Révolutionnaires d’un jour ou de tous les temps : ils ont été de tous les combats

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1.         Le Roi Léopold II (1835-1909)

Né en 1835, le duc de Braband, futur roi Léopold II, succède à son père au trône de Belgique en 1865. Bien avant d’être roi, il rêvait d’un empire en Afrique. C’est ainsi qu’en 1876, il crée l’Association internationale du Congo (AIC).
Son ambition personnelle et sa rencontre avec Henri Morton Stanley seront déterminantes pour l’avènement du Congo. Le roi envoie Stanley en mission en Afrique Centrale.

Lors de la conférence de Berlin qui a eu lieu du 15 novembre 1884 au 26 février 1885, Léopold II obtient des puissances européennes le contrôle d’un immense territoire. Ainsi, naît l’Etat Indépendant du Congo. S’approprier un tel territoire ne peut qu’être le fruit d’un génie. Pour y arriver, Léopold II avait convaincu Paris en lui annonçant que si l’AIC devait mettre fin à son œuvre, la France hériterait de tous ses droits en Afrique par droit de « préemption ». Face à cette situation, l’Angleterre et l’Allemagne, pour éviter de voir la France élargir ses possessions africaines, n’ont d’autre choix que d’appuyer Léopold II et son AIC. De son côté, la France ne peut que soutenir un souvetain dont elle se considère comme l’héritière présomptive.

Sans mettre ses pieds au Congo, Léopold II organise progressivement l’EIC. Il réussit à mâter avec brutalité de nombreuses résistances. Il confie à des compagnies à charte le soin d’exploiter les richesses de la colonie : le caoutchouc et l’ivoire principalement. Un décret de 1889 établit que les terres « vacantes » appartiennent de droit à l’Etat.

En 1908, Léopold II, ruiné est contraint d’abandonner à la Belgique l’EIC, qui devient la colonie du Congo-Belge. Une année plus tard, soit le 17 décembre 1909, il meurt à Laecken.

 

2. Le roi Beaudouin 1er (1930-1993)

Fils de Léopold III, il devient roi des Belges à partir de 1951 suite à l’abdication de son père. Son premier voyage au Congo se déroule du 16 mai au 11 juin 1955. Dans son premier discours au peuple congolais, le jour de son arrivée c’est-à-dire le 16 mai, le roi déclare : « Mon père, le roi Léopold III, qui porte à ce pays, comme ses prédécesseurs le plus vif attachement d’une nation, le principe commande au souverain d’assurer l’intégrité de leur territoire et de veiller à la prospérité ainsi qu’au bonheur de leurs populations ».

Après son premier voyage, le climat politique dans la colonie ne cesse de se dégrader surtout après les émeutes de 4 janvier 1959. Malgré cela, Baudouin 1er reste accroché à l’idée dans laquelle il a été élevé. Il le démontre lors de son second voyage au Congo du 17 décembre 1959 au 3 janvier 1960. Dans un bref message radiodiffusé, il dit : « depuis près d’un siècle, la Belgique et le Congo ont réalisé une œuvre que le monde entier admire. Avec l’aide de Dieu, nos deux pays continueront à faire de grandes choses dans l’union et la fraternité ».
Le roi Baudouin 1er ignore, en rentrant en Belgique, le 3 janvier 1960, qu’il va revenir le 30 juin de la même année à Léopoldville pour mettre fin à la colonisation belge. C’est en 1993 qu’il disparaît en laissant le trône à son jeune frère Albert II.

3. Joseph Kasa-Vubu (1913-1969)

C’est le premier Président de la République Démocratique du Congo, il est né à Dizi en 1913, dans le Mayombe. Il a fait des humanités latines au petit séminaire de Mbata Kiela puis trois années de philosophie au grand séminaire de Kabwe et une année d’Ecole normale à Kangu. Il décroche son diplôme de moniteur en 1940.
En 1942, il effectue son entrée dans l’administration coloniale. En 1954, (le 21 mai) il est élu président de l’Abako, en avril il est nommé président de l’Association des Bourses d’études du Mayombe, et en mai, secrétaire général de l’Adapes.
Au lendemain des élections municipales de 1958, il accède à la tête de la commune de Dendale en qualité de bourgmestre.
Ses activités politiques le conduisent en prison en janvier 1959, suite aux émeutes qui ont ensanglanté la capitale après l’annulation d’un meeting de l’Abako. Il est mis en liberté provisoire le 14 mars 1959 sur intervention du ministre du Congo, M. Van Hemelrjick. Il va être élu président de la République au niveau du Parlement en mai 1960, après avoir pris part en janvier-février à la Table Ronde de Bruxelles.

