Sans la tenue de l’Assemblée générale de l’Apukin : le danger est toujours là

0
43

(PAR LE PROFESSEUR BANYAKU LUAPE EPOTU)

Tout au long de mes interventions, j’ai tout fait pour élever le débat sur la mission de l’Association des Professeurs de l’Université de Kinshasa et d’autres Etablissements de l’ESU, mais le Professeur Kalala, Carlos de son petit nom, me ramène  cette fois-ci au débat de proverbe provincial. L’objectif de Carlos, me semble-t-il,  est de caricaturer à coup de répliques banales un débat de fond.

Le Professeur Kalala fait comme Monsieur Jourdain, en se comportant comme un homme du monde, c’est-à-dire un noble, mais il n’y parvient pas. Et   comme  le fit Monsieur Jourdain devant la Marquise, il essaie de faire des  galants compliments au Comité de l’APUKIN, mais il s’empêtre dans des mots et des tournures de phrases qu’il ne maîtrise pas (répétitions et hésitations).  Si Monsieur Jourdain était un bon bourgeois assez ridicule, je devine cela un peu pour le bon intello Carlos. Lorsque Carlos, l’ancien éditeur du feuilleton universitaire «  le Furet » trouve de la prose partout, il sait de quoi il parle !  Car il le fait lui-même souvent sans le savoir comme Monsieur Jourdain. 

            Je crois que le Professeur Kalala veut étouffer un débat ou encore pire, il veut faire de la diversion pour faire gagner du temps au Comité de l’APUKIN devant le marché de dupes, dont sont victimes les Professeurs. Aujourd’hui dans ce mois d’août 2010 comme hier, au mois d’Avril 2010, je confirme, que le protocole d’accord signé par ce Comité a été négocié en toute irresponsabilité, opacité et complicité dans un fond de lucre, sans chiffres ni délai d’exécution. Il est vraiment malsain d’abuser les Collègues par un jeu étriqué de marchandage en brandissant les grèves virtuelles, desquelles, certains membres du Comité de l’APUKIN tirent manifestement profit.

            C’est là qu’il faut rechercher les chasseurs de postes en sous-mains et surtout lorsqu’on en a jamais occupé un seul de grande responsabilité dans sa vie et qu’on est pourchassé par un passé de guindailleur inconscient et irresponsable. Puisqu’un débat imagé avec  proverbe à l’appui est engagé, on est tenu par moment d’y faire référence. Et chez nous on dit« Ekutu eyaki la bana ntesambake nsolo » ou encore «  Nkang’eyuaka ntasambake isalanga ». Littéralement cela veut dire respectivement : « une calebasse à vin garde toujours un arrière-goût de vin dans son fond » et « un vieux fou en garde toujours quelques séquelles ».

            Sur notre débat de fond,  il y a lieu de faire remarquer la  nette différence entre le Comité de l’Apukin et l’Apukin comme Association des Professeurs de l’UNIKIN. Et ce dont on reproche à certains Membres du Comité actuel de l’Apukin, c’est premièrement leur amateurisme dans les négociations avec l’Employeur, deuxièmement  leur manque de transparence avec un penchant autocratique prononcé de certains Membres du Comité Apukin et troisièmement le goût avéré  du lucre de certains Membres du Comité de l’Apukin ! avec du marchandage saupoudré.

            Quand, je dénonce ce saupoudrage du Comité de l’Apukin, Carlos m’accuse d’être contre l’APUKIN. Et pour un fort rappel de troupes à sa cause, il me traite de traître dans son proverbe :«  Tshishi tshidiadia lukunda ntshidi munda mwa lukunda», que l’on m’a fait traduire littéralement comme « un insecte véreux ou de la vermine dans le haricot ». Mais dis donc ! Dear Carlos, c’est du fascisme cru. Comment donc as-tu si vite oublié « le bilulu » pour oser en faire référence ! Ou encore comment peux-tu oublier la drôle histoire de la « vermine » qui a failli coûter cher à l’auteur de la déclaration en 1998. Et si je voulais me lancer dans ces références proverbiales, je dirai tout simplement : « qui se sent morveux se mouche » ! Ce n’est donc ni injure ni parjure, mais c’est de la pure vérité.

