S.O.S à Kinshasa : des champs de tirs lotis !

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Un phénomène bizarre est en train de se développer à Kinshasa : c’est la transformation des champs de tirs de l’armée, de la police et des services spéciaux en lotissements. A ce jour, des habitations en matériaux durables ont envahi les espaces jadis réservés au maniement d’armes dans la concession du Camp Tshatshi dans la commune de Ngaliema, du Centre de Formation de la police à Matete dans la commune du même nom et à Matadi Mayo, dans la commune de Mont-Ngafula.
  Qui aurait pu croire, il y a quinze ans, que des particuliers pouvaient risquer leur argent en se faisant acquéreurs de terrains dans des camps militaires ou de la police ? Aujourd’hui, l’on ne recule devant rien. Les constructions anarchiques défient désormais les domaines stratégiques au Camp Tshatshi, au Camp Kokolo, au Camp Lufungula, au Camp Kabila (Lemba), au Camp CETA, au Camp Badara, à la Base Navale de Ndolo, etc.
Aux interrogations des riverains de ces sites présumés ultra-sensibles et stratégiques il n’y a pas longtempsdont la proximité et les visites étaient strictement interdites aux civils et aux personnes étrangères à l’armée, à la police et aux services spéciaux, les réponses sont des plus évasives. Les champs de tirs ont-ils été désaffectés par les autorités compétentes (ministres de l’Urbanisme et Habitat et des Affaires Foncières), en accord avec les responsables de l’armée de la police et des services de renseignements ?
Dans l’affirmative, pourquoi une telle mesure n’a-t-elle pas été entourée de la publicité requise, afin que d’égales chances soient accordées à tous les compatriotes désireux d’acquérir un lopin de terre à Matete, à Ngaliema ou à Mont-Ngafula ? Dans la négative, qu’attendent les ministères précités pour réagir et mettre ainsi un terme à l’anarchie foncière ? Dans l’hypothèse de l’érection de constructions anarchiques dans des « domaines militaires et sécuritaires », les ministres de la Défense et de l’Intérieur ne devraient pas rester muets et inactifs.
Par ces temps où l’anarchie foncière n’a plus de limite dans la ville de Kinshasa, des mesures urgentes devraient être arrêtées pour rétablir, dans ses droits, l’Etat propriétaire des domaines publics et privés à caractère stratégique. A l’image de ce qui s’est passé tout récemment à l’Institut Technique Agricole de Mombele et à l’Hôpital de Kintambo, force doit etre à la loi.
Le constat à faire, à ce stade, est qu’il n’est plus possible aux candidats aux exercices des tirs d’aller le faire au Camp Tshatshi, à Matete ou Matadi Mayo. La rumeur laisse entendre que de nouveaux sites auraient été trouvés et aménagés du côté de Kibomango et Kasangulu. Tant mieux, si tel serait le cas.
A l’inverse, s’il y a effectivement spoliation des sites appropriés pour l’apprentissage des tirs à l’arme, l’on peut s’inquiéter des difficultés qui vont se présenter aux militaires, policiers et agents des services spéciaux ayant un besoin urgent en la matière. L’on peut même craindre que l’armée, la police ou les services spéciaux ne se retrouvent, en leur sein, avec des éléments n’ayant pas la maîtrise des tirs ou, pire, ignorant le maniement des armes.
S’il y a une décision portant désaffectation des champs de tirs du Camp Tshatshi, de Matete et de Matadi Mayo, il faut bien la regretter, car il s’agit de la réduction des opportunités de maîtrise des armes par nos compatriotes sous le drapeau ou opération dans les services de sécurité. Qu’on le veuille ou non, c’est un préjudice pour le pays, qui a grandement besoin de tels centres pour l’initiation aux armes de ses fils et filles ayant choisi de servir dans l’armée, la police ou les services spéciaux.
 
Kimp

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