Deux semaines après l’indépendance du pays, en sa qualité de chef de l’Etat, il est confronté à la sécession du Katanga proclamée par Moïse Tshombe le 11 juillet 1960. Pour faire face à cette situation, son premier ministre Lumumba fait appel à l’Onu. Kasa-Vubu va le démettre en septembre de la même année. Cet acte loin de clarifier les choses plonge plutôt le pays dans le chaos.
S’il a survécu politiquement au premier coup d’Etat du colonel Mobutu en septembre 1960, le second, en novembre 1965, l’écarte définitivement de la scène politique congolaise. Assigné à résidence dans son village natal, le président Joseph Kasa-Vubu rend l’âme le 24 mars 1969.

4. Patrice-Emery Lumumba (1925-1961)

Il est né à Katako-Kombe, au Kasaï Oriental, en 1925. Formé comme comptable, il est employé à la brasserie Polar en qualité de délégué commercial à Léopoldville. A la veille de l’indépendance, il exerce les fonctions de Directeur commercial au sein de la même firme mais à son siège provincial à Stanleyville.
En 1958, il fonde le Mouvement National Congolais (MNC). En janvier 1960, il participe avec Kasa-Vubu, à la conférence de la Table-ronde de Bruxelles qui décide de l’indépendance du Congo-Belge. En mai, le MNC remporte les élections législatives avec 41 sièges sur 137 à la chambre des députés. Sur base d’un compromis avec Kasa-Vubu, il est élu Premier ministre, chef du gouvernement. Il tient la vedette de l’actualité le 30 juin 1960, le jour de la proclamation de l’indépendance, en prononçant un discours non retenu par le protocole.

Face à la sécession du Katanga, le 11 juillet 1960, il incarne la défense de l’unité nationale. Destitué par le Président de la République, Kasa-Vubu le 5 septembre 1960, il décide à son tour de démettre le chef de l’Etat de ses fonctions. Court-circuité par le coup d’Etat du Colonel Mobutu, le 14 septembre 1960, il fait de la résistance à partir de sa résidence avant de prendre le large à destination de Stanleyville. Arrêté par les services de sécurité en compagnie de Mpolo et Okito, il est jeté en prison à Léopoldville puis Thysville pour enfin être transféré au Katanga. Le 17 janvier 1961, les trois prisonniers trouvent la mort dans des circonstances mystérieuses.

5. Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko (1930-1997) 

Né à Lisala dans l’Equateur, le 14 octobre 1930. Après ses études primaires à Mbandaka, à cause d’un voyage clandestin dans la capitale considéré comme le berceau du vice, il est renvoyé de l’école et enrôlé dans l’armée. A l’école des sous-officiers de Luluabourg, il reçoit une formation de comptable. En même temps que sa carrière militaire, il s’initie à la profession de journaliste et écrit sous le pseudonyme « de Banzy » dans les journaux « Avenir » et « Actualités  africaines » paraissant à Léopoldville.
C’est le journalisme qu’il embrasse naturellement au terme de son service militaire de 7 ans (1950-1957) et à ce titre, il effectue un stage à la maison de Presse à Bruxelles et suit des cours à l’Institut supérieur d’études sociales.

Dès 1960, Mobutu prend une part active aux travaux de la Table Ronde de Bruxelles, en tant que secrétaire particulier de Lumumba.
L’indépendance acquise, Mobutu  devient Secrétaire d’Etat à la Présidence du conseil chargé des questions politiques et administratives. Lorsqu’éclate la mutinerie de la Force Publique, c’est lui à qui on pense et  il est nommé chef d’Etat-major avec le grade de colonel.
Premier et seul parachutiste congolais à avoir été largué en mer, le 2 septembre 1963 en Israël, Mobutu est promu, au terme d’un décret du Premier ministre Tshombe, lieutenant-général des Forces armées le 3 novembre 1965. 21 jours plus tard, il s’auto-proclame, le 24 novembre 1965, Chef de l’Etat.
Une fois au pouvoir, Mobutu restaure l’ordre par la terreur en s’appuyant sur l’armée et son parti, l’unique autorisé, le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR). En 1971, le Congo-Kinshasa devient Zaïre (27 octobre 1971). En 1972, la politique de l’authenticité » amène l’africanisation de tous les noms d’origine européenne.

