Sanctions ciblées : après Kanyama et Amisi… les USA frappent Olenga

0
220

La politique américaine à l’égard de l’Afrique en général et de la République Démocratique du Congo continue de s’inscrire dans la lignée de celle de Barack Obama, prédécesseur de Donald Trump à la Maison Blanche. Très attaché lui aussi à la promotion de la démocratie sur le continent et des droits de l’homme, le nouvel homme fort des Etats-Unis d’Amérique maintient la pression sur Kinshasa, en vue d’une passation civilisée du pouvoir au sommet de l’Etat.

Après avoir pris, en décembre dernier, des sanctions financières et administratives contre un certain nombre de personnalités militaires congolaises, dont les généraux Célestin Kanyama et Gabriel Amisi « Tango Four », on apprend que l’administration américaine vient de frapper de nouveau dans le pré-carré de Joseph Kabila, en plaçant sur sa liste noire le général François Olenga, chef de la Maison militaire du Chef de l’Etat congolais, qui a également sous son commandement la Garde Républicaine.

Selon la Voix de l’Amérique, la décision est tombée hier jeudi 1er
juin 2017. Cet officier supérieur des FARDC (Forces Armées de la
République Démocratique du Congo), indique le communiqué du
Département du Trésor, voit ses éventuels avoirs sur le territoire
américain gelés. Dans la foulée, il lui est interdit d’avoir des
relations d’affaires avec des entités et des individus américains.
Naturellement, ce galonné de l’armée congolaise n’est plus autorisé à
voyager pour les USA.
On souligne même que son complexe touristique, Palm Beach, dans la
banlieue Est de la ville de Kinshasa, est également fiché.
Selon le Trésor américain, il est reproché au général François Olenga
des entraves au processus démocratique en République Démocratique du
Congo. On l’accuse d’avoir été, notamment par le biais des éléments de
la Garde Républicaine, à la base des actes de harcèlement d’opposants
politiques, d’arrestations et d’exécutions arbitraires, mais aussi
d’obstruction au travail d’observateurs des Nations Unies chargés
d’enquêter sur les atteintes aux droits de l’homme, en avril 2016.
Selon le même communiqué, des éléments de la Garde République sont
étiquetés comme auteurs des attaques et incendies contre les sièges de
plusieurs partis politiques de l’opposition à Kinshasa, lors des
événements de septembre 2016 relatifs à la non convocation, par la
CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) du corps électoral
pour l’élection présidentielle, avec environ sept morts à la clef.
«Cette mesure contre Olenga envoie clairement le message que des
actions continues de violences, d’agression et d’élimination commis
par l’armée congolaise contre ses propres citoyens sont inacceptables
», a indiqué John Smith, directeur de l’entité du Trésor en charge des
sanctions (OFAC). Les autorités américaines, souligne-t-on, sont
prêtes à sanctionner d’autres responsables politiques et militaires
congolais jugés coupables d’obstruction au processus démocratique et à
la tenue des élections avant la fin de l’année 2017.
Les observateurs attendent, avec impatience, la réaction de Kinshasa
contre ce nième acte de ce que l’on peut ranger dans le panier des
atteintes à la souveraineté de l’Etat congolais. On rappelle qu’en
décembre 2016, lorsque des sanctions ciblées avaient été annoncées
contre des responsables de l’appareil sécuritaire congolais, le
gouvernement congolais avait déploré l’acharnement des puissances
étrangères (Etats-Unis d’Amérique, Belgique, France) contre la RDC et
leurs ingérences dans les affaires intérieures congolaises, allant
jusqu’à s’intéresser à des cas comme ceux des fonctionnaires
(officiers de l’armée et de la police et responsables de la sécurité).
Les analystes politiques notent qu’en dépit du passage en force en
cours à Kinshasa, dans l’optique du non respect de l’Accord du 31
décembre 2016, les partenaires de la RDC, les USA en tête, restent
attachés à la mise en œuvre de ce deal politique dans les termes
convenus à l’issue du dialogue/bis piloté par la Cenco (Conférence
Episcopale Nationale du Congo), au Centre Interdiocésain.
Manifestement, le scénario mis en route par la famille politique du
Chef de l’Etat, avec un Premier ministre non désigné par le
Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au
Changement,  et la tentative d’un nouvel hold up politique pour la
direction du Conseil Nationale de Suivi de l’Accord de la Saint
Sylvestre, ne rencontre par l’assentiment de la communauté
internationale, foncièrement opposée aux velléités de glissement du
calendrier électoral.
Kimp