Sales temps pour les Nations Unies en RDC

0
164

Le personnel du système des Nations Unies en République Démocratique du Congo est devenu la cible des groupes armés et miliciens, aussi bien nationaux qu’étrangers. Alors que l’on n’a toujours pas élucidé le mystère de deux enquêteurs onusiens assassinés le mois dernier au Kasaï Central – les sources officielles accusant les miliciens de feu
Kamwina Nsapu et ceux-ci les troupes loyalistes – l’on a appris l’inquiétante nouvelle de la prise en otage de treize agents civils de la Monusco, hier mardi 18 avril 2017 au camp de Munigi, au Nord-Kivu, par des rebelles sud-soudanais en cantonnement dans ce site.

L’acte parait d’autant surprenant que ceux-ci avaient été désarmés avant leur transfert de la province de l’Ituri, où ils étaient arrivés en septembre 2016, en provenance de leur pays, le Sud-Soudan, vers le Nord-Kivu. Comment des éléments censés ne pas être porteurs d’armes
ont-ils pu en trouver subitement et mettre en péril la vie de treize innocents ? Qui leur a fourni les armes ? La question reste posée.
Selon le chef de bureau de la Monusco au Nord-Kivu, Daniel Ruiz, des
négociations étaient entamées hier même entre les preneurs d’otages et
des autorités onusiennes comme locales, en vue d’obtenir le
relâchement des victimes. On laisse entendre que les réfugiés
sud-soudanais sont mécontent du processus de leur rapatriement dans
leur pays d’origine, le Sud-Soudan, dont la première vague, composés
de huit combattants, est partie vendredi. A en croire des informations
en circulation au Camp Munigi, les rebelles sud-soudanais, au nombre
de 530, fichés comme des proches de l’ex-vice-président de la
République, Riek Machar, actuellement en désaccord avec le président
Salva Kiir, exigent d’être transférés dans un pays autre que le
Sud-Soudan, par exemple l’Ouganda, le Kenya, l’Ethiopie, voire le
Soudan.
Ou, à défaut, qu’on les laisse là où ils se trouvent pour le moment
depuis plus de six mois, à savoir l’Est de la République Démocratique
du Congo. Un bras de fer qui ne dit pas son nom a ainsi commencé entre
la Monusco et des hors-la-loi auxquels le gouvernement congolais a
accordé momentanément son hospitalité.

Une nouvelle force d’occupation ?

Arrivés en grand nombre au mois de septembre 2016 en Ituri avec armes
et munitions, les rebelles sud-soudanais, estimés à plus de cinq
cents, étaient soupçonnés de préparer des attaques armées contre leur
pays d’origine, le Sud-Soudan et d’entraîner la RDC dans une nouvelle
situation de guerre et d’insécurité, comme c’est le cas avec les
rebelles rwandais des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du
Rwanda) et ougandais ADF (Armée de Libération du Seigneur) au
Nord-Kivu. Compte tenu de la présence d’une constellation de milices
armées dans cette partie du pays, de nombreuses voix s’étaient élevées
contre leur présence, exigeant leur retour illico presto dans leur
pays d’origine ou leur transfert vers un Etat autre que la RDC.
Réagissant à cette présence fort embarrassante pour lui, le
gouvernement congolais avait demandé à la Monusco de prendre les
dispositions requises pour leur évacuation du territoire congolais.
C’est ce processus qui a été entamé le vendredi 14 avril mais,
manifestement, ce rapatriement forcé va laisser des traces. Le vœu de
nombreux compatriotes est que les rebelles sud-soudanais ne se
transforment pas en une nouvelle force d’occupation d’une portion du
territoire national, avec laquelle il faudra, à l’avenir, négocier des
accords de paix.
Kimp