Révision du fichier électoral : le «pouvoir parallèle» s’invite à la CENI

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L’indépendance de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) n’est pas aussi évidente que le soutient le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, le président de son bureau. Chaque jour qui passe en effet, l’on constate son infiltration par le « pouvoir parallèle » hérité de la défunte CEI de l’abbé Apollinaire Malumalu. Le cas le plus typique en l’espèce est celui de la révision du fichier électoral.
Alors que le numéro un de la CENI ne cesse d’insister sur l’ouverture de l’enrôlement à tous les Congolais et Congolaises remplissant les critères définis dans l’ancienne Loi Electorale, encore en vigueur, les réalités du terrain démontrent le contraire. En dépit du rappel des modalités d’enrôlement, les agents de cette institution d’appui à la démocratie continuent d’exiger à tous les candidats à l’enrôlement, dans les provinces du Katanga, du Kasaï Oriental et du Kasaï Occidental, la présentation de la carte d’électeur mise en circulation dans le cadre du référendum constitutionnel de 2005.

En plus, certains d’entre eux conditionnent la délivrance de la nouvelle carte d’électeur au paiement d’une caution financière fixée selon la tête du « client ». Bref, le message de Daniel Ngoy Mulunda insistant sur une panoplie de documents valant pièce d’identité, à savoir l’ancienne carte d’électeur, le passeport, la carte de service, le permis de conduire, la carte d’élève ou d’étudiant, ne passe pas. Même la possibilité pour un citoyen congolais de se faire assister de cinq témoins déjà enrôlés en vue de se faire délivrer la nouvelle carte d’électeur est superbement ignorée.

La leçon à tirer d’une telle cacophonie dans le processus de révision du fichier électoral est que le « pouvoir parallèle » a réussi à gangrener les centres de décision de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Il est en effet inexplicable que Daniel Ngoy Mulunda, qui est présumé détenir la plénitude des pouvoirs dans la gestion de l’ensemble du processus électoral de 2011, ne puisse pas se faire obéir par certains cadres et agents oeuvrant dans les centres d’inscription des électeurs.
Une telle insoumission ne peut que pousser à croire en l’existence de deux « pouvoirs organisateurs » des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, sénatoriales, « gouvernorales », urbaines, municipales et locales. L’un, visible, fonctionne sous l’autorité de Daniel Ngoy Mulunda, tandis que l’autre, invisible, sournois et très nuisible, se trouve sous la coupe de ces hommes et femmes qui ont pris la République en otage depuis le début de la législature en cours, en décembre 2006.
Par ailleurs, l’impunité des « experts » et agents d’appoint de la CENI qui faussent volontairement les règles du jeu dans l’enrôlement des électeurs renforcent le sentiment d’avoir affaire à des « forces négatives » visiblement décidées à empêcher des millions de nos concitoyens à participer au vote, pour des raisons inavouées.

Calendrier électoral : passage en force ?

La chose que la classe politique congolaise en général et l’opposition en particulier redoute est le risque de passage en force, de la part de la CENI, dans l’élaboration de la mouture finale du calendrier électoral. Le fâcheux précédent créé par l’ex-AMP (Alliance de la Majorité Présidentielle) dans le dossier de la révision de la Constitution est si frais dans les mémoires que la déclaration de Daniel Ngoy Mulunda présentant son institution comme la génitrice exclusive de ce texte a provoqué une vague de frayeur dans plusieurs états-majors politiques.
Cette prise de position voudrait-elle signifier que ce ministre de Dieu et ses collaborateurs seraient amenés à ignorer les revendications politiques qui font présentement l’objet d’une vive controverse ? Le délai constitutionnel serait-il respecté ? L’élection présidentielle serait-elle couplée avec les élections législatives nationales ? Les critères personnalisés tels que ceux liés à l’âge des candidats seraient-ils d’application ? Irait-on tout de même aux élections même si le fichier électoral n’était pas transparent et inclusif ?

Il est à espérer qu’en parlant de la responsabilité exclusive de la CENI dans la rédaction du calendrier électoral, Daniel Ngoy Mulunda n’est pas sous l’influence du « pouvoir parallèle ». On souhaite vivement que cela ne veut pas dire que son institution ne prendrait pas en compte les observations recueillies auprès de ses partenaires politiques et sociaux consultés au lendemain du toilettage du calendrier électoral par des experts de divers horizons réunis dernièrement à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Katanga.  Ngoy Mulunda se trouve devant un défi : celui de démontrer qu’il a réellement les «pleins pouvoirs».                               

Kimp

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