Scrutins de novembre 2011 : les paysans veulent entrer dans l’arène politique

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Il y a eu une ambiance de tonnerre au stade du 24 novembre le jeudi 15 septembre 2011. Réservé d’habitude aux amoureux du ballon rond, ce temple de football aujourd’hui à l’abandon a accueilli des centaines des paysans venus de plusieurs coins de la capitale et regroupés au sein de l’Union Nationale des Agriculteurs Pêcheurs et Eleveurs du Congo « Unagrico ».
Tenant en mains des matembele, amarantes, épinards… ou encore des banderoles reprenant leurs principales revendications, ils ont organisé une journée sans poisson, sans viande, sans légume pour exprimer leur ras le bol à l’endroit des spoliateurs des sites agricoles. Ils étaient là aussi pour recueillir à la source des informations concernant l’Unagrico.

Dans son mot de circonstance, le président de l’Unagrico/ Kin a dit que c’était la première fois de voir ses « ouailles » organiser une journée sans poisson, sans légume et sans viande. Ceci pour amener les spoliateurs des sites agricoles à revenir à la raison. Jean- Marie Yengo a ajouté que nos décideurs politiques n’ont jamais élaboré une politique nationale en matière agricole. Plusieurs compagnies agricoles ont déjà mis la clé sous le paillasson, a-t-il indiqué.

Un nouveau tournant

Prenant ensuite la parole, Pierre Bukasa, le président national de l’Unagrico a en guise d’introduction, présenté à l’assistance ses premiers compagnons de lutte. Il s’agit de : Lufuankenda, Yedu, Mansoni, Kazunga… Précisant qu’ils ont créé l’Unagrico pour valoriser le paysan congolais. Ils ne voient ni la tribu, le clan ou encore la région.
« Ne vous laissez pas intimider par des potentiels spoliateurs qui justifient leurs actions en disant que la terre appartient à l’Etat. Le paysan doit avoir un lopin de terre, un certificat…. L’Etat c’est nous, c’est vous… », a-t-il souligné. Le développement d’un pays passe par la redynamisation de l’agriculture.

Revenant sur la marche pacifique du 3 septembre 2011 qui les ont conduits à l’Hôtel de ville et à la Primature, il a dit attendre voir le gouverneur André Kimbuta honorer sa promesse de descendre dans les sites agricoles.
Et de préciser que dans ce dossier de spoliation de leurs sites , les bourgmestres kinois et le gouvernorat n’émettent pas sur une même longueur d’onde.
Dans la foulée, Il a fait état de la vente programmée des terrains agricoles de Sola, Mokali, Masina Rail, Bandal, Kisenso….
Qui cautionne ces ventes ? s’est-il écrié. « Si on arrête Pierre Bukasa parce qu’il défend les agriculteurs , d’autres Bukasa surgiront et reprendront le combat », a-t-il indiqué.

Revenant sur les maraîchers de Bandal, il a déploré la modicité des sommes ( 450 dollars) remises individuellement à ces paysans pour les exproprier légalement de leurs terres. S’estimant aujourd’hui avoir été trompées, elles sont aux abois, a-t-il souligné. L’autre temps fort de ce rendez–vous a été la présentation des candidats de l’Unagrico à la députation nationale. Et de préciser que cinq d’entre eux vont concourir aux législatives de 2011. Il s’agit de lui-même, de son adjoint Mavuba, de l’éleveur Samuel Nsimba pour le compte de la circonscription de Tshangu, du prof Langona Shungu de l’ISC pour Funa et de Jean-Marie Tshibangu pour Lukunga.
Longtemps marginalisés, ils pourraient le cas échéant mieux défendre leurs intérêts dans les différentes instances de prise de décision.

Jean- Pierre Nkutu

 

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