la révision du fichier électoral au Bas-Congo et au Maniema ; à l’achat, leur déploiement et l’installation de 14 VSAT et de 11 groupes électrogènes de 60 KVA à Kinshasa et aux Inspections provinciales à l’arrière-pays.

Depuis lors, plus rien n’a été décaissé en faveur de la sécurisation de la révision du fichier électoral, alors que plus de 5.000 USD doivent encore être débloqués pour poursuivre la sécurisation du fichier électoral et préparer les opérations de sécurisation des élections générales. Pendant ce temps, avons-nous appris, des fournisseurs des équipements policiers ont été contactés en Afrique du Sud et en Allemagne pour l’achat des matériels budgétisés et attendent le paiement d’acomptes pour les expédier en RDC.
Somme toute, les responsables de la police attendent de la CENI des actes susceptibles de faciliter le travail de maintien de l’ordre à leurs éléments dans les jours à venir.

Tshieke Bukasa

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