RVA : duel au couteau Jean Assice répond à Nyarugabo

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L’Adg de la RVA, Jean Assice, a organisé le samedi 11 décembre 2010, dans la soirée, un point de presse à l’hôtel Vénus, dans la commune de la Gombe, question pour lui de donner l’autre son de cloche. D’entrée de jeu, il a déploré le fait que le sénateur Moïse Nyarugabo ait été induit en erreur par son ancien directeur de cabinet, actuellement Directeur général adjoint de la RVA, Okana. 

De la Gestion courante 

            « La direction de la RVA, a fait observer Jean Assice, a tout simplement le malheur d’assurer une gestion orthodoxe, de refuser les dépenses incompatibles avec les règles de bonne gestion financière et budgétaire et de rejeter les interférences dans la gestion courante de l’entreprise ». L’Adg a indiqué, à titre illustratif, l’annulation des contrats douteux ou surfacturés (Prea, Safenet…) portant sur 2,2 millions USD, l’annulation d’utilisations forfaitaires non justifiables (carburant) à hauteur de 60.000 USD/an, le recouvrement forcé des créances de l’ordre de 100.000 USD, la suppression des découverts permanents de N’Djili (660.000 USD), l’annulation des commandes fantaisistes (barrières) de 480.000 USD, la suppression de fausses dettes et actions en justice (Hôtel Lac Kivu) de 300.000 USD, action en justice pour annulation de la fausse dette de l’hôtel Phœnix (800.000 USD), rectification des abus sur les billets d’avion (400.000 USD), annulation du contrat « Rawbank » sur CODIR (160.000 USD), annulation des contrats « nettoyage » (600.000 USD/an), annulation du contrat « ornementation N’Djili »( 94.000 USD/an), annulation du contrat IATA sur les redevances de la RVA (450.000 USD/an), optimisation des commandes de fonctionnement (économie d’environ 500.000 USD…).   

 

Contrat ADPI/KPMG 

            Réagissant à l’assertion du sénateur Nyarugabo selon laquelle les paiements du groupement ADPI/KPMG seraient effectués sans aucune autorisation préalable, Jean Assice a soutenu que toutes les approbations ont été données à la RVA. « Ces paiements ont fait l’objet de négociations préalables et d’un accord entre les ministères du Portefeuille, des Transports et Voies de communication, des Finances, ainsi qu’au conseil d’administration de la RVA. Il convient de rappeler qu’il y a encore des arriérés dus au groupement ADPI/KPMG depuis près d’un an. En dépit de cela, le groupement continue à honorer ses engagements ».

            Selon Jean Assice, le groupement a mis en place des méthodes de gestion orthodoxe, dans le sens recommandé par la réforme des entreprises publiques. « En novembre 2008, et par suite d’un rapport d’audit commandité par les autorités au Cabinet international Deloitte et qui m’a été remis dès mon arrivée, a-t-il indiqué, il était constaté que des embauches irrégulières avaient été faites par le PCA et l’ADGA qui assurait l’intérim ». A titre illustratif, il a cité le cas d’un abbé, curé d’une paroisse catholique que l’ADGA avait embauché comme conseiller spirituel, qui ne se présentait même pas à la RVA et qui était payé grassement au rang de Chef de division.

Son Eminence le cardinal Laurent Monsegwo avait fortement critiqué l’auteur de cette embauche et le prêtre qui s’était prêté à cette manipulation. En interaction, les sommes indûment dépensées ont été remboursées par l’ADGA qui avait également engagé trois secrétaires temporaires alors que la RVA regorge de personnel administratif.

            Jean Assice a dénoncé le fait que son adjoint, pendant les 9 mois de son intérim, tout en bénéficiant mensuellement d’allocations de carburant substantielles de 1000 litres, faisait faire encore le plein de ses véhicules à N’Djili en inscrivant ces comptes sur ceux de l’aéroport, et cela jusqu’à concurrence de 8.000USD. De son côté, le PCA a engagé un géologue pour une entreprise aérienne, ainsi qu’un nombre excessif de membres de cabinet. 

Climat de travail 

            L’Adg de la RVA a indiqué qu’à sa prise de fonction, en octobre 2008, le personnel de la ville de Kinshasa accusait deux mois d’arriérés de salaires ; ceux de l’intérieur 16 à 42 mois. Aucun décompte final des retraités et familles des décédés n’était payé. Les provisions des frais médicaux étaient à peine de 2000 USD/mois pour une population de 10.000 personnes, soit environ 20 centimes par tête.

            «Depuis notre arrivée et grâce aux actions menées, les arriérés de salaires de 2008 ont été absorbés et ceux de l’intérieur, ainsi que les arriérés de salaires hérités de gestions précédentes sont dorénavant payés au fur et à mesure de nos moyens. Les provisions médicales ont été multipliées par 10 pour atteindre 20.000 USD/mois, soit 20 USD par personne.

