Royaume Uni – Kikaya : mauvais départ !

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En dépit des Etats généraux des Affaires étrangères organisés sous Antipas Mbusa aux termes desquels la réduction de missions diplomatiques de la RDC conformément aux moyens modestes du pays, le payement régulier des diplomates, l’affectation des diplomates selon le profil exigé en la matière et les procédures, l’apurement des arriérés de rapatriement du personnel arrivé fin mandat, les mauvaises procédurespersistent.

 

            Il est malheureusement observé que l’on continue à envoyer des diplomates à l’étranger sans qu’on ait pris les dispositions requises pour le rapatriement de leurs prédécesseurs et de leurs familles, pour la liquidation des dettes de loyers en plus de problème d’insuffisance des frais de fonctionnement. Le cas le plus illustratif, c’est celui enregistré à l’ambassade de la RDC à Londres.

 

 Kikaya accusé de brûler les étapes 

            Dans un récent message destiné au ministre des Affaires Etrangères, le Chargé d’Affaires de l’Ambassade de la RD Congo au Royaume Uni a demandé à l’ambassadeur récemment nommé, Barnabé Kikaya Bin Karubi, d’attendre que le sortant présente d’abord ses adieux à la Reine. En substance, le Chargé d’Affaires Lumingu a déploré la violation de la procédure dans la passation des pouvoirs. En clair, le nouvel ambassadeur exerce sans avoir présenté ses lettres de créances à la Reine et procédé à la remise et reprise avec le Chargé d’Affaires.

En l’espèce, la Convention de Vienne édicte trois principes : l’ambassadeur entrant devra attendre que son prédécesseur présente ses adieux aux autorités du pays d’accueil, l’entrant devra ensuite présenter ses lettres de créances aux autorités du pays d’accueil; et procéder à la remise et reprise avec le Chargé d’Affaires. Ainsi, on estime que l’entrant a bien brûlé les étapes et sa présence au pays d’accueil ne serait pas régulière, compte tenu de son rang, à l’égard de la Convention de Vienne.

            Dans les couloirs du ministère des Affaires Etrangères à Kinshasa, on laisse entendre que le nouvel ambassadeur en terre britannique depuis la semaine passée, a précipité son voyage en Grande-Bretagne pour des raisons de scolarité de ses enfants.

            Et déjà, le nouvel ambassadeur contrôlerait tout. C’est notamment les recettes générées par les opérations d’octroi des visas et veut s’assurer de la destination donnée à la somme de 173.000 livres encaissée en 2008, année antérieure à sa nomination. Pour ce dernier dossier, des sources proches du ministère des Affaires Etrangères ont fait savoir au Phare que l’ambassadeur sortant avait négocié régulièrement ce dossier des arriérés de loyers de plusieurs années que le gouvernement congolais, à travers le ministère des Affaires Etrangères, devrait apurer. Ce dossier a d’abord été traité à l’époque par Raymond Ramazani Baya, alors ministre de tutelle puis conclu par son successeur, Antipas Mbusa Nyamuisi qui avait toujours pris soin d’associer son vice-ministre Gata, son conseiller financier Boo et l’ambassadeur en poste à Londres, Mme Tshiela Compton. De commun accord, ils avaient convenu que la somme de 173.000 livres sterling soit destinée à l’apurement des arriérés et virés directement dans les comptes privés des créanciers. A l’ambassade, on fait savoir qu’un émissaire du nouvel ambassadeur serait mis à contribution pour bloquer l’apurement de la dette et obtenir que le montant soit géré par l’entrant. Ce qui parait aux yeux de l’opinion, comme une action qui tend à créer inutilement un conflit qu’on peut bien éviter entre le Congo et des milieux privés britanniques, soutenus par les conservateurs (opposition). Mais en dernière minute, a-t-on appris, la police britannique a rejeté la demande initiée par le nouvel ambassadeur et confirmé la régularité de la procédure de payement, tel que l’atteste la copie du document que Le Phare publie en fac simulé. Mais à Londres, on exige des éclaircissements sur les 400.000 livres que l’ambassadeur entrant a amenés à son départ de Kinshasa. Cet argent serait-il viré au compte de l’ambassade ou dans un compte privé ?

S’agissant de la procédure de passation des pouvoirs et de la présence jugée non protocolaire de l’entrant, au regard de son rang, elle peut être mal perçue et mettre en cause son accréditation.

            Des analystes pensent que dans un pays comme la Grande Bretagne et la Russie particulièrement, où nos relations sont encore fragiles, l’acte pourrait être assimilé à un espionnage. A l’ambassade, c’est un climat de peur panique. Mais qui est actuellement le numéro un de l’Ambassade ? C’est le Chargé d’Affaires Lumingo ou l’ambassadeur entrant mais qui n’est pas encore accrédité ou l’ancien ambassadeur qui n’a pas encore présenté ses adieux ?, s’interrogent des diplomates à Londres.

 

L’image de la RDC fort ternie

            A force de faire fonctionner nos ambassades sans moyens, de laisser les diplomates sans émoluments, d’accumuler des dettes de loyers, de factures de chauffage, eau, électricité et autres arriérés de payement pour les personnels locaux, on risque de connaître des cas de vente des immeubles de nos ambassades comme à l’époque de feu Cléophas Kamitatu Massamba à Tokyo, au Japon, de Bokonga Ekanga Botombele en Autriche ; d’un des fils Kasa Vubu à Londres. L’image du pays est fort noircie par les diplomates et leurs familles qui squattent les locaux des ambassades.       

       D-I.K

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