Sassou – Tshisekedi : les dessous des cartes

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1002521_310316992445962_273003728_nConfirmé à la fois au début et avant la fin de la semaine dernière, le grand rendez-vous politique entre Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo, et Etienne Tshisekedi, président national de l’Union pour la Démocratique et le Progrès Social (UDPS) n’a pas eu lieu le samedi 17 août 2013. Approché par les médias périphériques, Albert Moleka, Directeur de cabinet du Sphinx de Limete, a laissé entendre que ce dernier avait connu un empêchement sérieux et que les détails de cet empêchement étaient consignés dans la lettre qu’il a remise le même samedi au Chef de l’Etat du Congo d’en face. Le contact n’est pas pour autant rompu, s’est-il empressé de préciser, avant d’indiquer que les deux parties pourraient se convenir d’une nouvelle rencontre entre les deux personnalités.

Les dessous des cartes

 De nombreux analystes politiques sont d’avis que le report à la dernière minute du déplacement de Brazzaville, n’est pas le fait du  hasard et qu’il devrait cacher des dessous des cartes. Par courtoisie  et élégance, aucune des parties ne se permettrait d’étaler, sur la place publique, les raisons majeures du changement brusque de l’agenda de Tshisekedi. Mais l’on pense que le leader de l’UDPS n’a pas suffisamment vu clair dans la démarche de la  classe politique au pouvoir à Kinshasa et l’Opposition parlementaire qui considèrent le président Sassou tantôt comme un simple « Accompagnateur à la carte », tantôt comme un « Médiateur neutre ».

L’Opposant historique congolais, qui ne se sent concerné ni de loin ni  de près par les « Concertations nationales» a sans doute craint de tomber dans le jeu de ceux qui prennent tous ceux qui échangent avec Denis Sassou Nguesso pour des partisans potentiels de ce forum, auxquels il suffirait de donner des gages d’inclusivité et de transparence pour les voir rejoindre le camp des participants.

Dans ce contexte, le renoncement par Tshisekedi à son voyage de Brazzaville est à inscrire dans la droite ligne de son refus de donner  sa caution, présente ou future, aux institutions issues des fraudes électorales de novembre 2011 et leurs animateurs. Il s’agit aussi d’un message adressé à tous ceux qui seraient tentés de croire que le président national de l’UDPS, fatigué de ne pas exercer le pouvoir dont il se réclame au sommet de l’Etat, sur pied de la vérité des urnes, serait prêt à jeter l’éponge, en contrepartie des quotas spéciaux à lui réserver dans les institutions nationales et provinciales, les entreprises publiques, les régies financières la territoriale, la diplomatie, etc.

C’est aussi un énième rappel à la communauté tant nationale qu’internationale de la position déjà exprimée par l’UDPS avant même que les «Concertations nationales» fassent l’objet d’une ordonnance présidentielle de création, fonctionnement et organisation n’a pas changé, à  savoir que ce parti est d’office opposé à tout dialogue ou concertations ayant pour concepteurs et encadreurs des personnes dont la légitimité est sujette à caution depuis deux ans.

            L’ajournement de sa traversée du Pool Malebo se veut, selon certains observateurs, une interpellation à l’endroit de tous qui ceux semblent banaliser la crise de légitimité ainsi que d’autres dossiers sensibles

 de la Nation tels que la guerre de l’Est, le déficit de cohésion nationale, la mauvaise gouvernance, les atteintes graves aux droits de la personne humaine, la misère généralisée des masses laborieuses, etc.

            Bref, Etienne Tshisekedi et son parti n’entendent pas s’embarquer dans un processus dont les règles du jeu ne sont pas clairement définies et dont les maîtres du jeu restent, jusqu’à preuve du contraire, les tenants de la Majorité Présidentielle.

                                                                                            Kimp

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