Rossy Tshimanga Mukendi, nouveau martyr de la démocratie

0
482

Atteint par deux balles dont l’une en pleine poitrine, Rossy
Tshimanga Mukendi laisse une veuve et deux orphelins, dont Kelly, âgé
de 13 ans et Tempérance, un bébé de quatre mois. L’infortuné était
l’un des trois inoncents tués par des balles réelles lors de la marche
pacifique organisée le dimanche dernier à travers les villes et
localités du pays par le Comité Laïc de Coordination pour réclamer
l’application intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre conclu le 31
décembre 2016 sous l’égide de la CENCO.
Rossy Tshimanga Mukedi sortait vers 11 heures de la messe organisée
dans la paroisse Saint Benoît de Lemba, en compagnie d’autres
chrétiens catholiques. Selon certains témoins, un officier de sexe
féminin répondant au nom de Carine Lokeso l’aurait interpelé par son
nom avant de lui tirer d’abord une balle en sa direction suivie d’une
seconde en plein cœur pour l’achever après avoir constaté que la
première balle ne l’avait pas atteint.
Selon la version de la police, il a succombé après avoir été atteint
par une balle en caoutchouc.
Transporté d’urgence vers l’hôpital Saint Joseph de Limete,
l’infortuné n’a pas survécu aux blessures selon le Dr François
Kajingulu, médecin directeur de cette formation médicale.
Le défunt est connu comme un activiste des droits de l’homme au sein
de l’Ong de défense des droits d’homme du nom de Collectif 2016,
membre de l’ECCHA-RDC, selon les déclarations faites hier dans le
Journal Télévisé sur TV 5 par le chef des travaux Ben-José Luendu et
Nera Kanyinda, chargé de l’Administration et Communication au sein de
ladite Ong.
Dans sa vie professionnelle, le regretté Rossy Tshimanga Mukendi
exerçait comme professeur assistant au Département des Relations
Internationales à l’Université Pédagogique Nationale, sous la
direction de feu le professeur Baudoin Biyoya Makutu et ailleurs,
notamment à l’Université Révérend Kim et à l’Institut Panafricain des
Relations Internationales et Stratégiques ou IPRIS. Comme chercheur et
analyste, Il a légué à la science et à la nation congolaise des
articles de grande valeur dans la Revue internationale EISA dont entre
autres celui intitulé le 1erJuin 2014 « Alliances et Coalitions  des
partis politiques en RDC, causes et conséquences ». Il avait publié
aux éditions universitaires européennes son premier ouvrage intitulé «
De la renaissance de la RDC dans le contexte géopolitique post blocs
».
Par ailleurs, se sentant sous des menaces diverses, Yannick Tshimanga
Mukendi, lui aussi activiste des droits de l’homme et jeune frère du
défunt, serait entré en clandestinité selon des sources proches de la
famille de l’infortuné. En attendant, une conférence de presse est
prévue ce matin par de nombreuses organisations de défense des droits
de l’homme au siège de l’AETA à Limete, dans la cadre du lobbying pour
lancer des enquêtes sur cet assassinat odieux qui vient d’endeuiller
encore une fois la nation congolaise. Ne le sachant pas, deux jours
avant de rendre l’âme, le regretté Rossy Tshimanga Mukendi a eu des
mots qui resteront comme son testament à la nation congolaise : « Nous
allons colorer le sol congolais rouge de notre sang, pourvu que nos
enfants ne vivent pas esclaves demain. Quand la mort viendra, je
partirai fier d’avoir défendu l’idéal ».

Castro