Le fond de ce débat sur le Comité ou sur la représentation de l’APUKIN porte sur le fait que le Comité actuel s’autonomise dangereusement vis-à-vis de ses  Membres et  en fait une profession de dupe au détriment de l’Apukin. Ce débat ne peut donc pas se résoudre par de simples évocations spéculatives comme le fait le Professeur Kalala dans son distinguo subtil entre le débat de société et le débat des sociétés. J’enseigne et publie sur les matières de sciences sociales. J’ai donc l’autorité scientifique suffisante pour confirmer qu’il s’agit ici bel et bien d’une formule générative consacrée dite « débat de société ».

            Dans mes deux interventions répondant à la première réplique du Comité de l’Apukin menée par le Professeur Kalala, Carlos le guindailleur, j’ai fait référence à l’ouvrage hautement engagé de François de Closets contre la syndicratie et non contre le syndicalisme. De même, il a été fait référence particulière à Armand Jean du Plessis, Cardinal-duc de Richelieu et Duc de Fronsac, le talentueux Premier Ministre de Louis XIII.

            Je crois que le Professeur Carlos confond l’auteur de l’ouvrage « Tous ensemble pour en finir avec la syndicratie », le journaliste de grande renommée, Monsieur François de Closets et proche de Centre-Gauche en France avec son imaginaire fasciste Closet, dont personnellement j’ignore l’existence. Francois de Closet s’attaque donc à la syndicratie et non au syndicalisme.

            En effet, François de Closet dans le chapitre 14 de son ouvrage cité a critiqué la « syndicratie scientifique » dont voici le principal extrait : « …la conquête du CNRS français par la syndicratie, le noyautage syndical et l’ordre syndicalo-bureaucratique a rarement été poussé aussi loin pour le pouvoir syndical dans la république des savants, progressivement subvertie et pervertie par le syndicalisme.  Les  mécanismes classiques du noyautage, les pratiques syndicalo-bureaucratiques, bref,  la syndicratie fait la loi dans la maison. Cette politique met en péril l’institution car la syndicratie s’oppose  à l’exigence scientifique et brise les dernières velléités de rigueur. Le CNRS et l’Université sont rongés par la syndicratie galopante et l’ordre syndicratique avec des relais d’infiltration et les appareils syndicaux permanents qui imposent leur pouvoir au seul compte de l’intérêt de la syndicratie.

            D’où alors, le Professeur Kalala tire-t-il la qualification de fasciste collée de manière insolite à François de Closet, en qui, il voit déjà un maître à pensée de Banyaku. J’ose croire que le Professeur Kalala comprend maintenant la portée de la critique faite au Comité actuel de l’Apukin. Puisque même dans nombreuses entreprises publiques et privées du Pays, ce débat sur les abus des Comités des syndicats dans les négociations avec l’Employeur est de mise. Alors  pourquoi ne pas en parler dans notre propre Association, celle des savants. Quiconque en évoque à raison est déclaré contre l’Apukin et traître à sa cause. Moi, je sais que le Comité actuel ruine notre Association et inocule la division en son sein.

            En ce qui concerne la référence d’Armand Jean du Plessis, Cardinal-duc de Richelieu et duc de Fronsac, je voulais souligner que ce dernier tout comme son successeur nommé à sa préférence, Cardinal Mazarin sont les grands instaurateurs de l’absolutisme ayant  inspiré le gouvernement personnel de Louis XIV (1661-1715), successeur de Louis XIII. En effet, devant la fronde des magistrats du Parlement de Paris contre certains édits du Roi signés le 20 mars 1665, Louis XIV se serait écrié le 13 avril 1655 devant le Parlement en habit de chasse :  «l’Etat, c’est moi !». Sur base du ressentiment du peuple contre le Cardinal Richelieu,  qu’en  décembre 1793, les révolutionnaires saccagèrent son tombeau placé dans la chapelle de la Sorbonne et exhumèrent le corps du cardinal, pour le jeter à la Seine.

