Routes : 6,9 milliards USD investis par an en Afrique 

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autoroute_843345_679x417Des délégués de 35 pays membres de l’Association des Fonds d’Entretien Routier Africains(AFERA) sont réunis à Kinshasa, depuis hier lundi 23 novembre 2015, afin de réfléchir sur les voies et moyens de garantir la pérennité des investissements routiers et, par ricochet, accroitre la connectivité régionale. Ouverte au Fleuve Congo hôtel sur le thème « Utiliser ce que nous avons pour réaliser ce dont nous avons besoin » par le ministre des Infrastructures et Travaux Publics, Fridolin Kasweshi Musoka, cette 14ème Assemblée générale se clôture ce mardi 24 à Béatrice hôtel sur fond des recommandations pouvant permettre l’amélioration du travail abattu par cette structure supranationale. Ont pris part à cette cérémonie d’ouverture de nombreuses personnalités, notamment des membres du gouvernement, le gouverneur de la ville de Kinshasa, le président de l’AFERA, des partenaires au développement (Banque mondiale, USAID, etc.), des membres du Bureau du comité exécutif de l’AFERA, etc.

A cette occasion, Fridolin Kasweshi a d’entrée de jeu reconnu que les infrastructures routières ont prouvé leur importance dans le développement socio-économique des pays africains, mais leur coût de construction ou de réhabilitation par contre dépasse souvent leurs capacités de mobilisation des fonds. « Vous le savez, les besoins en investissement dans le secteur des routes, selon les études de la Banque mondiale, s’élèvent à 9,6 milliards USD par an pour notre continent alors que les dépenses actuelles atteignent environ 6,9 milliards USD par an » a-t-il fait noter, avant de souligner que cette dépense est faible dans les Etats fragiles et atteint à peine 10% des besoins. Pire, environ la moitié de ces investissements proviennent des bailleurs de fonds.

Concernant la contribution du secteur privé au financement des routes dans notre continent, le ministre a révélé qu’elle est négligeable car, « à peine 0,1% du réseau classique est éligible aux concessions des routes à péage et cela presque entièrement en Afrique du Sud ».

En effet, moins de 10% du réseau attire plus de 15000 passages des véhicules par jour qui représente le flux de trafic minimal nécessaire pour que les concessions soient économiquement rentables. En RDC, convient-il de souligner à la suite de Fridolin Kasweshi, le maximum atteint à ce jour pour les routes interprovinciales est de 3000 passages par jour, soit 20% du minimum requis.

Pour sa part, le directeur général du Fonds d’entretien routier/RDC, hôte du jour, a confirmé qu’il y a effectivement un écart entre les besoins d’entretien et les moyens mobilisés. D’où, l’importance de ces deux jours de réflexion sur les ressources à mobiliser par les différents Fonds d’entretien routier africains.

Quant au président de l’AFERA, Anthony Mwanahumu, il a lui aussi plaidé pour la mobilisation et l’utilisation judicieuse des ressources, tout en annonçant l’installation prochaine du siège de l’AFERA à Addis-Abeba.

Créée en décembre 2003, l’AFERA a tenu ses deux dernières assemblées générales à Mombassa(Kenya) en 2013, puis à Victoria Falls (Zimbabwe) en 2014.

Tshieke Bukasa