Roger Nord du FMI analyse les nouveaux risques

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Le Fonds monétaire international vient de publier une étude sur les perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne en 2011. En mission à Kinshasa, Roger Nord du département Afrique du FMI, a fait hier après-midi, à l’Hôtel Venus, l’économie de cette étude.

 Pour aborder ce sujet, et parler de la situation économique de la RDC, ainsi que du Programme économique du gouvernement appuyé par la Facilité élargie de crédit du FMI, il était complété par  Samir Jahjah, représentant résident du FMI à Kinshasa,  Jean-Claude Masangu, gouverneur de la Banque centrale du Congo et  Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, directeur général à la Banque centrale du Congo, en charge de la politique monétaire et des opérations bancaires.

L’expert du FMI a présenté d’une manière synthétique cette étude en trois grands chapitres. Au premier, Roger Nord s’est intéressé d’abord à la reprise économique qui s’affermit dans le monde. Cette relance de l’activité économique, a-t-il relevé, s’est manifestée dans plusieurs pays du monde, notamment avec une croissance de 6,5 % dans les pays émergeants, de 2,5 % pour les économies avancées et de 4,5 % pour la croissance mondiale. Les prévisions du FMI établissent qu’il y a une reprise pas très équilibrée pour les économies émergeantes.
 En RDC, il n’y aura pas de surprise. Le pays fera probablement face aux bouleversements importants et devra endiguer l’augmentation du taux de chômage dont les statistiques sont difficiles à chiffrer.
 Deux grands défis se présentent à la RDC. En premier lieu, le pays doit reconstituer les marges de manœuvres pouvant lui permettre d’atténuer les chocs exogènes de la hausse des cours mondiaux du pétrole et des produits alimentaires. Par le passé, l’Afrique a subi la crise mondiale. Elle n’a toujours pas retrouvé le niveau d’avant la crise.
Cette fois-ci, les marges de manœuvres ne le permettent pas.
 L’expert du FMI a noté que pour le cas des pays à revenus intermédiaires, les effets sont importants tout autant que les économies fragiles plus exposées aux marchés internationaux qui n’ont pas retrouvé le niveau d’avant la crise.
Ailleurs, a-t-il fait observer, on a répondu à la crise avec des politiques contracycliques. Cela exige aussi la maîtrise du niveau de la dette à un rythme soutenable.
 Bonne nouvelle pour certains de ces pays, les prix n’ont pas encore vu venir les augmentations.
Pour les produits pétroliers, Roger Nord est persuadé qu’on n’atteindra pas le niveau de 2008. Et aux conséquences de cette flambée des cours mondiaux, il préconise comme antidote, réorienter la politique budgétaire et reconstituer des marges de manœuvres d’avant la crise, pour amortir le choc de la crise mondiale. Si la croissance a retrouvé son niveau d’avant la crise, il faut un resserrement de la politique budgétaire et monétaire.
 Sur une carte de l’Afrique, il fait ressortir les prévisions du FMI pour la croissance mondiale avec un taux de croissance qui va passer de 3,5 à 7,5 %. Pour le cas de 29 pays à faibles revenus, ayant les deux tiers de la population en dessous du seuil de pauvreté, ces recommandations du FMI demeurent importantes.

La RDC reconstitue ses réserves de change internationales

 Au second chapitre, l’expert du FMI a évoqué les problèmes de politique économique marqués principalement par l’insuffisance de l’ajustement budgétaire et de la remise en état du système financier dans les économies avancées, ainsi que l’insuffisance du rééquilibrage de la demande dans les principales économies excédentaires d’Asie.
 Au dernier chapitre, Roger Nord s’est focalisé sur les nouveaux risques entrainés par la flambée des prix des produits pétroliers et alimentaires sur le marché mondial. Selon le classement du FMI, 44 pays au sud du Sahara sont subdivisés en trois groupes distincts. Le premier groupe est constitué par les pays exportateurs du pétrole, le second par les pays à revenus intermédiaires et le troisième par les pays à faibles revenus.
 Pour le cas de la RDC, Samir Jahjah a dévoilé quelques  indicateurs macro-économiques, et relevé une croissance réduite à  2,9 % en 2009, et une inflation importante.
 Répondant à une série des questions lui posées, le gouverneur de la BCC a signalé que le volume des crédits bancaires en RDC, a atteint 800 millions de dollars dont 88 % octroyés en devises et au secteur privé. Ses services étudient l’usage des crédits et le statut des emprunteurs, qui sont soit des opérateurs économiques ou des ménages.
 Concernant la dédollarisation de l’économie congolaise, Jean-Claude Masangu signale que c’est un travail de longue haleine et le processus est en cours. Il bénéficie des innovations introduites dans le Système national de paiement, avec la monétique qui évitera le recours à la monnaie fiduciaire. Il faudra un Franc stable pendant une période longue. Le problème est que les dépôts à terme sont en devises. Un jour, a-t-il prévenu, la BCC fermera les vannes.         

       J.R.T.

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