SCO TOTAL sprl/Kin : l’escroquerie de l’année

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Bernard Madoff, l’homme qui a été à l’origine de la grande crise financière du monde de 2009, bien que purgeant aujourd’hui une lourde peine d’emprisonnement dans son pays, aux Etats-Unis, continue contre toute attente, de faire des disciples sur la planète terre. En RDC, l’un de ses disciples, José Matondo alias Mascot, vient de frapper le coup de l’année dans la ville de Kinshasa avec une escroquerie qui aligne plus de deux milles des victimes, jeunes filles et garçons.  

            Ce génie du mal âgé de moins de 40 ans, rêvait un jour, de se faire de l’argent. Beaucoup d’argent. Et cela le plus facilement du monde. Grâce à son imagination fertile, il a pensé à un projet qui draînerait vers lui toute la ville de Kinshasa.

            Il consistait à créer une société fictive. Il l’a créée et lui a donné pour label SCO TOTAL sprl/Kin. Cette entreprise à la dénomination prêtant à confusion avec une société pétrolière anglaise, était chargée du transfert de fonds, de l’épargne par carte, de micro-crédits et du commerce général.

Ouverte au mois de mai dernier, cette société a recruté, plus d’une centaine de cadres et agents, auxquels il a proposé des salaires en devises.

            Ainsi Mbombolo Mbudi, son Administrateur-directeur général adjoint, a été engagé avec une rémunération de 600 dollars par mois et Axel Muzita, son conseiller financier, avec le même salaire. Le coordonnateur général, Jodé Mbuyi, venait juste après avec 500 dollars. Le Superviseur général Blaise Pindi devait toucher 400 dollars, tandis que la même rémunération était prévue pour le chef de la sécurité, Doto Kalundekiko, la Directrice de marketing Mado Lusangi et son adjointe Stéphanie Bienga.

Les directions administratives et techniques mises sur pied, il a complété par la suite, les différents postes avec des animateurs. Avec cette administration de plus d’une centaine des cadres et agents, le voilà qui installe desd antennes communales dans tout le district de Tshangu avec à leur tête de jeunes dynamiques. Entre autres, citons les bases de Matete, Ndjili, Masina, Kingasani et Mikondo.

 

Des communiqués d’offres d’emplois lancés dans des églises

 

            Pour faire passer le message, José Matondo alias Mascot procédait de bouche à l’oreille, et pour un impact médiatique plus large, des communiqués d’offre d’emplois étaient lus dans des églises de ce district, à l’issue des cultes.

Le battage médiatique était si puissant qu’en un mois, SCO TOTAL a battu le record de recrutement. Tous les jeunes diplômés au chômage ont cru trouver en cette entreprise une véritable planche de salut. Et les sans-emplois qui jadis, faisaient la ronde des sociétés de Kingabwa et de Limete, affluaient aux différents centres de recrutement.

            Les services de ressources humaines avaient affiché comme conditions de recrutement, une série de formalités administratives : 3.000 FC pour l’achat de la fiche. 10 dollars pour pouvoir suivre la formation correspondant au poste  sollicité : 20 dollars pour l’établissement de la carte biométrique, 5 dollars pour l’attribution du numéro matricule et 2 dollars pour l’achat d’un T-Shirt portant le label de SCO TOTAL sprl/Kin qui servira à la publicité de la société.

            Tout Kinshasa apprenait avec satisfaction que le chantier «emplois» dont on parle tant a, après celui des entreprises chinoises, ouvert ses portes à Tshangu à travers la société SCO TOTAL sprl/Kin.

Du matin au soir, les caissières ne cessaient d’enregistrer de nouvelles demandes d’emploi. Et comme il fallait engager le plus de monde possible, le chiffre des effectifs n’était pas connu.

            De passage dans les différents centres de recrutement, José Matondo se réjouissait de constater que ses services étaient presque débordés par l’afflux des candidats, et que ses caisses étaient chaque jour approvisionnées en devises et en monnaie locale.

            Trois mois plus tard, les cadres et agents ont découvert enfin, les tristes réalités d’une société fictive qui ne disposait d’aucun compte bancaire, ni dans les caisses ou coopératives d’épargne.

            Même pas des avances sur salaires, au point qu’à la suite des concertations entre agents, beaucoup ont opté pour traduire leur patron en justice.

            La plainte collective des travailleurs a été déposée, comme il faudrait le signaler, au Bataillon de la police d’investigations criminelles, au camp Lufungula, où le commandant bataillon intérimaire, l’inspecteur Yakusu Cobra, a décidé d’ouvrir une grande enquête. Conformément aux directives reçues de  l’inspecteur provincial de la police, ville de Kinshasa, cette affaire qui relevait de la campagne de tolérance zéro a été gérée avec beaucoup de professionnalisme. L’auteur de cette escroquerie José Matondo alias Mascot, a été appréhendé vendredi dernier, alors que se poursuivaient les opérations d’engagement des travailleurs aux postes d’informaticiens, agents de sécurité, délégués commerciaux et caissières.

            L’inspecteur Yakusu qui supervise personnellement les enquêtes, veille que ses services réalisent tous les devoirs prescrits par la procédure : audition du prévenu et des plaignants, collecte des pièces à conviction, confrontation entre les parties, avant le transfert du dossier judiciaire au parquet.

            Quelques plaignants rencontrés samedi, au camp Lufungula, font confiance au Bataillon de la police d’investigations criminelles, cette unité spécialisée de l’inspection provinciale de la police ville de Kinshasa, pour avoir déjà conduit des enquêtes qui ont abouti à l’arrestation de grands criminels recherchés pour des actes de banditisme et des assassinats sur des cadres des entreprises publiques et autres professeurs d’université, comme ce fut le cas du professeur Mboma.

            En attendant, le bataillon de la police d’investigations criminelles lance un appel à toutes les victimes de José Matondo alias Mascot de la société fictive SCO TOTAL sprl/Kin a venir déposer leurs plaintes au camp Lufungula. Ce qui permettra à cette unité de constituer un dossier avec suffisamment de charges contre l’escroc.

Cette semaine sera déterminante pour cette affaire qui défraie la chronique.

Affaire à suivre !

                                 J.R.T.

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