SCTP : plus de 10 millions USD pour la fiabilisation de la voie ferrée

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arton3819Après le port fluvial de Boma où le Directeur général de la SCTP (Société Commerciale des Transports et des Ports) a lancé fin août dernier les travaux de modernisation, c’est maintenant le tour de la ferrée Kinshasa-Matadi. Cette fois-ci, voire c’est le gouvernement qui a décaissé 10,7 millions de dollars américains pour les travaux de fiabilisation du chemin de fer Kinshasa-Matadi.

Il importe de rappeler, dans ce secteur de chemin de fer, que le gouvernement venait de doter la SNCC (Société Nationale des Chemins de Fer du Congo) de dizaines de locomotives neuves en vue de permettre la reprise du trafic ferroviaire.

Pour se rendre compte des réalités du terrain, notamment de l’état actuel de la voie ferrée Kinshasa-Matadi, le Directeur général de la SCTP, Jean Kimbembe Mazunga, le Conseiller principal du Premier ministre en charge des infrastructures et transports, ainsi qu’une équipe d’experts et ingénieurs de la SCTP ont effectué une visite d’inspection, à bord du train express la semaine dernière, en vue de constater personnellement l’état du rail. Plusieurs gares ferroviaires ont fait l’objet de visite. C’est le cas des gares de Matete, Lemba Imbu, etc.

Cette visite d’inspection, gare par gare, visait pour l’envoyé de Matata Ponyo à concilier les réalités du terrain à la kyrielle des besoins exprimés dans le cahier des charges de la SCTP.

A la gare de Matete, le premier constat est amer : les abords du rail sont  transformés en marchés pirates ; des immondices jonchent la voie, sans oublier l’ensablement du rail au niveau de la gare de Lemba Imbu.  Il y a également le banditisme foncier marqué par des constructions anarchiques le long de la voie, susceptibles d’entrainer le déraillement des trains.

En outre, les agents de la SCTP commis à l’entretien de la voie sont dépourvus de matériels:  pas de Draisine pour le contrôle de la voie.

Réalité que le conseiller spécial du Premier Ministre en matière des infrastructures et transports, l’ingénieur Baikpon Kalonda a lui-même vécue sur le terrain et s’est rendu compte de l’ampleur des travaux à réaliser pour une relance effective du chemin de fer Matadi-Kinshasa.

            Pour sa part, le Directeur général de la SCTP a dénoncé le banditisme foncier constaté au niveau des axes routiers, mais qui règne également au niveau de la voie ferrée, où des constructions anarchiques envahissent les alentours du rail. Et aussi le phénomène ensablement et autres immondices de tous genres.

            «Il y a beaucoup de désordres qui font qu’il faut travailler, stabiliser la voie par endroit.  Il faut aussi accroître notre capacité d’évacuation.  Parce que l’objectif, c’est de montrer aux importateurs que la voie est sûre aujourd’hui et qu’ils peuvent ramener leurs envois.  Tout ce qui transite par le port de Matadi peut arriver à Kinshasa par train.  C’est pourquoi nous devons augmenter notre capacité d’évacuation », a-t-il déclaré.

1 MILLION US POUR LA REMISE EN SERVICE DE TROIS LOCOMOTIVES

            Après le constat amer de l’état de la voie, la délégation a visité les ateliers centraux de Mbanza-Ngungu, où il y a des locomotives à même d’être remises en service.  A ce sujet, le patron de la SCTP, Kimbembe Mazunga, a promis de débloquer rapidement un montant d’un million de dollars américains pour remettre lesdits ateliers en service.

            Selon le responsable des ateliers, Mandiangu, ce montant servira dans un bref temps, à la remise en fonction de trois locomotives sur les huit actuellement en état d’inertie, faute des pièces de rechange.

            Il y a également la carrière de Kiasikolo où on produit des caillasses pour le chemin de fer, actuellement en arrêt d’activités par manque de camions- benne.  Idem pour l’usine de fabrication des traverses en béton armé de Lufutoto, où la plus grande production date de 1985 avec 45.000 tonnes.  A ce jour, la production atteint difficilement les 4.000 tonnes.

RELANCER LE CHEMIN

DE FER POUR PROTEGER LA ROUTE

            Pour l’ingénieur BAIKPON KALONDA, l’œil et la bouche du 1er Ministre Matata, qui s’est rendu lui-même compte de l’ampleur des travaux à effectuer pour la fiabilisation de la voie, tel que repris dans le cahier des charges de la SCTP : « La SCTP est une grande société en matière des transports, mais ses activités avaient sensiblement baissé. Le tonnage qui devrait normalement passer par la voie ferrée, passe par la route.  Et vous savez les conséquences.  Il y a la route qui se dégrade à tout moment.  Vous allez remarquer que le Gouvernement peut investir aujourd’hui, et demain, la route se détériore, alors que le chemin de fer a pour vocation de transporter de gros tonnages.  Conscient de cette situation, le président de la République avait instruit le Premier Ministre que l’activité ferroviaire soit relancée ».

            Avant d’indiquer que « dans les tout prochains jours, que ce soit les ateliers, les matériels, le rail, tout sera réhabilité pour que l’activité puisse reprendre très rapidement, parce que les moyens sont là ».

            Cet apport du Gouvernement, actionnaire principal de la SCTP, à la relance du chemin de fer, fait suite aux efforts fournis par le nouveau comité de gestion de l’ex-Onatra, conduit par Jean Kimbembe Mazunga.  En six mois de travail, Kimbembe a réussi, sur fonds propres, à relancer l’exploitation dans tous les compartiments de l’entreprise, redonnant ainsi l’espoir aux travailleurs de la SCTP, ainsi qu’au Gouvernement congolais qui ne croyait plus au redressement de ce géant de transports par une expertise locale.

            Cette gestion managériale saine, efficace et efficiente, imprimée par Kimbembe Mazunga, place la SCTP à l’abri du processus de privatisation tel qu’envisagé par le Gouvernement.

Dom