Le rapport entre le Cardinal Richelieu et Certains Membres du Comité actuel de l’Apukin réside dans cette volonté commune d’instaurer l’absolutisme au sein de notre Association. Car, à la première critique contre le Comité, on nous rappelle que l’Apukin c’est seulement et exclusivement son Comité. Critiquer celui-ci est non seulement un simple fait de lèse-majesté, c’est-à-dire une atteinte à l’autorité suprême de l’Apukin, mais aussi et surtout un fait de haute trahison à l’Apukin par le citoyen-insecte « Tshishi tshidiadia lukunda ». Le premier du Comité est le Guide Eclairé de notre Républiquette Dictatoriale à l’instar d’autres régimes dictatoriaux, dont Carlos sert actuellement comme Conseiller Spécial aux frais de nos maigres primes, probablement pour sa sacrée guindaille. Monsieur le Professeur Docteur Kalala, Dear Carlos, mais vous rêvez comme toujours ! 

            Voilà donc, le lien de similitude et de culture entre le Cardinal Richelieu ou le Cardinal Mazarin et certains Membres du Comité de l’Apukin. C’est cela le sens profond du débat et il faut être en état de le suivre.

            Pour le détour de son imagination en vue d’étouffer le débat, il tire son canon d’eau sur le fait que le Professeur Banyaku ait été au service de la dictature de Mobutu dans les services de sécurité. Mais, c’est du gadget fort dépassé. Je ne lui en voudrai pas pour la gestion de ses frustrations liées à son passé de guindalleur éparpillé. Et à ce que je sache, Carlos ne s’est jamais distingué ni comme étudiant militant de l’UGEC et ni comme activiste du mouvement du 4 juin 1969 et moins encore lors du mouvement de 1971 ou lors de la Conférence Nationale Souveraine de 1991. Il se dissipe à chaque occasion par les petites portes, pour ne pas dire qu’il a toujours été un doublon de services bien averti ou mieux, toujours prévenu par les services.

            Par contre, moi je suis un vrai militant de l’UGEC, renvoyé en 1970 de l’Université de Kisangani à la suite des manifestations de solidarité avec le mouvement de Lovanium de la même période. Et dans la vie pratique, il est vrai que l’ancien Conseiller Spécial, Ambassadeur Nkema Liloo a recruté certains distingués collègues et brillants intellectuels  pour engager le pays au processus de démocratisation comme Mondo, Bongongo, Buka, Midago, Sumbu, Kioni, Mpika, Kabuya Lumuna, Katende wa Ndaya, Landu , Evariste Epapa, Matembe, Godard Matumona, Colonel Unyon et moi-même . Je serai fier de relever que j’ai participé personnellement et directement, grâce à ma position au Conseil National de Sécurité, un service d’intelligence et non un service opérationnel, à la libération de Messieurs Tshisekedi, Ngalula, Mpindu  de leurs lieux de relégation loin de Mbuji-mayi, de Kibasa et de Maloba à Lubumbashi, de Birindwa à 200 km de Bukavu, de Bosasi à Bolomba, de Kanana et Mbombo à Kananga et de Diasesa à quelques km de Matadi, de Mbuankiem à Kikwit sans oublier l’accompagnement pour le retour au Pays des opposants à l’étranger comme Ndomb,Mayele, François Mwamba, François Kadima et Joseph Kadima, Mungul Diaka, Mende, etc., ainsi que pour l’organisation des consultations populaires en 1989, ainsi que de l’élaboration du discours-programme du 24 avril 1990.

            Me Nimy en  fit également autant  plus tard avec le recrutement d’autres éminents collègues comme Ilunga Kabongo, Pindi et Kazumba, ainsi que d’autres brillants jeunes intellectuels comme Labila, Yumbu pour préparer la Conférence Nationale souveraine, dont j’assumais les fonctions de Coordonnateur du Bureau Technique de cette dernière.

            La venue du distingué Collègue, le Professeur Likulia à la tête de l’Agence Nationale de Sécurité a davantage permis l’aboutissement de la Conférence Nationale avec la mise en place du Haut Conseil de la République, Parlement de la Transition  et du Gouvernement de cohabitation avec l’opposition politique interne présenté dans toute sa diversité.