            Bien plus, la RVA a relancé des conventions médicales signées avec certaines formations médicales locales, notamment le Centre Médical de Kinshasa, les Cliniques Universitaires, l’Hôpital général de référence de Kinshasa, la Clinique Ngaliema… et de l’étranger comme Sama en RSA, Roi Baudouin en Belgique.

L’Adg s’est attardé sur le cas particulier d’une personne en Afrique du sud. « A notre arrivée en RDC en 2008, a-t-il fait observer, cette personne séjournait déjà à Jobourg depuis près de 2 ans. Je précise que lors d’une mission à Jobourg avec l’ADF, nous avons offert à cette personne, en fin de soins, de revenir à Kinshasa. Elle a refusé, car elle voulait que la RVA paie des frais de logement à sa sœur, sans justificatifs. Nous ne pouvions accepter pour des raisons évidentes ». 

IDEF/GO-PASS 

            L’Adg a commencé par repréciser les paramètres en jeu : toutes les infrastructures sont désuètes et hors normes. Notre espace aérien est non sécurisé et contrôlé à grand’peine, pas de budget d’investissement car 70 % des revenus de la RVA servent à payer les salaires et autres avantages sociaux…Le mécanisme de la Redevance de développement des infrastructures (IDEF) est alors créé en avril 2009.

 L’IDEF n’est ni un impôt, ni une taxe, mais une redevance admise par l’OACI pour les gestionnaires des aéroports. Mais « sommes-nous les seuls à faire cela ? Est-on plus cher que les autres ? Y-a-t-il des problèmes à insérer ceci dans un billet d’avion ? Est-ce que cela coûte quelque chose aux compagnies ? », s’est-il exclamé face à la levée des boucliers des pêcheurs en eau trouble. 

Affaires judiciaires 

            Pour Jean Assice, la RVA est accablée de dossiers judiciaires hérités des gestions antérieures et n’avait quasiment jamais réussi à gagner un procès, même lorsque les faits étaient en sa faveur. Des complicités internes à la RVA bloquaient les processus. « Nous avons repris quasiment tous les dossiers et entamé les actions et mesures nécessaires en interne et en externe à la défense de nos intérêts. Il en résulte en 2 ans des économies de près de 10 millions USD ». 

Société INEO 

            Pour ce qui concerne la société INEO, Jean Assice a noté : « l’honorable sénateur a été induit en erreur en ce sens qu’aucun paiement ne leur a été fait, et de ce fait, ils n’ont exécuté aucune prestation. La RVA ne doit rien à cette compagnie ». 

Dossier SOGEA/Piste N’Djili 

            Jean Assice a affirmé que le financement des travaux de piste N’Djili devait se réaliser à travers un crédit bancaire de DBSA, en Afrique du Sud, et devait être contre-garanti par ces fonds de l’IDEF. Il se trouve qu’une société sud-africaine Identiguard, un fond vautour, avait gagné un procès contre l’Etat congolais en 2000, par suite d’un marché du ministère des Finances (DGI) non honoré. Cette société a donc fait saisir tous les comptes de la RVA ouverts à Standard Bank, à Jobourg. En septembre 2010, la RVA a gagné le procès et le financement est à nouveau en discussion pour un redémarrage des travaux au début de l’année 2011. « SOGEA n’a donc pas plié bagages, mais est en attente de reprise de contrat…et contrairement à l’affirmation de l’honorable Mbadu, elle n’a entamé aucune action en justice contre la RVA ». 

Complexe pavillon d’honneur 

            Le complexe du pavillon comprend 14 contrats différents, étalés sur six mois et totalisant environ 34,5 millions USD. Le pavillon lui-même est une composante du projet global et a été réalisé pour un montant de 11,034 millions USD. Pour l’Adg de la RVA, la délocalisation des fonctions officielles était une nécessité pour le fonctionnement opérationnel normal de N’Djili et permet de dégager la partie correspondante dans l’aérogare de N’Dijili.

 Elle était également indispensable pour des raisons de sécurité. Cela permet, enfin à la RVA d’envisager  des travaux de construction de la nouvelle aérogare sur la base d’un PPP ou BOT.   

Diverses questions sur EDS 

            Selon l’Adg : « EDS est une société qui travaille avec la RVA depuis près de 8 ans, avant même mon arrivée. Elle a réalisé des travaux et fourni des matériels divers…Il aurait été mentionné que des ordinateurs commandés à EDS n’auraient pas été livrés. En fait, ces allégations étaient aussi apparues dans un tract syndical. La vérité est toute autre et les enquêtes subséquentes à ces annonces syndicales fantaisistes l’ont démontré. Cette commande valait 10.000 Euros pour 300 ordinateurs, soit 300 Euros par ordinateur, transport compris, livrés à Kinshasa, et tous les récipiendaires ont signé la réception de leur PC ».

            « Concernant les avoirs comptables sur une commande EDS, il me revient de préciser que les opérations comptables ont été vérifiées et revérifiées lors des enquêtes de justice et que la RVA a démontré qu’elle a économisé plus de 140.000 USD sur ce dossier ».

M .L.

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