Rumeurs de privatisation de l’entreprise : Louise Munga a rassuré le personnel de la SCTP

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scpt_ocpt_rdc_batiment_bd_30_juin_500pxLes vraies préoccupations du gouvernement quant au processus de désengagement de l’Etat-propriétaire de la gestion de l’ex-Onatra, processus qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive et suscité de folles rumeurs, ont été largement expliquées par Louise Munga Mesozi, ministre du Portefeuille, au cours d’une réunion de clarification de plus de trois heures, organisée à son initiative, vendredi 9 août, dans la salle de conférences de son cabinet.

La ministre du Portefeuille a non seulement su convaincre les délégués de différents syndicats prêts à faire enflammer la salle, mais dévoilé les principaux objectifs de l’exécutif qui ont apporté un brin d’assurance dans les milieux syndicaux, notamment faire de la SCTP, une entreprise de transport multimodal moderne et dynamique, avec des ports compétitifs dans la région, capables de réveiller le transport ferroviaire entre Kinshasa et Matadi, ainsi que le transport maritime. En l’état actuel de ses infrastructures caractérisées par une dégradation avancée,  l’obsolescence de ses équipements, sa trésorerie déficitaire, les trois quart de son personnel pléthorique atteint par la limite d’âge, et la mauvaise qualité des biens et services, cet objectif reste qu’un vœu pieu. Pour montrer l’étendue du gouffre, Louise Munga a illustré ces difficultés par quelques chiffres interpellateurs. Deux quais réhabilités sur six ne peuvent pas supporter la charge de plus de 1.000 tonnes. 266 km de voies ferrées réhabilitées, alors que 112 km sont en attente, on ne pouvait se consoler avec l’acquisition de 7 locomotives neuves en 1991, la remotorisation de cinq locomotives en 2007. Est-ce assez pour relancer l’entreprise quand trois seulement sont aujourd’hui en service ? s’est-elle interrogée. En outre, les charges sociales estimées à plus de 74 millions de dollars, accaparent 53 % du chiffre d’affaires, et la SCTP doit résoudre chaque mois, l’équation de la paie de 10.552 agents actifs, 12.627 pensionnés de rente et de 552 pensionnés debout. Le port de Matadi à lui tout seul, contribue à hauteur de 65% dans la charge sociale de l’entreprise. Mais pour ressusciter cette entreprise, le coup de baguette magique ne peut venir de ces quelques actions sporadiques d’ailleurs insuffisantes devant l’océan des problèmes qui donnent des vertiges aux mandataires placés à ses commandes et dont les violons ne s’accordent pas à cause de profondes divergences de vues. Voilà pourquoi l’Etat-propriétaire, a indiqué la ministre du Portefeuille, s’est soucié de la relance de cette unité de production et de la protection des emplois des travailleurs, avant de préciser que le gouvernement envisage dans ce processus de désengagement, de revitaliser le rôle de la SCTP dans le secteur de transport, afin de booster l’économie nationale, et de garantir une meilleure contribution de cette société au budget de l’Etat.

La confiance des travailleurs, un élément déterminant

Balayant les ragots faisant état de la vente de la SCTP, Louise Munga a rappelé l’historique du processus devenu inéluctable aujourd’hui, de désengagement de l’Etat. Ce processus, a-t-elle indiqué, a débuté avec le diagnostic réalisé par la Copirep, en collaboration avec une délégation de partenaires sociaux de la SCTP, en passant par plusieurs réunions du Conseil des ministres, pour aboutir au lancement de l’Appel d’offres restreint. Tout s’est fait, a insisté Louise Munga Mesozi, dans la transparence, car il y va des intérêts de ses compatriotes travailleurs employés par cette entreprise.

Elle en a profité pour faire la lecture et les commentaires de ses deux correspondances adressées à la société Bolloré Afrique Logistique et à Copirep. A cette entreprise française, la ministre du Portefeuille avait répondu à ses lettres de manifestation d’intérêt à la gestion des activités des ports maritime de Matadi et fluvial de Kinshasa. Et à Copirep, Louise Munga donnait des instructions précises pour procéder au lancement du dossier d’appel d’offres restreint sur le partenariat public privé des activités de la SCTP.

L’exécutif a eu recours à un consultant international spécialisé qui lui soumettra un rapport détaillé.

Nulle part, elle a évoqué une quelconque vente de l’ex-Onatra, ou une prétendue privatisation pouvant mettre en péril les intérêts des travailleurs. Aussi pour lever tout malentendu, elle a accordé la parole à quelques syndicalistes pour leur permettre de relever des points sombres dans ces correspondances. Si les uns se sont interrogés sur le nom de Bolloré qui a défrayé la chronique judiciaire en Afrique de l’Ouest, les autres se demandent si le gouvernement a enquêté sur son expertise technique et sa capacité financière pour résoudre les problèmes de l’ex-Onatra. D’autres se sont inquiétés sur le mode de sélection de l’appel d’offres restreint qui cacherait beaucoup de choses, et sur le choix du désengagement de l’Etat sur les activités rentables de la SCTP, alors que la préoccupation devait se focaliser sur les activités non productives. Même les conflits opposant les membres du comité de gestion et ceux du conseil d’administration et l’absence de sanction de la tutelle administrative, ont été soulevés.

            Louise Munga a alors souligné l’importance de cette campagne de communication qu’elle mène et qui a pour but de tordre le cou aux rumeurs, de donner la bonne information et de restaurer la confiance du personnel, afin d’obtenir son adhésion à la politique du gouvernement. Pour ce faire, elle a chargé le Copirep et les syndicats de relayer son message dans toutes les entités de la SCTP pour mettre un terme à l’intoxication distillée par les fauteurs de troubles décidés à saper l’action de l’exécutif. Au sortir de cette réunion, de nombreux syndicalistes se sont dit apaisés et rassurés par la ministre du Portefeuille. Cependant, ils ne cessent de réclamer qu’ils soient désormais associés d’une manière assez représentative, dans toutes les négociations et processus touchant à la survie de l’entreprise. J.R.T.  

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