SADC : Félix Tshisekedi piégé

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Des envoyés spéciaux de la SADC (Communauté de Développement de
l’Afrique Australe), qui séjournent à Kinshasa depuis le début de la
semaine, en vue de la collecte des données relatives au blocage de
l’Accord du 31 décembre 2016 et de l’Arrangement Particulier, ont
programmé hier jeudi 20 avril 2017 à Kempesky Hôtel, dans la commune
de la Gombe, une séance de travail avec le Rassemblement des Forces
Politiques et Sociales Acquises au Changement. Alors qu’il se croyait
l’unique interlocuteur de ces mandataires des Chefs d’Etat de la
région, en sa qualité de chef de la délégation de ce regroupement
politique au Centre Interdiocésain,  Félix Tshisekedi était tout
surpris de se trouver en face de Joseph Olenghankoy qui, comme on le
sait, représente la dissidence.

Ne pouvant cautionner la confusion et s’estimant piégé, il a refusé
d’échanger avec les délégués de la SADC sur la même table que l’homme
qui conteste sa légitimité, au point de s’être autoproclamé chef de
file d’un Rassemblement/bis. Dans l’entendement de Félix Tshisekedi,
toute rencontre avec des émissaires de la SADC devrait avoir pour
soubassement l’Accord de la Saint Sylvestre et la Résolution 2348 du
Conseil de Sécurité des Nations Unies, laquelle souligne l’impératif
de l’application intégrale du deal politique accepté par toutes les
parties prenantes aux négociations du Centre Interdiocésain.
Le Rassemblement se méfie terriblement de la SADC, qui avait en son
temps donné sa pleine caution à l’Accord du 18 octobre 2017 conclu par
la Majorité Présidentielle et une partie de l’Opposition, sous la
médiation d’Edem Kodjo, au motif que ce compromis politique avait un
caractère global et inclusif. Selon cette organisation sous-régionale,
le gouvernement Samy Badibanga avait carte blanche pour conduire le
peuple congolais aux élections. Après le rejet de l’Accord de la Cité
de l’Union Africaine par le Rassemblement, fortement soutenu par les
Nations Unies, l’Union Européenne, l’Organisation Internationale de la
Francophonie et plusieurs Etats occidentaux dont les USA, la Belgique,
la France, la Grande-Bretagne…, il s’est tenu un second dialogue à
Kinshasa, sous le label de la Cenco (Conférence Episcopale Nationale
du Congo), dont la mise en application bute sur deux points : la
désignation du Premier ministre et du président du Conseil National de
Suivi de l’Accor du 31 décembre 2017. En prenant une initiative qui a
tout l’air d’une nouvelle démarche de légitimation d’un Premier
ministre choisi dans une famille politique où il est fortement
contesté, la SADC est loin d’être perçue comme une institution
impartiale dans la crise congolaise.
Kimp