            Dans le registre de mes fonctions ministérielles, je ne regretterai jamais mon passage au Ministère de l’Energie, car j’ai institué un système anti-spot dans l’achat des produits pétroliers et qui perdure jusqu’aujourd’hui. J’ai édicté par             arrêté en principe de droit, les règles pour d’éventuelles modifications ou avenants aux conventions pétrolières, particulièrement en ce qui concerne les sociétés d’amodiation ou les sociétés écrans des multinationales pétrolières. J’ai mis en place dans la structure des prix pétroliers, de rubriques distinctes entre la fiscalité/parafiscalité et les charges des sociétés commerciales dans la formation du prix du carburant, dont l’amélioration substantielle par mes différents Successeurs donne aujourd’hui des résultats probants. Je n’ai donc pas fait de la simple parade de positionnement politique.

            J’ai payé le prix de contraintes imposées par de fortes mesures de rétorsion des sociétés multinationales pétrolières par le maintien d’une rareté factice du carburant avec de longues files d’attente dans les stations, dans le but d’ irriter la population surtout dans les grandes agglomérations. Mais j’y ai vaincu avec honneur pour le peuple congolais. Je présume que le Professeur Kalala n’y a rien compris de tout cela, pendant toutes ses nombreuses guindailles.

Mais, c’est sur base de ces résultats positifs que le Président Laurent Désiré Kabila m’a repris dans son Gouvernement à sa propre initiative, en laissant cette anecdote ayant fait taire tous mes détracteurs de cette époque en ces termes : « Si Banyaku a servi Mobutu, pourquoi après celui-ci, il ne servirait pas le Congo » ! Et d’ajouter : «  mais Messieurs pourquoi tous ceux qui se disent opposants au régime de Mobutu ne se sont jamais retrouvés ni sur la grille des oppositions politiques internes ni sur la grille des oppositions armées contre le Régime de Mobutu, à la limite rangés dans les oppositions frivoles de réfugiés à étranger ». Non Messieurs ! Ils sont volatiles et inutiles ces opposants délateurs et futiles !

            Alors Monsieur le Professeur Kalala, puisque nous sommes dans le registre du fond de débat sur le Comité de l’Apikin, dans quelle grille  peut-on vous ranger ou peut-on vous situer par rapport à l’opposition contre le régime dictatorial de Mobutu: est-ce dans l’opposition politique interne ; est-ce dans l’opposition armée ; ou tout simplement dans l’opposition de la délation et de frustrations pour de raisons personnelles sur un fond de passé anarchique. J’espère pour vous que vous ne soyiez pas dans la dernière grille.

            Quant à moi,  je poursuivrai le débat sur le Comité de l’Apukin et la nature de sa représentation, jusqu’à la tenue de la prochaine Assemblée Générale de l’Apukin, réclamée par tous les Membres à cor et à cri. Il s’agit d’en savoir un peu plus sur le protocole avec l’Employeur, les dessous de cartes dans le contrat de pick-up imposés à tous les Professeurs et sans consultation préalable des Membres de l’APUKIN avec le concessionnaire ATC.

            En s’adressant à certains Membres du Comité de l’Apukin, je dirai tout simplement : « A vouloir à tout prix éviter la prison pour honorer un contrat maffieux, alors qu’on y a bouffé dans tous les râteliers, on y retombe inexorablement à une autre prison morale. Celle du bannissement par les Pairs à  la suite d’un procès d’éthique ou par simple constat d’une pure indignité et incorrection humaine par rapport au  haut niveau intellectuel de certains Membres du Comité de l’APUKIN.

            Et lorsque le Professeur Kalala croit que le débat sur le Comité de l’Apukin tourne en rond, il ne se rend pas compte qu’après quatre mois de promesses en rapport avec le fameux protocole d’accord avec l’Employeur et le contrat avec l’ATC, les zones d’ombre s’éclaircissent. Certains esprits avertis pensent que le Comité de l’Apukin est en repli stratégique pour surgir après la finalisation de son contrat des pick-up de 2,7 démodés  sans 4×4 avec ATC et au prix truqué par véhicule de 21.000 dollars américains au lieu du prix réel de 16.000 dollars américains. Et d’autres tenants du réalisme suggèrent même un audit externe indépendant sur les primes octroyées aux Professeurs et autres bénéficiaires, pour comprendre le reste des affaires. Nous espérons vivement que le Saint Thomas de Carlos y est encore à l’éveil. Sinon,  le danger est toujours là !

 

LEAVE A REPLY

*