En novembre 1973, il décide la « zaïrianisation » des unités de production et du petit commerce tenus par des étrangers suivie de mesures de « radicalisation » et de « rétrocession ». L’économie est assommée. En 1977 et 1978, il doit faire face à deux invasions successives du Shaba menées par des opposants au régime venant d’Angola. Il s’en sort grâce à l’intervention des armées françaises et marocaines.
Le vent de la perestroïka l’oblige à annoncer le multipartisme en avril 1990. Il s’ensuivra une longue période de transition qui va voir une rébellion menée par Laurent-Désiré Kabila lui faire fuir le pays le 16 mai 1997 pour le Maroc via le Togo. Il meurt abandonné de tous, le 8 septembre 1997 à Rabat.

6. Joseph Ileo Songo Amba (1921-1994)

Il est né le 15 septembre 1921 à Léopoldville. Après son cycle primaire, il fréquente de 1954 à 1957, le centre d’études sociales organisé par les syndicats chrétiens avec la collaboration de l’université Lovanium.
Journaliste, rédacteur en chef du mensuel « Conscience africaine », Joseph Ileo est co-auteur, avec Joseph Ngalula et le jeune abbé Albert Malula, du document politique dénommé « Manifeste de la conscience africaine », qui, en juillet 1956, revendiques l’indépendance du Congo, en appui au Plan de 30 ans du professeur Van Bilsen. Membre du comité provisoire du MNC en octobre 1958, il est de ceux qui constituent plus tard la dissidence qui va prendre le nom de MNC/Kalonji en juillet 1959. En avril 1960, Ileo est successivement élu sénateur à l’Equateur et député provincial à Léopoldville. En juin 1960, il prend la présidence du Sénat. Quand le 5 septembre 1960, Kasa-Vubu annonce la révocation de Lumumba, il charge Joseph Ileo de constituer le nouveau gouvernement. Mais ce gouvernement est neutralisé le 14 septembre par le coup d’Etat de Mobutu.

En 1964, il préside la conférence constitutionnelle de Luluabourg qui aboutira à l’élaboration de la nouvelle constitution de la RDC.
Durant la IIème République, il se fait remarquer par son opposition, en 1971, aux excès de la philosophie du recours à l’authenticité. En 1979, il préside le Conseil législatif lorsque ce dernier initie ses mémorables interpellations qui exposent au grand jour la mauvaise gestion des dignitaires de la 2ème République. Durant son mandat, Iléo s’oppose avec la dernière énergie à la demande tendant à lever l’immunité des 13 parlementaires, futurs fondateurs de l’Udps. Enfin, en 1980, il est révoqué du Bureau politique et du Comité central du MPR pour manquements graves à la « discipline du parti ».
Avec l’ouverture démocratique du 24 avril 1990, il crée le 27 avril 1990 le Parti démocrate et social chrétien (PDSC). En juillet 1991, il est co-fondateur de l’Union sacrée de l’opposition radicale. Il est élu, en 1992, 1er vice-président du Bureau de la conférence nationale souveraine, puis du Hcr, et du Hcr-Pt. Son décès intervient le lundi 19 septembre 1994, en Belgique.

7. Pierre Mulele (1929 – 1968)

Né à Isule Malende, district du Kwilu, province de Bandundu, le 25 août 1929. Pierre Mulele est un jeune homme à l’esprit vif. Après sa formation à Yeseke, il y travaille en qualité d’agronome. Attiré par le service militaire, il entre dans l’armée et est muté à Coquilathville (Mbandaka). Il est le premier noir à être accepté dans le cabinet d’un major européen.

