Sanctions imminentes contre des radicaux de Kinshasa

0
245

joseph kabilaLes ministres des Affaires Etrangères des pays membres de l’Union Européenne se réunissent ce lundi 23 mai 2016 à Bruxelles dans le cadre de leurs réunions mensuelles. Selon plusieurs sources, dont le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, les participants vont également examiner une batterie de sanctions à appliquer incessamment contre des radicaux tenant le pouvoir d’Etat en République Démocratique du Congo. Cette option serait liée au blocage, estimé volontaire, du processus électoral mais aussi au climat politique malsain marqué par les restrictions des libertés d’opinion, de réunion et de manifestation, des arrestations arbitraires d’opposants et d’activistes de la Société civile, ainsi que les répressions systématiques, par les forces de l’ordre des manifestations pacifiques de l’Opposition.

Parmi les derniers sujets d’inquiétude de la communauté internationale, on cite l’inculpation de Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidence de la République, pour atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat, la mise sous scellés de l’hôtel Faden House appartenant à un autre candidat à la magistrature suprême, Martin Fayulu, pour des arriérés d’impôts estimés à plus de 300 millions de francs congolais (plus de 300.000 dollars américains), la condamnation de trois activistes du mouvement citoyen Lucha ainsi que la dispersion violente d’une marche de solidarité aux victimes de Beni hier dimanche à Kinshasa.

La phase des sanctions pourrait intervenir bientôt, indique-t-on, après une série de mises en garde lancées en direction des personnalités qualifiées de « faucons » au niveau des centres de décision du pays et demeurées sans effet. On laisse entendre que ces sanctions pourraient se traduire par des refus d’octroi de visas de voyage vers l’Union Européenne, le gel des avoirs dans les banques occidentales, voire des mandats d’arrêts internationaux pour violations graves des droits de l’homme (tueries, tortures, viols, arrestations et détentions arbitraires, etc.).

L’objectif visé serait de décourager des attitudes négativistes, aux plans politique et social, dans le chef de ceux qui, à Kinshasa, semblent avoir choisi la politique du règne par défi, alors que la vie politique du pays est réglée, depuis février 2006, par une loi fondamentale adoptée par référendum populaire et promulguée par le Président de la République. Les « amis » du Congo ne comprennent pas qu’après des élections présidentielle et législatives nationales organisées en 2006 et 2011 sur de fonds de fraudes électorales, contestations et violences post-électorales, le troisième grand rendez-vous électoral de l’histoire de la RDC après Sun City devienne hypothétique. Dans l’entendement de la communauté internationale, la troisième expérience des scrutins présidentiel et législatifs nationaux devrait faire la différence avec ceux d’il y a 10 et 5 ans et confirmer l’émergence progressive d’un Etat de droit.

Une liste d’indésirables serait également en préparation à Washington
A en croire des informations en circulation à Washington, les
autorités américaines envisagent de publier incessamment la liste de
plus d’une trentaine de personnalités congolaises qui seraient
interdites de séjour sur le sol américain et dont les avoirs seraient
frappés de gel, jusqu’à nouvel ordre. A l’image de celles qu’envisage
l’Union Européenne, les sanctions américaines contre les « faucons »
de Kinshasa auraient pour toile de fond l’incertitude de la tenue des
élections présidentielle et législatives nationales selon les délais
constitutionnels, ainsi que l’exclusion de l’Opposition et de la
Société civile de l’espace politique.
Cela rappelle, aux nostalgiques, la fin de règne du maréchal Mobutu,
dans les années’90, marquée par la suspension de la coopération
structurelle entre l’ex-Zaïre et le monde occidental, le gel des
avoirs de ses alliés politiques et l’interdiction de séjour en Europe
et aux USA pour eux. Nul n’ignore à quel point ce régime de sanctions
avait fragilisé Mobutu et les « Mobutistes », jusqu’à ce qu’ils soient
emportés, le 17 mai 1997, par l’ouragan de l’AFDL (Alliance des Forces
Démocratiques pour la Libération du Congo).             Kimp