SADC : le challenge de Kabila

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Pour la première fois, la République démocratique du Congo a été portée officiellement à la tête de la Communauté de développement de l’Afrique australe. L’événement a eu lieu hier lundi à la Cité de l’Union africaine. Ceci à l’occasion de l’ouverture solennelle de la 29ème session ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement qui composent cette organisation régionale, la SADC.

 

            Honneurs militaires, chants et danses tant modernes que traditionnels…tout était prévu à ce rendez-vous voulu historique par Joseph Kabila. Dans son mot de bienvenue, en effet, le président entrant de la SADC a déclaré que la tenue de cette session à Kinshasa était première à double titre.

            D’abord parce que effet, c’est la toute première fois qu’un sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la SADC se tient dans son pays. Ensuite, parce que ces assises interviennent à un moment historique où le Congo, réconcilié avec lui-même au terme d’une longue lutte et d’un processus démocratique et électoral exemplaire, s’attelle à parachever les défis de la consolidation de la paix et de la reconstruction nationale.

            « Il s’agit là d’un événement majeur dans la vie politique et diplomatique de mon pays», a souligné le président de la République à l’intention de ses homologues, des chefs de gouvernement, de différentes délégations et de bien d’autres invités de marque présents à la cérémonie.

            Selon Joseph Kabila, l’ordre du jour des assises de Kinshasa contient des sujets très importants qui nécessitent un examen approfondi et des décisions afin que des progrès concrets puissent se matérialiser à court, moyen et long terme, pour le bénéfice des populations des pays membres.

            Passant en revue ces différents sujets, le chef de l’Etat congolais a évoqué la question du changement climatique. Dans ce domaine, a-t-il déploré, les Etats membres et leurs populations respectives subissent déjà des effets néfastes, tels la sécheresse, pour les uns, les inondations pour les autres, ainsi que leur impact négatif sur la production agricole et la sécurité alimentaire.

 

En rangs serrés

            « Il est essentiel que nos Etats membres, tant au sein de la SADC que de l’Union africaine, adoptent une position commune afin de défendre les intérêts spécifiques du continent dans ce domaine capital pour la préservation de nos ressources naturelles et les chances d’un développement durable ».

            Pour cela, Kabila Kabange a exhorté les chefs d’Etat et de gouvernement de la SADC à se présenter à la Conférence des Nations unies à Copenhague, en décembre 2009, en rangs serrés et parlant d’une même voix afin de négocier au mieux les intérêts de la sous région et de l’Afrique.

            A cet égard, il a été rappelé que la République Démocratique du Congo représente plus de la moitié du massif forestier du bassin du Congo, le deuxième du monde après l’Amazonie. Cette situation donne à la sous-région d’Afrique australe un atout que les Etats membres devront défendre ensemble, partout où devront être définies les mesures incitatives à la préservation de ces forêts, de façon à ce qu’elles s’étendent également aux forêts dites primaires.

            Concernant le secteur de l’énergie, Joseph Kabila a estimé que le problème du déficit énergétique dans la sous-région – alors que s’y trouvent des gisements hydroélectriques au potentiel considérable – devra faire l’objet d’une attention particulière au courant de ces assises et dans les mois à venir.

            Et de jurer : « Pour ma part, je m’emploierai à encourager la stratégie mutuellement avantageuse pour le règlement de ce problème prioritaire non seulement au cours de ce sommet, mais durant tout mon mandat à la présidence de la SADC ». Un mandat pour lequel le président congolais compte sur l’expérience de son homologue et prédécesseur pour être mené à bon port.

            En attendant, l’autre dossier important au menu des assises de Kinshasa concerne l’impact particulièrement négatif de la récente crise économique et financière internationale sur les économies des pays de la SADC. Et puis, conformément à l’esprit de la Charte de l’organisation, les chefs d’Etat et de gouvernement examineront les questions de politique et sécurité, étant donné l’importance qu’attache la communauté à la stabilité, la sécurité, la paix et la démocratie.

Parmi les urgences de la session en cours, Joseph Kabila a signalé que celle relative à la question du genre et développement exige que les Etats membres entreprennent des efforts progressifs afin d’assurer l’égalité de représentation entre les femmes et les hommes.

            Autant de questions cruciales à traiter et pour lesquelles les observateurs avisés parlent d’un challenge pour Joseph Kabila, par ailleurs président en exercice d’une autre organisation sous-continentale, en l’occurrence la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC). Une communauté en proie à la violence, du moins dans l’une de ses composantes qu’est le Gabon, à la suite de l’élection contestée d’Ali Bongo à la présidence de la République. Là aussi, nul doute que le président de la RD Congo a un rôle à jouer.

            En attendant, signalons que la session qu’abrite Kinshasa et dont la clôture intervient cet après-midi, a reçu 7 chefs d’Etat : le Sud africain Jacob Zuma, le Zimbabwéen Robert Mugabe, sa Majesté Mswati II du Swaziland, le Namibien Hifike-Punye Pohamba, le Botswanais Seretse Khama Ian Khama, le Zambien Rupiah Banda.

 

Germain Kadima

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