Soldat d’un courage remarquable, d’une curiosité intellectuelle peu ordinaire, Mulele est affecté à Thysville (Mbanza-Ngungu) où il ne  tarde pas à se faire renvoyer. A chacune des étapes de sa vie, Pierre Mulele se fait remarquer comme un révolté contre les institutions coloniales en place. A Coquilathville, il lit et s’informe sur le sens et l’essence d’une révolte.

En octobre 1958, il créé le Parti solidaire africain (Psa). A l’indépendance, il est ministre de l’Education dans le gouvernement Lumumba. Après la mort de Lumumba, Pierre Mulele décide de continuer la lutte. Il est de ceux qui estiment qu’une lutte révolutionnaire ne pourra pas réussir sans l’appui des masses paysannes.

De 1963 à 1965, Mulele entretient un maquis dans le Kwilu. Les points essentiels de sa révolution sont :
– former et conscientiser les masses politiquement ;
– procéder à l’organisation des masses,
– préparer les masses à la lutte armée
– après la lutte, démocratiser les structures politiques, faire bon usage des richesses et des productions nationales en conformité avec la devise « un pour tous et tous pour un ».

En septembre 1968, il traverse le fleuve Congo, dans l’espoir de trouver une aide militaire auprès de Marien Ngouabi. Dans le cadre de l’amnistie générale décrétée par Mobutu, le ministre des Affaires étrangères Bomboko va le chercher à Brazzaville, avec l’engagement formel de garantir sa sécurité. Après avoir passé quelques jours dans la maison de Bomboko, Mulele est transféré dans une prison au camp Kokolo où il est exécuté après avoir subi des tortures inhumaines.

8. Moïse Tshombe (1919-1969)
Personnage central de la sécession du Katanga et chef de cet Etat de 1960 à 1963, il est président de la Conakat à la veille de l’indépendance. C’est à ce titre qu’il prend part à la Table-Ronde de Bruxelles et qu’il pèse de tout son poids sur la scène politique congolaise. Leader de la riche province minière du Katanga, il décline l’offre de siéger dans le gouvernement Lumumba formé en juin 1960. Le refus du Premier Ministre d’attribuer à son parti les portefeuilles stratégiques des Finances et de la Défense réveille en lui les sentiments séparatistes qui l’habitent depuis des mois.

Tshombe a l’intime conviction que le Katanga subit un grave préjudice dans un Etat où il est appelé à cohabiter avec des provinces « pauvres ». Aussi, le 11 juillet 1960, il décrète la sécession katangaise, avec  la bénédiction du gouvernement belge et des milieux d’affaires coloniaux. Il va tenir tête au pouvoir central jusqu’en janvier 1963. Ses troupes ayant été mises en déroute par les forces coalisées de l’Onu et de Léopoldville, Il s’exile à Madrid. En juillet 1964, il est appelé aux affaires par Kasa-Vubu, grâce à une médiation de la Belgique.

Premier Ministre d’une popularité incroyable, il fait terriblement ombrage à Kasa-Vubu à la veille des échéances électorales. Son bon score aux législatives de mai 1965 avec la Conaco le prédispose à se succéder à lui-même au poste de Premier Ministre. Mais contre toute attente, le Chef de l’Etat le prie de démissionner pour ensuite le révoquer sans autre forme de procès. Son successeur et formateur désigné, Evariste Kimba, est  recalé à deux reprises devant le Parlement (13 et 14 novembre 1965). C’est dans cet imbroglio que Mobutu opère son second coup d’Etat. Le parlement n’ayant pas été dissout, Moïse Tshombe pense, pendant quelques jours, que Mobutu pourrait le remettre en selle et regagner la caserne, comme en septembre 1960. Ses illusions s’envolent avec l’avènement du colonel Mulamba au poste de Premier Ministre et surtout la disgrâce qui frappe ce dernier par après, avec son éloignement comme ambassadeur au Japon.

Dans son exil espagnol, Tshombe est informé par deux de ses intimes, les hommes d’affaires belges Sigal et Hambursin, d’un rendez-vous d’affaires à la Palma de Majorque, avec un français nommé Bodenan. L’appareil affrété pour la circonstance atterrit à Alger. Bien qu’ayant refusé l’extradition de Tshombe vers le Congo, le président Boumediene s’oppose à sa libération. Bloqué à Alger, le prisonnier y trouve la mort le 29 juin 1969. Il s’est avéré, après recoupement que l’enlèvement avait été organisé par Mungul Diaka, alors ambassadeur de la RDC en Belgique, qui avait remis à Bondeman, un repris de justice sorti fraîchement d’un séjour pénitentiaire, les fonds nécessaires. Le bailleur des fonds s’appelait… Mobutu! 

1. Etienne Tshisekedi wa Mulumba (1932 – )

Il a vu le jour le 14 décembre 1932 à Kananga. Après ses études primares à la mission catholique des Pères de Scheut à Kabuluanda (Kasaï Occidental) et des humanités greco-latines au Collège Saint Jean Berchmans de Kamponde, Etienne Tshisekedi, le premier congolais à être admis à la Faculté de droit de l’Université Lovanium, sera naturellement le premier congolais docteur en droit en 1961.
En 1958, encore, étudiant, il adhère au Mouvement national congolais. De septembre 1960 à février 1961, il occupe les fonctions de Commissaire général adjoint à la Justice dans le Collège des Commissaires Généraux. Ensuite, il exerce de 1961 à novembre 1965, les fonctions de Directeur général de l’Ecole nationale de droit et d’administration (Enda).

Aux élections législatives de 1965, il entre au Parlement en tant que député national élu sur la liste Panaco/Conaco, dans la circonscription de Kabinda. Après le coup d’Etat de Mobutu en 1965, Tshisekedi assume jusqu’en mai 1968, les fonctions de ministre de l’Intérieur puis des Affaires coutumières. Le 20 mai 1967, il participe à la création du Mpr dont le document doctrinaire de base est le « Manifeste de la Nsele ».
De mai 1968 à février 1969, il est ministre de la Justice avant d’évoluer, de février à septembre 1969 comme ministre d’Etat chargé du Plan, de la Recherche scientifique, de l’Aménagement du territoire et de la Coordination de la Planification.
Suite à des divergences conceptuelles amplifiées par le massacre des étudiants de Lovanium le 4 juin 1969, il est définitivement écarté du gouvernement  et nommé ambassadeur au Maroc de septembre 1969 à février 1971. A partir de 1971, la carrière politique de Tshisekedi se déroule essentiellement au Parlement.

En 1977, il est élu Commissaire du peuple (député) au terme des premières élections libres organisées sous la 2ème République. Et c’est en qualité d’élu du peuple qu’il signe avec d’autres collègues commissaires du peuple, une lettre adressée au Président Mobutu en juillet 1979, dénonçant les violations des droits de l’homme à l’occasion des « Massacres de Katekelayi », au Kasaï Oriental.
Au cours de la même législature, il est co-signataire en décembre 1980 de la « Lettre ouverte au Président de la République » mieux connue sous l’appellation de « Lettre des 13 parlementaires » pour laquelle ses amis et lui-même seront arrêtés ; déchus de leur mandat parlementaire puis écroués à Kisangani avant d’être plus tard relégués chacun dans son district d’origine à plusieurs reprises.

C’est à partir de la lettre des 13 parlementaires que Tshisekedi entame sa longue traversée du désert. Sa situation et celle de ses compagnons s’aggravent en 1982 à la suite de la création d’un parti politique dénommé Union pour la Démocratie et le Progrès Social (Udps). Les fondateurs de ce parti sont arrêtés puis condamnés à 15 ans de prison. Etienne Tshisekedi est détenu à Belingo, dan la zone d’Oshwe, dans le Bandundu.
Libéré en mai 1983, il est de nouveau relégué en novembre dans son village d’origine, Mupompa, avec son épouse et ses enfants. Ce  ne sera pas sa dernière relégation, d’autres s’ensuivront et la dernière remonte à février 1998, sous le régime de Laurent-Désiré Kabila.

Pendant la transition, il est élu le samedi 15 août 1992, Premier ministre à la Conférence nationale souveraine, après avoir battu Thomas Kanza qui représentait le camp présidentiel du maréchal Mobutu à la majorité des 2/3 et ce, dès le premier tour.

Mais le chef de l’Etat, le maréchal Mobutu ne le laisse pas travailler. Il le révoque en février 1993. Oublié, il est de nouveau nommé Premier ministre en mars 1997 avant d’être révoqué le jour de son entrée en fonction.

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